‹ Réfutations des mémoires du maréchal Marmont, duc de RaguseChapitre 141 sur 207 · LIVRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE ONZIÈME

aux armes. Les Espagnols en masse se conduisirent comme un homme d'honneur. Je n'ai rien à dire à cela, sinon qu'ils ont été cruellement punis ! qu'ils en sont peut-ôtre à regretter !.. . » (Mémorial.)

Napoléon vivait encore, que les événements venaient lui donner raison. Les hommes qui avaient le plus marqué dans la guerre de l'indépendance , Porlier, TEmpecinado, Lacy, Milans, Mina, levaient tour à tour le drapeau de l'insurrection et protestaient contre le rétablissement des anciennes institutions, devenu la conséquence de la restauration de l'ancienne dynastie ; et le premier régénérateur de l'Espagne put entendre, de son lit de mort, les échos de Sainte-Hélène répéter le cri de délivrance parti de l'île de Léon. La révolution espagnole, fille de la révolution française, fut bientôt arrêtée, il est vrai , par le drapeau de l'ancien régime , imposé à la nouvelle France ; mais cette halte fut de courte durée. La semence portée au delà des Pyrénées par Napoléon était tombée sur un sol fécond et bien préparé. Le mouvement de régénération imgrimé à la Péninsule reprit son cours, tantôt accéléré et tantôt ralenti , mais toujours irrésistible , et menant inévitablement, un peu plus tôt ou un peu pins tard , et à travers de fréquentes oscillations et des app^arences de reculade , au triomphe définitif du progrès social, tel que le conçut, le premier^ l'empereur Napoléon.

La guerre d'Espagne a fourni au duc de Raguse de nombreuses occasions d'outrager ses compagnons d'armes et d'accuser l'Empereur, et il les a toutes saisies avec le vif empressement dont il a fait preuve toutes les fois qu'il s'est agi d'entacher une réputation ou de ternir une gloire.

La première attaque est dirigée contre le maréchal Soult : il l'accuse formellement d'avoir manqué à sa destinée et fait pâlir la fortune de la France devant celle de Wellington, qu'il aurait pu écraser sur le Tage, et qui écliappa comme par miracle au plus imminent péril. (IV, 15.) Soult, d'après Marmont, redoutait l'effet de cette énorme faute sur l'esprit de l'Empereur ; mais il fut bientôt rassuré ; Napoléon dissimula ses griefs ; la clémence lui parut préférable à la sévérité et à l'éclat, (/d.^ 16.)

Mais le duc de Raguse ne lâche pas facilement sa proie ; quand il s'acharne sur l'un de ses vieux camarades que l'envie ou la moindre rancune désigne plus particulièrement à ses coups , il lui faut autre chose qu'une simple déchirure pour donner pleine satisfaction à sa malveillance. Le duc de Dalmatie n'est encore qu'égratigné par son frère d'armes ; le moment est venu pour lui de subir de profondes entailles. Il marche au secours de Bada-

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