UVRE DEUXIÈME
davantage Paris et la France de l'éclat de ses rapi** des triomphes, fit porter au Directoire, par ses aides de camp Junot et Murât , les drapeaux pris à Montenotte , à Dégo et à Mondovi, ainsi que le traité d'armistice conclu avec le roi de Sardaigne. Junot et Murât ^ gagnèrent à cette mission l'avancement qu'ils désiraient. Le premier fut nommé chef de brigade ou colonel, le second obtint le grade de général de brigade* Marmont considéra l'élévation de ses camarades comme une double atteinte portée à ses intérêts. Il déclare toutefois qu'il n'en éprouva aucun chagrin, tant il était peu soucieux de sa propre fortune, livré exclusivement aux nobles préoccupations du beau métier de la guerre* « D'abord, dit41 , j'avais de l'amitié pour mes deux camara-
1 Junot partit de Ceva avec les drapeaux , Murât fut expédié de Ohé» rasco avec le traité ; ils ne se rencontrèrent qu'à Paris. Les Mémoires du roi Joseph constatent que Junot tut accompagné dans sa mission par le frère aîné du général en chef. « Nous partîmes dans la même chaise de poste, dit Joseph Bonaparte, et arrivâmes à Paris cent vingt heures après notre départ de Nice. On se formera difRcilement une idée juste de Penthoudiasme qui animait les populations.... A Paris il ne fut pas moins vif. Les membres du Directoire s'empressèrent à Penvi de nous témoigner leur satisfaction pour Parmée et pour son chef. Le directeur Camot, à la fin d'un dtner auquel j'assistai chez lui, indigné des sentiments peu bieuTeillants pour le général Bonaparte que lui prêtaient ses ennemis , déclara devant vingt convives qu'ils le calomniaient; et , ouvrant son gilet, il montra le portrait du général qu'il poriait sur son cœur, en s'éciiant : n Ditejs à votre frère qu'il est là , parce que je prévois qu'il sera le sauveur de la France , et qu'il faut pour cela qu'il sache bien qu'il n'a au Directoire que des admirateurs et des amis. » {Mém. du roi Joseph f 1, 61, 62.)
des, et puis je me trouvais encore mieux traité qu'eux. Tandis qtCih étaient à Paris ^ occupés de plaisirs , moi je restais en face de F ennemi ^ et tous les jours j'étais» employé à ce qu'il y avait de plus important. » (I, 166.) Marmont avoue, du reste, qu'il se reposait sans inquiétude sur l'avenir pour un avancement qui ne pouvait lui échapper; mais il n'en a pas moins pris soin d'établir entre lui , condamné à attendre sur les champs de bataille , et ses camarades , promus au sein des plaisirs , une comparaison qui devait élever l'aide de camp , satisfait d'être oublié dans les périls, bien au-dessus des officiers distingués et avancés au milieu des fêtes.
La bataille de Lodi suivit de près celle de Mondovi. Marmont y fit remarquer son intelligence et sa bravoure, et mérita d'en être récompensé par un sabre d'honneur. Mais une chose non moins remarquable que sa belle conduite en cette mémorable journée , c'est que, dans le brillant récit qu'il en a fait , il a pu cette fois se mettre en relief sans chercher à fittàcev personne , donnant tout à l'éloge et rien au blâme ni à la malveillance. <k Cette belle et glorieuse afiaire , dit-il , mettait le sceau à la réputation de l'armée , à la gloire de son général , et assurait la conquête de toute l'Italie. » (I, 175.)
Cette conquête avait été merveilleusement consommée depuis plus de trente ans , quand le duc de Raguse écrivait qu'elle avait été assurée par la