‹ Réfutation des Mémoires du maréchal Marmont, duc de RaguseChapitre 122 sur 189 · LIVRE DIXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE DIXIEME

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Duc et maréchal , Marmont revint pleinement satisfait à Paris* « La campagne avait été glorieuse , dit-il , et véritablement elle était une des plus belles qu'eût faites TËmpereur, si Ton songe à la nature et à la faiblesse des moyens dont il avait disposé à son début. Cétmt toujours le grand capitaine ^ objet de Vétonnement du monde. Il n'était tombé dans aucune des aberrations qui ont marqué la fin de sa carrière. » (III, 335.)

Si c'est bien Marmont qui a écrit ces lignes, il a réfuté lui-même, d'un mot, tout ce qu'il a dit précédemment et délayé, en plusieurs volumes, sur la grande part que l'opiniâtreté de la fortune à servir Napoléon , comme malgré lui , et l'inhabileté de l'étranger à le combattre, avaient eue, depuis Montenotte jusqu'à Wagram, dans les succès prodigieux du grand capitaine.

Mais les contradictions de ce genre abondent dans l'œuvre posthume du duc de Raguse. Il ne tardera pas à reprendre le déchirement en détail et la guerre détournée vers lesquels il est naturellement et irrésistiblement entraîné. En ce moment , il est tout à l'admiration pour celui qui lui a donné un titre et un grade dont son orgueil s'est enflé. Il ne se souvient plus de la presque folie qui le frappait de surprise j au début de la seconde campagne d'Italie , ni des folles prétentions et du découragement insensé qui se manifestèrent à Decrès le lendemain du couronnement , et dont il reçut la confidence. S'il revoit Decrès , ce sera sans doute pour lui parler de Wagram et de tout ce qu'a fait de merveilleux, depuis 1804, en remontant jusqu'à Austerlitz à travers le bruit de Friedland et d'Iéna, le potentat qui regrettait qu'il n*y eût plus rien de grand à faire ^ parce que les peuples étaient trop éclairés. Et le ministre de l'Empereur qui aura, lui aussi, assisté à d'autres merveilles dans l'intérieur de l'Empire, à la construction des routes , des canaux , des ponts et des monuments de toutes sortes , à l'organisation de la Banque , à la fondation de l'université , à la promulgation du code de procédure civile ; le duc Decrès qui aura entendu son collègue, M. de Ghampagny, dire solennellement à l'Empereur : Vos regards ^ à votre retour dans la capitale, ont été frappés de la trouver plus embellie dans le cours d'une année de guerre, qu'elle ne le

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