LIVRE SEPTIEME
COMUAIIOBMBNT DE MARMONT BN HOLLANDE. — VICTOR. — iRBCTION DB L'BMPIRB. — BBSSiiRBS. — DECRIS.
Napoléon combla les désirs de Marmont en le faisant passer du service de Tartillerie à la tête d'un corps d'armée cantonné en Hollande. « Le Premier Consul, dit-il, connaissait mes vœux, me savait dévoré de ce feu sacré sans lequel on ne fait rien de grand; il crut reconnaître en moi les qualités nécessaires aux grands commandements, et il me proposa celui de l'armée de Hollande....
» Le commandement que je reçus était fort important, et présentait quelques difficultés. En arrivant en Hollande, je trouvai tout dans un désordre et dans un état dont il est difficile de se faire une juste idée : les troupes abandonnées et dans le plus grand délabrement; les hôpitaux encombrés et renfermant plus de 5ia> mille malades.
» Le général Victor commandait alors dans ce
pays. » (H, 220.)
Le général Victor, depuis maréchal et duc de Bellune , fut appelé sous la Restauration à la direction suprême des affaires militaires. Le duc de Raguse occupait, dans le même temps, l'un des premiers postes de Tarmée , et il jouissait de la pleine confiance du monarque. Si le maréchal que l'on poussait au ministère de la guerre avait réellement montré dans son commandement en Hollande l'incapacité administrative dont Marmont retrace ici les résultats déplorables, le duc de Raguse dut être bien affligé de ce choix , et l'on peut se demander comment un si hardi conseiller de la couronne , habituellement si peu enclin à ménager ses compagnons d'armes, s'abstint de déposer dans le sein du Roi l'une de ces révélations qu'il a tant prodiguées dans ses Mémoires.
Victor avait été chargé d'aller occuper la Louisiane, mais, « au moment de partir, dit Marmont, il était resté par suite de la cession de ce pays aux États-Unis d'Amérique. Il était de beaucoup mon ancien, et ne pouvait être placé sous mes ordres. On divisa le commandement , et on lui donna celui du territoire , tandis que je commandais les troupes d'expédition. Un mois après, il reçut une autre destination, et je restai chef unique. » (II, 321.)
Certes, le général Marmont ne pouvait exprimer plus nettement le sentiment qu'il avait d'une supériorité incontestable sur Victor, son ancien. Mais ce