LIVRE TREIZIKUE
Paris, et Marmont en connatt le président et les autres membres, avec lesquels il a passé la nuit du 30 au 31 mars» Le S avril , un décret du Sénat prch nonce la déchéance de Napoléon et de sa famille, et appelle Louis XYIII au trône de France* Il n'y a plus à hésiter* Quand tant d'autres, toiyours ad*^ mirateurs et pleiuement dévoués jusque-là, cherchaient à sauver leur position et leur fortune du naufrage inévitable de l'Empire , pourquoi l'envieux opiniâtre, le censeur obstiné, le détracteur clandestin , se serait-il fait illogiquement le- martyr de la fidélité ? Ce rôle ne pouvait pas convenir au duc de Raguse, N'ayant jamais été attaché que conditionnellement à l'Empereur et à l'Empire , le moment lui sembla venu de mettre ses actes publics en harmonie avec ses restrictions mentales. Dès le 2 avril , Napoléon , déchu par un Sénat qui se couvrait d'opprobre , n'était plus rien pour lui. Mais une difficulté pouvait embarrasser Tesprit cauteleux de Marmont, L'empereur d'Autriche, résolu au sacrifice de son gentlre , était-il disposé à abandonner également les intérêts de son petit-fils ? Marmont avait des raisons particulières de connaître les intentions du cabinet de Vienne , et de se mettre en parfaite intelligence avec les représentants de la politique de rAutriche. N'avait-il pas été gratifié d'une dotation considérable en Illyrie? Cela ne devait pas s'oublier au milieu des préoccupations du sauvetage. A peine
391 REFUTATION DES yEUOIRES DU DUC DE RAGUSE.
nanti du décret du Sénat , Marmont se hÀta de le faire passer à l'Empereur à Fontainebleau y et il ne mit pas moins d'empressement à entrer en négociation avec le prince de Schwartzenberg. Le 3 , la négociation dut être couronnée d'un plein succès y puisque le duc de Raguse put l'apprendre à ses lieutenants dès le lendemain tbatin à huit heures. Le prince de Schwartzenberg , qui avait été des premiers, à parler en faveur des Bourbons à son entrée dans Paris, avait sans doute édifié complètement le duc de Raguse sur les dispositions de la cour de Vienne au sujet de la régence. Tous les obstacles étaient levés pour Marmont; il se sépara pour toujours de l'Empereur et de l'Empire; et comme cette résolution 9 pour profiter aux alliés, devait être suivie d'un mouvement du sixième corps qui pût le soustraire à l'action de l'Empereur, le duc de Raguse s'engagea à faire évacuer Essonne par ses troupes, et à les diriger sur Versailles. Les généraux étrangers Schwartzenberg et Barclay publièrent à cette occasion les ordres du jour suivants :