‹ Réfutations des mémoires du maréchal Marmont, duc de RaguseChapitre 188 sur 207 · LIVRE TREIZIEME · texte numérisé non relu

LIVRE TREIZIEME

appartement, i'aidç de camp raconta le$ détails de l'événement et annonça la très-prochaine arrivée 4e3 maréchaux Ney et Macdonald, et du duc de Vicence , tous trois nommés commissaires par l'Empereur pour porter son abdication aux alliés. Le maréchal Ney et le duc de Vicence entrèrent au même instant. Ney nous parla de ce qu'il avait fait pour décider l'Empereur à abdiquer, et nous montra un papier, sans nous le lire , et en disant : — Voilà son acte d'abdication. — Ceci vous tire de peine , dis-je alors au duc de Raguse, — Celui-ci, à ces mots, crut probablement que j'allais divulguer ce qu'il m'avait confié , et s'empressa de faire part à ijcs deux messieurs de son traité avec Sçhwartzenberg. — ■ Y pensez^vous, monsieur le maréchal? s'écria le duc de Vicence; la moindre division dans l'armée serait sa perte et celle de la France, — C'est l'observation que j'avais déjà faite à monsieur le maréchal, repris-je alors. Il est urgent de mettre au plus tôt cette abdication à l'ordre du jour de l'armée ; cette mesure rassurera les esprits et arrêtera la désertion, — Eh bien, général, mettez-la à l'ordre , mQ dit le duc de Raguse. ^^ Monsieur le maréchal, votre chef d'état-major est ici et peut s'en eharger, cela sera plus simple et plus régulier. A ces mots, je me retirai pour faire connaître à mes régiments la nouvelle de l'abdication. »

Cette révélation , si elle eût été publiée au mo-

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ment où elle fut confiée au maréchal Mortier, eût grandement embarrassé le duc de Baguse dans ses efforts apologétiques au sujet des événements d'Essonne , et Teût empêché sans doute de rejeter sur ses lieutenants la responsabilité de sa. propre défection.

Le i avril j à huit heures du matin , il avait traité avec le prince de Schwartzenberg , à Tinsu des généraux de son corps d'armée , et il ne leur en fit part que pour les inviter à exécuter, dès le soir de ce jour même , le mouvement convenu avec le généralissime autrichien. L'arrivée fortuite deNey, de Maodonald et de Caulaincourt , annonçant l'abdication de l'Empereur, ne changea rien aux dispositions de Marmont. Il se décida seulement à accompagner à Paris les plénipotentiaires de Napoléon * , et il recommanda aux généraux dépositaires de son secret de suspendre le départ des troupes pour Versailles jusqu'à son retour de Paris , à moins que la connaissance du traité , parvenant à Fontainebleau , n'y fît prendre des mesures menaçantes pour la sûreté des chefs du sixième corps. Ce fut en effet l'arrivée de quelques officiers de l'Empereur à Essonne qui

* Napoléon avait témoigné le désir que le duc de Baguse fût adjoint aux autres plénipotentiaires, «i C'est le plus ancien des compagnons d'armes qui lui restent , dit le baron Fain , et dans une circonstance aussi gi'ave, où les derniers intérêts de sa famille vont être décidés, il croit avoir besoin de s'appuyer sur son vieil aide de camp. » (ManuscrU de 1814,273.)

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