LIVRE SIXIÈME
ftKPRXn DIS BOSTILniS. — «OUVILLI CAVPâGin 1» ITAL».
— BRUNB, ^- DAVODT. — BàBASTIANI. — ARMISTICB DB TBl^VISE.
— PAIX DB LUirilviLI.B. — R^TABLISflBMBNT DO CULTB.
— CODI CIVIIi. — LtfOIOV d'hOUMBUB. — DECLARATION OB GUBBBB.
— FDtTOB. — PBOJBT DB DBSCBNTB BB ABGLBTBBBB.
— Ut GÉNÉRAL FOT.
SI
Le Premier Consul quitta l'Italie peu de jours après la bataille de Marengo , et laissa le commandement en chef à Masséna. Marmont rentra aussi en France , et passa deux mois dans la capitale , occupé de ses fonctions de conseiller d'État. Mais il fut bientôt renvoyé à l'armée , où Masséna venait d'être remplacé par Brune. Le nouveau général en chef u'a point échappé au pinceau qui nous a laissé le portrait de tant d'autres généraux odieusement défigurés.
a Brune, dit Marmont, n'avait jamais servi quand la révolution éclata. Prote d'imprimerie et membre du club des Jacobins, ensuite du club des Corde-
liers, il se lia avec Danton. À Tépoque de l'invasion des Prussiens 9 Paris fournit troupes, chevaux et moyens de toute espèce. Brune fut employé à la réquisition des chevaux. Comme à cette époque les moyens les plus prompts et les plus violents étaient préférés, on le chargea d'arrêter les voitures dans les rues et de les faire dételer. On le nomma adjudant général, pour lui donner une sorte d'autorité , et le voilà en fonctions avec sa grande taille et ses grands bras, barrant le boulevard et mettant les chevaux entre les mains des employés des équipages. Tels furent son début et son premier fait d'armes.
» Le général Bonaparte s'en engoua, on ne sait pourquoi : il céda sans doute pour celui-ci , comme pour Gardanne et pour tant d'autres mauvais officiers, à l'effet toujours produit sur lui par une grande taille. Il devint général de division , reçut plus tard le commandement du corps d'armée dirigé contre la Suisse , et prit Berne. De là il eut le commandement de l'armée gallo-batave , et se trouvait dans ce pays lors du débarquement des Anglais et des Russes en 1799. Il battit l'ennemi, ou plutA ses troupes le battirent par miracle, car il fut étranger à leurs succès, et passa dans l'Ouest, qu'il pacifia; vint commander la deuxième armée de réserve à Dijon, devenue plus tard l'armée des Grisons, et enfin arriva en Italie au commencement de sep-