‹ Réfutations des mémoires du maréchal Marmont, duc de RaguseChapitre 143 sur 207 · LIVRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE ONZIÈME

les autres chefs de corps et avec le roi Joseph que Tentente était peu cordiale entre les commandants des troupes françaises en Espagne , et que le défaut d'ensemble qui devait en résulter dans les opérations militaires ne pouvait amener que des revers et des catastrophes. Marmont, avec son caractère jaloux, sa susceptibilité vaniteuse et son impatience de la subordination, eut naturellement une bonne part dans cette mésintelligence, et aussi dans les malheurs qui en furent la suite. Le fait d'armes qui a le plus engagé sa responsabilité est la bataille des Ârapiles. Il accepta le combat sans attendre les renforts qui lui étaient annoncés de Tarmée du Nord et de Madrid , et il a été accusé , par l'Empereur lui-môme , d'avoir pris cette résolution dans la crainte que l'arrivée du corps auxiliaire, sous les ordres de Joseph, ne lui fît perdre les avantages du commandement en chef, pendant l'action, et les profits du triomphe après la bataille.

» TEmpereur, répondit ce brave officier^ m'a confié le commandement » de Ciudad-Rodrigo ; moi et ma garnison sommes résolus à nous ense- » yelir sous ses ruines. »

Mais la réputation , Phonneur, la gloire des généraux n'ont pas suffi au désir effréné de dénigrement qui tourmente le duc de Raguse. L'armée d'Espagne n'est pas plus ménagée que ses chefs. Marmont dit, à propos de la capitulation de Baylen : k L'incapacité, dans la conduite des troupes, fut encore surpassée par la lâcheté, le pillage, le brigandage, » etc.

Les libelles publiés à l'étranger contre la France n'ont jamais eu un caractère plus révoltant.

Marmont s'est défendu en disant qu'il avait ignoré la marche du roi , et il a ajouté que les malheurs de cette journée étaient dus : l"" à Timpatience du général Maucune , qui attaqua mal à propos ; 2° à la blessure qu'il reçut lui-même au commencement de l'action, et qui l'obligea de quitter le champ de bataille ; 3"" à l'infériorité numérique de son corps d'armée, et partant au refus de secours qu'avaient opposé à ses demandes pressantes les maréchanx Soult et Suchet, le général Gaffarelli et le roi Joseph lui-même.

Cette dernière excuse était peu fondée , du moins en ce qui concernait le roi Joseph ^, qui accourut au secours de Marmont, après le lui avoir annoncé par divers messages , au moment où le maréchal se décida à combattre.

Mais le duc de Raguse a été plus loin dans ses récriminations, il a fait remonter jusqu'à TEmpereur lui-même la responsabilité des événements de Salamanque. Si l'armée de Portugal fût restée dans la vallée du Tage , cette bataille désastreuse aurait été évitée, et le maréchal Marmont, les lettres du major général à la main , affirme que c*est bien par

' Marmont a commencé par faire parade de beaax aeiitiments d^ttnitié et d^estime pour Joseph Bonaparte. C'est ainsi quHl en a toujourt agi envers la plupart des hommes honorables et des iUustres personnages qv^ se réservait d'attaquer ensuite avec le plus de ténacité et de malveiliance. Les événements de 1814 remettront en présence le roi Joseph a^ec m bienveillance inépuisable et Marmont avec sa liaine perséYérante;

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