LIVRE ONZIEME
joz , et il attaque Béresford sur TAlbuhéra. « Soult, qui, cette fois comme toujours, dit Marmont, était de sa personne à plus d'une portée de canon de V ennemi ^ quand ses troupes soutenaient une vive fusillade y ne put leur ordonner de se déployer. Les généraux qui les commandaient n'eurent pas Tintelligence de le leur prescrire, et, après avoir éprouvé d'assez grandes pertes, les troupes plièrent, et la bataille fut perdue , quand évidemment , sous tout autre général^ elle eût été gagnée. » (/6., 42.)
Voilà donc le maréchal Soult battu pour s'être tenu trop loin du danger, et pour n'avoir eu aussi que des lieutenants sans intelligence , n'en déplaise aux admirateurs de notre France militaire. Mais le maréchal Marmont prétend avoir plus qu'un défaut de courage et de capacité à reprocher au duc de Dalmatie. « J'avais, dit-il, sur le caractère du maréchal Soult, la conviction commune et conforme à sa réputation : ainsi j'avais peu de confiance en sa loyauté. Junot, avec lequel j'ai toujours été très-lié depuis ma première jeunesse, et qui avait un véritable et profond attachement pour moi, m'avait dit, au moment où nous nous séparions en Castille : « Tu vas avoir de fréquents rapports avec Soult. Vos points de contact seront multipliés. Défie-toi de lui; agis avec prudence , prends tes précautions ; car, je t'en donne l'assurance, s'il peut, à quelque prix que ce soit, appeler sur toi de grands malheurs, il
n'y manquera pas! C'est parce que j'ai eu l'occasion (le le bien connaître que je t'en avertis. » (Ib., 47.) Soult, d'après Marmont, aurait tenté de vérifier la prédiction de Junot; mais le duc de Baguse serait parvenu à faire échouer le calcul odieux du duc de Dalmatie.
Marmont était venu remplacer Masséna * à l'armée de Portugal. Il résulte de sa correspondance avec
' Le duc de Raguse dit que Masséna n^était déjà plus lui-même quand il fut le remplacer en Portugal , et que la bataille de Busaco, si Ugèrement donnée et livrée d'une manière si extravagante, sera un objet de critique éternel pour Masséna et pour les généraux qui dirigèrent cette opération. (IV, 25.) Il mentionne à la suite de ce jugement, plus que sévère pour Masséna et pour tous ses lieutenants, des rumeurs injurieuses dont le dégoût doit faire seul justice.
C'est un sacrificateur impitoyable , que Timmolation d'une renommée ne ('«ssc pas de tenter : il lui faut à tout prix des victimes.
Si le jeune et valeureux Girard , à la tête d'une seule brigade, s'ooTre héroïquement un passage à travers un corps nombreux d'ennemis qui Ta surpris à Aroya de Molinos , Vopération qu'il a conduite a été non- .«eulement mauvaise, mais honteusk (IV, 75); et Marmont jette sans hésiter cette qualification sur la tombe d'un soldat mort depuis au cbamp d'iionneur, et protégé par ce mot de Napoléon à sa veuve : « Bfadame, votre mari s'est surpassé ; si tous les généraux avaient agi comme lui , je ne serais ])as ici ; » et par ce legs du grand homme : « 100,000 fiança aux enfants du brave général Girard. »
Le général Barrié est plus maltraité encore. « Détestable officier, sans résolution et sans surveillance, » dit Mannont. Il lui reproche de n'avoir pas fait des dispositions raisonnables ni opposé une résistance suffisante dans la défense de Ciudad-Rodrigo. (Id., 84.) — Le maréchal Jourdan, dans ses Mémoires, parle autrement du général Barrié. « Lord Welling* ton, dit-il, fit sommer le général Barrié, gouverneur: « Sa Majesté