‹ Réfutation des Mémoires du maréchal Marmont, duc de RaguseChapitre 28 sur 189 · LIVRE DEUXIKMR. 8d · texte numérisé non relu

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alors les officiers de son armée, et dont son aide de camp s'est vanté d'avoir fait preuve en deux occa« sions? Le prestige d'une probité exigeante et rigoureuse se serait donc attaché à tort au nom de Napoléon ? C'est bien là ce que le duc de Raguse a voulu dire, mais c'est ce que personne ne croira. Tout le monde se souviendra des nombreux exemples qui ont infirmé d'avance les allégations intéressées de Marmont. La répulsion instinctive que ressentait Bonaparte pour les âmes vénales j pour les hommes d' argent j pour tout ce qui cherchait la fortune dans les dilapidations et les pillages publics ou clandestins ;« cette répulsion , constamment manifestée, est écrite partout et gravée d'une manière ineffaçable dans les souvenirs du peuple ; eu s'appliquant à la mettre en doute , Marmont n'a fait qu'affaiblir davantage le caractère déjà si suspect de son témoin gnage. N'a-t-il pas d'ailleurs, comme la critique en a déjà fait la remarque , rendu lui-même invraisemblables les anecdotes qu'il a racontées à ce sujet pour se donner les airs d'un incorruptible méconnu en face d'un corrupteur dissimulé , quand il a rappelé que ses camarades étaient comblés de richesses, tandis qu'aucun bienfait d'argent ne lui avait jamais été accordé ? Si Napoléon avait eu tellement la pensée d'enrichir Marmont, qu'il lui eût fourni à diverses reprises l'occasion d'amasser une grande fortune par des voies illicites, comment aurait -il négligé de

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satisfaire amplement son désir sur ce point, lorsqu'il pouvait le faire sans difficulté par des moyens ho<« norables?

Je passe à l'incident que l'aide de camp bien-aimé a si complaisamment retenu et récité pour nous montrer le général Bonaparte , vainqueur de la Sar^ daigne et de T Autriche, maître de la plus grande partie de l'Italie, et exerçant déjà la plus haute influence sur le gouvernement de la République, surpris tout à coup par une fausse alerte dans un village de la Lombardie et se sauvant seul par une petite porte , au lieu de se mettre bravement à la tôte de son état-major, qui se croyait assez fort pour passer sur le ventre de deux escadrons, si cela avait été nécessaire. « Il faisait très-chaud, dit Marmont, et tout le monde se reposait à moitié déshabillé ; un coup de canon se fait entendre, en même temps quelques coups de pistolet, et des cris : « Aux armes, voilà Tennemil » sont répétés par des fuyards. Chacun court à son cheval; mais les che<vaux étaient débridés. Je pris sur-le-champ les di*. positions nécessaires pour nous sauver de ce danger, si pressant en apparence. Nous ne pouvions avoir à redouter que de la cavalerie ; si déjà elle était dans ce village, le premier détachement qui passerait, voyant une porte ouverte, entrerait, nous sabrerait sans difficulté , et nous prendrait. En conséquence , je courus à la grande porte, je la poussai et la tins

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