LIVRE TREIZIEME
Et ce sous-lieutenant a laissé des Mémoires où ^ pour se disculper d'avoir provoqué par une défection l'issue fatale de la campagne ^ il comprend l'affaire de Laon parmi les trois grandes fautes qu'il attribue à Napoléon , et dont il fait les causes premières de la catastrophe de 1 81 4 M
Le duc de Raguse fut appelé devant l'Empereur pour lui rendre compte du désastre qu'il avait essuyé, a II se présente, dit le baron Fain : à sa vue , Napoléon s'emporte en reproches, qui n'entrent que trop avant peut-être dans le cœur du maréchal. Cependant , après les plaintes viennent les explications; bientôt les sentiments que Napoléon a toujours portés à son aide de camp prennent le dessus, et ce n'est plus qu'un maître en l'art de la guerre qui relève les fautes d'un de ses élèves de prédilection : Napoléon finit par le retenir à dîner. » ( Manuscrit rfe 1 81 4, 193,194.)
Marmont avait bien raison de dire que Napoléon était le meilleur des hommes; mais cette bonté trop exagérée touchait à l'imprévoyance. Marmont, dans son traité avec Schwartzenberg et dans la rédaction
* Marmont attribue à un brouillard épais qui retarda sa marche Pattaque nocturne et désastreuse dont il fut Pobjet au village d*Athier. (c L*ennemi , dit-il , jugeant la fausse position dans laquelle j'étais placé, profita avec habileté et célérité de ses avantages. » (VI, 212.) L'ennemi, selon le duc de Raguse, avait toujours fait seul, par son ineptie ou sa négligence , les succès de Napoléon ; cette fois l'ennemi fut habile et prompt, parce que sans doute il avait affaire à Marmont, que le destin n'avait jamais gâté.
180 BKFITATIOX DES MEMOItES DU DUC DE RAGUSE.
(le ses Mémoires , se souviendra des reproches qu'il reçut à propos de sa conduite à Znaïm, aux Arapiles et à Laon, et il fera regretter que TEmpereur les ait trop facilement oubliés et n'en ait pas pressenti les funestes conséquences.
§IV
[/armée autrichienne avait mis à profit l'éloignenuMit do TEmpereur. Schwartzenberg suivait la vallée (le la Seine, et menaçait Paris à son tour. Les nfj:onts do Tancienno dynastie s'agitaient vivement dans la capitale. Le comte de Lynch venait d'introduire les Anglais et les Bourbons dans Bordeaux, dont il était maire '. Napoléon songea d* abord à couvrir Paris. Laissant Mortier et Marmonl sur la Marne pour disputer pied à pied le iluMuin do la capitale aux Prussiens, aux Russes et aux Suédois, il revint en toute h^te sur la Seine jH>ur arrêter les Autrichiens. Mais Schwartzenberg,
' Kn iK>\«Muhiv» le coittte de Lyoch , accoom ao pied du trône pour > ikMUit^r ile ttouve^ux ^5ft^se$ de sa lîdélité, $¥criait : « Napoléon a tout luit ^K»ur !%^> Kt^itvi&is. W FVanv^ feront tout pour loi. » (Voyez le MoHu't^/- Ju ?< tto^eiubre t5U. ) Et le 29 férrier, en rem^tant les Jia(K\tu\ vie \hl gianle itatioadle de Fordeaux » il A^Tatt parié à ses admiuistiwN v|uc de leurs devoirs > envers leur angasie souTerain , dont tous k^ M>uKv d^cuetit (K>ur but de conquérir une honoralile pais. » // avait ftxiiii Jt 'ttHcnurts Ces (.tllies qni cherrhaiemi è emv^lr moire terricvitx ; cl M le dauber >';ipvi^^'*^^ ^ BordcoKL, « il promettait de duutKi î Vveatpîe du de>oueuteuC. ^ Voy. ieMomiemràas nars 1S14.