‹ Réfutations des mémoires du maréchal Marmont, duc de RaguseChapitre 181 sur 207 · LIVRE TREIZIEME. 38d · texte numérisé non relu

LIVRE TREIZIEME. 38d

joué Fun des rôles les plus importants et les plus honorables sous le drapeau du libéralisme pendant la Restauration et sous le gouvernement de Juillet. On était arrivé au jour fatal , non pour Napoléon , que la perte du pouvoir devait laisser en possession de toute sa gloire dans l'histoire et de toute la puissance de sa popularité sur l'avenir de la France, mais pour le duc de Raguse, dont l'orgueil secrètement rebelle allait se revêtir ouvertement des signes d« la trahison. La capitulation de Paris était signée ^

* d Le duc de Raguse, dit Pauteur de V Histoire delà bataille et de la capitulation de Paris, a mal compris Pempereur Napoléon : sa justification est fondée sur une erreur. Napoléon ne disait point que Bfaitnont l'eût trahi en combattant : c'est le traité d'Essonne qu'il considérait comme une trahison. » Mais la capitulation de Paris , si elle ne fut point l'effet d'une trahison , en fut du moins la préparation par la manière dont elle fut provoquée et conclue. Marmont s'exprime sur cet éTénement de manière à faire croire qu'il fut amené à capituler par des instructions qu'il aurait reçues du roi Joseph sans les avoir provoquées. Or, il est certain que Joseph ne l'autorisa à capituler que lorsqu'il eut déclaré lui-même la continuation de la lutte impossible après quatre heui'es. Marmont fit plus ; il traita d'un armistice sans en prévenir le maréchal Mortier, qui combattait à côté de lui, et qui reçut de l'ennemi une sommation de mettre bas les armes et de se retirer avec son corps d*armée à Rennes, « Le maréchal Mortier est indigné, dit Phistorien àqui ces détails sont empruntés : son sang bouillonne ; ses expressions ont toute la rudesse des camps. C'est un guerrier qui se croit insulté dans son honneur.... Il répond : Les soldats français préfèrent la mort à la honte; nous ne nous rendrons point, nous défendrons Paris, et si notis ne pouvions pas le défendre, nom exécuterions notre retraite devant vous et malgré vous. » (Histoire de la bataille et de la capitulation de Paris, 236 , 237 , Pons de l'Hér4clt.)'

On comprend que le maréchal de l'Empire qui s'exprimait arec cette rudesse des camps et qui faisait une pareille réponse aux sommations

Le maréchal Moncey, à la tétc des gardes nationaux, auxquels s'étaient joints les élèves d'Alfort , les pupilles de la garde impériale et les élèves de TÉcole polytechnique, s'était héroïquement et vainement associé à ses frères d'armes , Mortier, Marmont et Omano , pour défendre la capitale que l'étranger devait occuper le lendemain. Le 30 au soir, le corps de Marmont bivouaquait dans les Champs-Elysées. Le maréchal commençait à prendre Timporlance et l'attitude d'un homme dont les événements pouvaient faire l'un des arbitres du sort de la France. « Un grand nombre de mes amis, dit-il, s'était réuni chez moi. On parla avec abandon de la situation des choses et du remède à y apporter. En général , tout le monde semblait d'accord sur ce point, que la chute de Napoléon était le seul moyen de salut. On parlait des Bourbons. La voix la plus énergique en leur faveur, celle qui me fit le plus d'impression, fut celle de M. Laffitte. Il se déclarait hautement leur partisan, et quand je renouvelais les

insolentes de l^étranger, le 30 mars 1814, n^ait pas été bien traité par celui de ses frères d'armes qui négociait alors à son insu un armistiee et une capitulation préliminaires d'une défection. Marmont ne Toit dans le vétéran patriote qu'un pauvre homme , qui ne connaissaU pas mieux le sens des expressions de sa langue que les éléments de son métier,

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