II
La guerre d'Espagne a fourni au duc de Raguse de nombreuses occasions d'outrager ses compagnons d*armes et d'accuser l'Empereur^ et il les a toutes saisies avec le vif empressement dont il a fait preuve toutes les fois qu'il s'est agi d'entacher une réputation ou de ternir une gloire.
La première attaque est dirigée contre le maréchal Soult : il l'accuse formellement d'avoir tnanqué à sa destinée et fait pâlir la fortune de la France de^ vant celle de Wellifigton , qu'il aurait pu écraser sur le Tage, et qui échappa comme par miracle au plus imminent péril. (IV, 15.) Soult, d'après Marmont, redoutait l'effet de cette énorme faute sur l'esprit de l'Empereur ; mais il fut bientôt rassuré ; Napoléon dissimula ses griefs; la clémence lui parut préférable à la sévérité et à l'éclat. (Id.^ 16.)
Mais le duc de Baguse ne lâche pas facilement sa proie ; quand il s'acharne sur l'un de ses vieux camarades que l'envie ou la moindre rancune désigne plus particulièrement à ses coups , il lui faut autre chose qu'une simple déchirure pour donner pleine satisfaction à sa malveillance. Le duc de Dalmatie n'est encore qu'égratigné par son frère d'armes ; le moment est venu pour lui de subir de profondes entailles. Il marche au secours de Bada-