‹ Réfutations des mémoires du maréchal Marmont, duc de RaguseChapitre 139 sur 207 · MARMONT · texte numérisé non relu

MARMONT

Le duc de Raguse commençant le treizième livre de ses Mémoires , par le souvenir de son retour à Pai'is et des impressions qu'il avait rapportées de la glorieuse campagne de Wagram , proclamait que le ^rand capitaine était toujours Vobjet de Vétonnement du monde y et qu'il n'était tombé encore dans aucune des aberrations qui ont marqué la fin de sa carrière.

A cette époque, c'est-à-dire à la fin de 1809, l'invasion de l'Espagne était pourtant accomplie, l'expulsion des Bourbons consommée, la dynastie de Napoléon installée à Madrid. Marmont ne regardait pas sans doute alors toutes ces grandes nouveautés comme des aberrations. Cependant', à l'ouverture de son quinzième livre, il aborde cette délicate question de la guerre d'Espagne, et il se prononce tout d'abord avec la plus grande véhé-

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mence contre la politique et les vues de Napoléon sur la Péninsule.

« Si Napoléon avait compris l'Espagne , il pouvait la rendre l'auxiliaire le plus utile à sa puissance , et son influence y eût été durable et sans bornes. La faiblesse du monarque assurait son obéissance, tandis que les sentiments de fidélité de la nation envers son souverain garantissaient son concours empressé à seconder toutes ses entreprises. Le vieux roi, esclave d'un favori, ne pouvait plus régner; mais Ferdinand était l'objet de la confiance publique, et sur sa tête reposaient toutes les espérances de l'avenir. Ce prince sollicitait comme la plus insigne faveur d'épouser une nièce de Napoléon. Dès lors, il s'unissait intimement à la nouvelle dynastie, et se consacrait à la servir. Une action plus ou moins directe de Napoléon eût contribué à régulariser l'administration et à rendre à cette monarchie une vie et une puissance qui eussent été employées à son profit. Une idée funeste s'empara de son esprit, et il fit bien plus que de réaliser la fable de la Poule aux œufs d*or; car ce ne fut pas seulement une source de richesses qu'il tarit, mais un torrent de maux qu'il fit sui^ir. Les intérêts d'un frère dont il voulait faire un esclave, et qui résista ouvertement à ses volontés, l'incertitude d'un avenir sombre et chargé de tempêtes, remportèrent sur un ordre de choses tout fait^ dont

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