‹ Réfutation des Mémoires du maréchal Marmont, duc de RaguseChapitre 129 sur 189 · LIVRE ONZIKIIE · texte numérisé non relu

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les fruits étaient assurés et prêts à être récoltés. II brisa lui-même^ de ses propres mains ^ les liens qui hii attachaient le peuple espagnol et le livraient à sa iaerci. » (IV, 8, 9.)

Le due de Raguse répète ici les lieux comi&uii& dont la guerre d'Espagne a été Tobjet depuis un deminsiècle» Il est certain qu'elle devint fetale à Napoléon, et qu'elle contribua grandement à la chute du j^OTaier era^^re. Le prisonnier de Sainte- Hélène l'a hautement reconnu. « Cette uïalbeureuse guerre m'a perdu, disait-tl. Mais pourtant pouvaiton laisser la Péninsule aux machinations des An-

glais,. aux intrigaes, à l'e^yoir, aux prétextes des Bourbcxis?

» Les événements ont prouvé, ajoutait Napoléon, que j'avais fait une grande fafute dam le chow de mes moyens; car la ÊKite est dans les moyens, biefii pfais que dans les principes. II est hors de doute que, dans la crise où se trouvait ta France, dans

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vions laisser l'Espagne en arrière, à la disposition de nos ennemis : il fallait Venckeâner de gré ou de force dans noire système. Le destin de la France le demandait ainsi, et le code du salut des nations n'es* pas celui des particuliers. D'ailleurs , à la nécessité de la politique se joignait ici , pour moi , la force du droit. L'Espagne , quand elle m'avait cra

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en péril, l'Espagne, quand elle me sut aux prises à léna, m'avait à peu près déclaré la guerre. L'injure ne devait pas passer impunie , je pouvais la lui déclarer à mon tour. C'est cette fatalité même qui m'égara. La nation méprisait son gouvernement; elle appelait à grands cris une régénération. De la hœu-leur à laquelle le sort m* avait élevé, je me crus appelé à accomplir en paix un si grand événement. Je voulus épargner le sang; que pas une goutte ne souillât Tenumcipation castillane. Je délivrai donc les Espagnols de leurs hideuses institutions, je leur donnai une constitution libérale. Je crus nécessaire, trop légèrement peut-être , de changer leur dynastie. Je plaçai un de mes frères à leur tête ; mais il fut le seul étranger au milieu d'eux. Je respectai l'intégrité de leur territoire, leur indépendance, leurs mœurs, le reste de leurs lois. Le nouveau monarque gagna la capitale, n'ayant d'autres conseillers, d'autres ministres, d'antres courtisans que ceux de la dernière cour. Mes troupes allaient se retirer : f accomplissais le plus grand bienfait qui ait été jamais répandu sur une nation, me disais-je, et je le dis encore. Les Espagnols eux-mêmes, m'a-t-on assuré, le pensaient au fond, et ne se sont plaints que des formes. J'attendais leurs bénédictions ; il en fut autrement : ils dédaignèrent l'intérêt pour ne s'occuper que de l'injure; ils s'indignèrent à l'idée de l'offense, se révoltèrent à la vue de la force , tous coururent

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