‹ Réfutation des Mémoires du maréchal Marmont, duc de RaguseChapitre 86 sur 189 · LIVRE SIXIEME. t · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIEME. t

Egypte avec le général Desaix, et commandé sa cavalerie, il rejoignit le général Bonaparte à son retour de Syrie, quand celui-ci marcha sur Aboukir; la manière dont il fut employé lui déplut '^r laissé en arrière avec un détachement , il ne fut pas appelé à la bataille; il se plaignit avec aigreur au général Bonaparte, lui montra du mécontentement, de l'humeur, et , à cette occasion , fut traité de la manière la plus humiliante ; il n'avait jamais été encore en rapport direct avec lui , et ce début n'annonçait pas ce qui devait arriver. De ce moment date cependant son dévouement sans bornes et souvent porté jusqu'à la bassesse. Bonaparte parti pour retourner en France, l'armée d'Egypte se divisa en deux factions : la première eut à sa tête le général en chef Kléber, accusant le général Bonaparte et prenant à tâche de flétrir sa gloire ; l'autre , ayant le général Menbu pour chef, et dont faisaient partie plus particulièrement les officiers venant d'Italie, lui fut fidèle , et le défendait contre toutes les accusations dont il était l'objet.

» Les uns étaient favorables à l'évacuation de l'Egypte, les autres à sa conservation.

D Davout fut un des plus ardents parmi les amis de Bonaparte, quoique les injures reçues fussent encore toutes récentes. De retour en France avec Desaix, le Premier Consul le traita bien et sembla vouloir le dédommager de ce qu'il avait souflFert ;

SiO RÉFUTATION DES MÉMOIRES DU DUC DE RAGUSE.

bientôt il le combla , et , après l'avoir fait générai de division y il lui donna le commandement de la superbe cavalerie de l'armée d'Italie. Il llii fit épouser la sœur du général Leclerc, son beaufrère , l'admettant ainsi dans une espèce d'alliance, et l'attacha à sa garde en lui donnant le commandement des grenadiers à pied- Plus tard , au début de la guerre avec l'Angleterre , il eut le commandement du troisième corps de la grande armée y et toujours, depuis, de grands commandements, et des commandements de choix , lui ont été confiés ; espèce de proconsul en Allemagne pendant l'intervalle qui s'écoula entre la paix de Tilsit et la guerre de 1 81 SI , il servit les passions de l'Empereur avec ardeur, exagéra tout ce qui était relatif au système du blocus continental, système devenu promptement la cause et le prétexte de toutes les infamies qui nous rendirent odieux en Allemagne à cette époque. » Davout s'était institué de lui-même l'espion de l'Empereur, et chaque jour il lui faisait des rapports. La police d'affection , selon lui , étant la seule véritable , il travestissait les conversations les plus innocentes. Plus d*un homme frappé dans sa carrière et son avenir n^a connu que fort tard la cause de sa perte. Davout avait de la probité; mais l'Empereur dépassait tellement par ses dons les limites de ses besoins possibles, qu'il eût été plus qu'un autre coupable de s'enrichir par des moyens

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