LIVRE SEPTIÈME
L'auxiliaire futur des Bourbons appréciait du reste parfaitement les graves difficultés et les tristes conditions d'un rétablissement plus ou moins éloigné de l'ancienne famille royale. La justesse de ses ré* flexions était d'ailleurs attestée par l'histoire des révolutions dynastiques de notre pays. Quand les enfants de Robert le Fort remplacèrent sur le trône les descendants de Gharlemagne , qui avaient épuisé bien vite le prestige attaché à ce grand nom , une restauration s'accomplit à la mort du premier roi de la race nouvelle , Eudes , le vainqueur des Normands , le sauveur de Paris , et qui avait été couronné en 888 pour ses nobles qualités et ses grands services , à l'exclusion de Charles le Simple ; et cette restauration d'un enfant réputé imbécile n'était devenue possible qu'à la suite de calamités nationales, de nouvelles invasions des Normands , au milieu desquelles le peuple de France avait invoqué en vain le nom et le bras de son libérateur, qui mourait alors empoisonné à la Fère , disent les chroniques.
Cette restauration, favorisée par les malheurs publics , ne rendit pas au tronc dynastique des Carlovingiens la sève qu'il avait perdue pour toujours; elle ne fit qu'exposer à une nouvelle déchéance le prince incapable qu'elle porta au trône, et qui termina ses jours dans une prison. Mais les champions de la légitimité carlovingienne maintinrent leurs prétentions, et parvinrent même à faire couronner une
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fois encore leur prétendant; agitant la France pendant la plus grande partie du dixième siècle , appelant au besoin Tétranger à leur aide et exploitant les souffrances du pays, jusqu'à ce que Hugues Capet, en 987 , cent ans après ravénement de son grand-oncle Eudes , fixa enfin la royauté dans la famille qui représentait le mieux alors les forces vives de la nation naissante, les tendances, les aspirations , les intérêts politiques et sociaux dé la France.