‹ Réfutation des Mémoires du maréchal Marmont, duc de RaguseChapitre 96 sur 189 · LIVRE SEPTIKUE. îtQ · texte numérisé non relu

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sentiment était-il partagé alors par le chef commun, comme il cherche à le faire croire ? Une promotion éclatante , faite dans une circonstance mémorable , et qui survint peu de temps après , pourra servir à résoudre cette question d'une manière peu favorable aux prétentions et à la vanité du duc de Raguse.

Le Consulat avait élevé la France au plus haut degré de prospérité au dedans et de considération au dehors. La nation nouvelle , après une lutte héroïque de dix années, développait dans les arts, dans les sciences , dans Tindustrie , sa puissance pacifique , comme elle avait déployé sa force militaire sur les champs de bataille , tant que la vieille Europe avait persisté à lui contester ses droits et à menacer son existence. Mais cette situation, si glorieuse et si prospère , était liée évidemment à la destinée du Premier Consul , dont le génie créateur et la puissante volonté avaient fait rentrer dans son lit le torrent révolutionnaire , et régularisé pour le féconder le mouvement social de 89. L'attentat de nivôse et la conspiration de Pichegru avaient démontré que les partisans de l'ancien régime personnifiaient la Révolution française dans Napoléon Bonaparte, et qu'ils espéraient atteindre mortellement celle-là en se débarrassant de celui-ci. Le Premier Consul avait plus que personne le sentiment de cette glorieuse incarnation, et c'est ce qui l'amena à penser à un

grand changement dans la constitution de son pouvoir. « L'hérédité, dit-il, peut seule empêcher la contre-révolution. On n'a rien à craindre de mon vivant; mais tout chef électif serait, après moi, trop faible pour résister aux partisans des Bourbons. » {Pelet de la Lozère.)

Marmont ne croit pas que le rétablissement des Bourbons fût, en aucun cas, possible à cette époque. Après avoir dit de la conspiration de Pichegru, dont certains partis ont follement contesté l'existence, qu'elle avait réellement fait courir les plus grands risques au Premier Consul , il ajoute : « Si la conspiration eût réussi, elle n'aurait pas été au profit de ceux qui l'avaient ourdie : la confusion , le désordre eussent été la suite immédiate de la mort de Bonaparte , qui , seul , par sa force et sa position , pouvait alors soulever la couronne et la mettre sur sa tète sans en être écrasé. Les Bourbons moins que tous autres à cette époque étaient capables d'en ceindre leurs fronts, leur nom n'avait rien de populaire y et bien des malheurs pcblics devaient précéder le moment où ils le deviendraient. y> (II, 226.)

Les Bourbons étaient impopulaires et impossibles en 1 80.4 , et il fallait des malheurs publics pour qu'ils devinssent possibles dix ans plus tard I C'est Marmont qui le diti Marmont, qui est précisément destiné à trahir Napoléon et à faciliter le rappel des Bourbons, en 1814, au nom des malheurs publics I

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