IV
Au milieu de ses succès , Napoléon prêta l'oreille aux ouvertures pacifiques et accepta un armistice. S'il eût repoussé cette trêve et les négociations qui devaient la suivre , le duc de Raguse n'eût pas manqué de le lui reprocher amèrement et de répéter qu'il était insatiable de combats. Mais l'Empereur ayant consenti à faire un premier pas vers la paix , le maréchal Marmont n'hésite pas à dire qu't7 a été démontré depuis que^ dans cette circonstance^ F intérêt bien entendu de Napoléon aurait été de continuer la guerre. (V, 119.) « Son armée, dit-il, était plus nombreuse que celle de l'ennemi. Celle-ci, battue dans deux grands engagements, et après une retraite fort longue, éprouvait du découragement. Aucun renfort ne l'avait encore rejoint. » (Jd.)
Napoléon méconnut donc son intérêt bien entendu en adhérant à une suspension d'armes. Le duc de Raguse est loin de l'en remercier au nom de l'humanité; peu lui importe, en ce moment, l'efiTusion du sang, le cri universel pour la paix : Napoléon a fait
une faute et commis une bévue ^ en ne continuant pas vivement la guerre. Mais l'armistice n'aura pas peut-être Tissue favorable à laquelle on devait s'attendre. L'Empereur rencontrera devant lui les prétentions exorbitantes et les résolutions belliqueuses non-seulement de ses ennemis déclarés, mais aussi de ses faux amis. L'Autriche ne sera pas moins hostile que la Prusse et la Russie. Le congrès de Prague se dissoudra sans avoir rien fait pour la paix, et le duc de Raguse dira que c'est Napoléon , Napoléon seul y qui a fait avorter les efforts de la diplomatie et les espérances des peuples.
« Le congrès de Prague , dit*il , fut ouvert comme il était convenu. Les plénipotentiaires français, MM. de Vicence et de Narbonne , s'y rendirent tard. Ensuite ils déclarèrent qu'ils n'avaient pas de pouvoirs , ajoutant qu'ils les recevraient incessamment. Le temps s'écoula dans cette vaine attente. On arriva ainsi au 10 août, dernier jour de l'armistice. A minuit, les alliés déclarèrent cpie, d'après les termes des conventions, les hostilités recommenceraient le 16.
» Le 1 2 , tout étant rompu , les pouvoirs arrivèrent; mais il était trop tard. Celui qui a approché et bien connu Napoléon le reconnaîtra dans cette manière d'agir
» Si, en 1813, Napoléon avait fait la paix (et il pouvait la faire avec honneur après ses victoires de