‹ Réfutations des mémoires du maréchal Marmont, duc de RaguseChapitre 100 sur 207 · LIVRE SIXIlilME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIlilME

la .philosophie de celui qui , tout en relevant les autels du catholicisme , domina , respecta et protégea constamment toutes les croyances, et qui a pu dire, à Sainte-Hélène , que sa neutralité religieuse avait été un bienfait pour les peuples, car il n'aurait pu sans elle exercer une véritable tolérance , et favoriser également des sectes contraires.

Après le rétablissement du culte , la rénovation de la législation civile , cette œuvre immortelle de Napoléon , obtient du duc de Raguse une mention honorable de quelques lignes, et qui, malgré sa brièveté, n'est pas sans mélange de critique et de blâme, a Le code , dit-il , pèche ppir quelques désac-* cords entre les dispositions qu'il présente et le principe de notre ordre politique; on Va fait sous une république y et il devait servir à une monarchie; si on l'eût fait trois ans plus tard, il serait parfait. Tel qu'il est , c'est encore un des plus beaux ouvrages sortis de la main des hommes. » (II, 202, 203.)

Marmont s'est plaint quelque part de ce que les gens de loi et les gens de lettres se permettent trop souvent de juger les gens de guerre, et de parler des événements militaires en hommes du métier. Ne s'est -il pas exposé lui-même à un reproche analogue, en accusant Gambacérès, Portails, Maleville, ïronchet , et tant d'autres savants jurisconsultes , d'avoir, sous l'impulsion d'un génie dont la compétence était vraiment universelle, fait une œuvre

illogique, en élaborant et en achevant, sons une république , un système de législation destiné à une monarchie ? Si le duc de Raguse eàt réfléchi que le code civil , pour bien remplir le but de ses auteurs , devait correspondre aux besoins , aux intérêts , à l'esprit et aux tendances de la société civile^ et non pas seulement aux exigences d*une institution poli* tique j il eût compris que Cambacérès et ses collègues, si admirablement poussés et soutenus pafi* Bonaparte , s'étaient montrés de profonds et sages législateurs , en faisant un code démocratique pour une société qui était essentiellement démocratique, et qui devait le (J^venir chaque jour davantage , quels que fussent les changements à prévoir dans la forme et la constitution de son gouvernement.

L'institution de la Légion d'honneur vint s'ajouter bientôt aux grandes créations du Consulat. Marmont reconnaît que Bonaparte devança encore l'opinion dans cette circonstance. «Cette institution , dit-il , devenue la cause d'une si vive émulation , destinée à inspirer de si généreux sentiments , à faire de si belles actions ; cette institution , devenue si populaire, fut alors mal accueillie par l'opinion, et pendant assez longtemps un objet ^e critique et de censure : une loi l'établit, et le Corps législatif, malgré sa composition et son habitude d'obéissance , ne la vota qu'à une faible majorité. » (II, 204.)

Le duc de Raguse rappelle ensuite qu'il avait

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