‹ Réfutation des Mémoires du maréchal Marmont, duc de RaguseChapitre 85 sur 189 · LIVRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME

reur, et pour devenir le maître d'une situation , TarlHtre suprême du gouvernement , le premier généralissime des armées du roi y il traitera d'égal à égal avec le généralissime des étrangers , et pour commander sans contrôle, il trahira sans hésitation.

Parmi les généraux dont il ne voudra pas rece-^ voir des ordres , au risque de provoquer une défaite ou de manquer un succès , et de faire ainsi échouer les opérations d'une campagne , nous distinguerons Davout, dont l'appui, invoqué à temps en 1809, aurait amené certainement Fentière destruction de l'armée autrichienne, quelques jours après Wagram.

Quand Afarmont opposait Davout à Brune à Monzembano , il se Contentait de le dire grossier et brutal. Brune ayant disparu, c'est à Davout de subir en première ligne le déchaînement du détracteur monomane du quartier général , et Marmont se jette sur lui avec une violence et une ténacité qui dépassent tout ce que la haine et l'envie lui ont suggéré jusqu'à présent contre ses anciens camarades»

ce Davout, dit -il, commandait la cavalerie de l'armée ; m» position lui avait imposé , et comme il était très-ambitieux, il s'occupa d'une manière soutenue à me plaire pendant cette campagne ; c'était le courtisan le plus assidu et le plus flatteur. Il venait deux fois par jour chez moi , ne pouvant vivre sans moi ; lorsque depuis il a volé de ses pro^ près ailes, quand sa position lui a paru assurée, il

a payé mon amitié d^alors par beaucoup d'ingratitude y et par autant de morgue que nos positions respectives et mon propre caractère pouvaient le comporter.

» Le rôle joué depuis par Davout m'engage à le faire connaître , et je vais le peindre tel qu'il a été pendant sa faveur et à l'apogée de son existence politique. On a dit trop de mal et trop de bien de lui ; je tâcherai d'être juste à son égard.

» Davout était bien né ; sa famille , fort ancienne et appartenant à la province de Bourgogne , est établie dans mon voisinage ; élève du roi à l'école militaire de Brienne, il entra comme sous-lieutenant dans le régiment de Boyal-Champagne cavalerie, fut révolutionnaire ardent, et se mit à la tête des insurrections qui chassèrent les officiers de son régiment. On ne sait pas pourquoi , étant un très-bon et très-ancien gentilhomme , il a eu toute sa vie le plus grand éloignement pour les individus de sa caste. Nommé chef d'un bataillon de volontaires du département de l'Yonne, il servit en cette qualité dans l'armée de Dumouriez ; ce bataillon tira sur Dumouriez au moment où il fut obligé de se réfugier chez l'ennemi.

» Davout servit à l'armée du Bhin d'une manière honorable , mais obscure ; plus tard il fit partie de l'armée d'Egypte, et, k cette époque, il était sans aucune réputation. Après avoir servi dans la haute

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