‹ Réfutations des mémoires du maréchal Marmont, duc de RaguseChapitre 195 sur 207 · LIVRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATORZIÈME

léon Bonaparte, avaient servi d'exemple aux héroïques vétérans de la grande armée , et où fe concours de fatalités inouïes avait seul dérangé les plans, trompé les prévisions, et fait avorter toutes les espérances du grand homme.

Telle n'est point , on doit s'y attendre , l'opinion du duc de Raguse sur les causes et le caractère de cet immense désastre. Comment l'ancien frondeur d'Italie, d'Egypte et d'Allemagne, accoutumé à censurer les projets et les combinaisons de son général , sous le poids de ses bienfaits et au milieu de ses plus beaux triomphes , ne saisirait-il pas avec empressement l'occasion d'une complète déroute pour rejeter sur son ancien maître , dont il a déserté le drapeau , toute la responsabilité d'une horrible catastrophe essuyée par l'armée française?

« Pendant le cours de la journée, dit le maréchal Marmont, Napoléon s'était trouvé si éloigné du champ de bataille^ qu'il n'avait pas pu modifier l'exécution de ses projets, et particulièrement faire soutenir à temps le mouvement de cavalerie qui aurait pu produire un eflet si utile et si décisif. Prématuré et exécuté d'une manière isolée , il devint inutile ; et cependant, si, quand il commença, on eût fait donner la garde , on aurait remédié au mal .

» Au moment du désordre , la terreur s'empara de Fesprit de Napoléon. Il se retira au galop à plu'^ sieurs lieues ^ et à chaque instant {il était nuit) il

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croyait voir sur sa route ou sur son flanc de la cava^ lerie ennemie et l'envoyait reconnattre.

» Je tiens ces détails, ajoute Marmont, d'oflSciers attachés à l'Empereur et en ce moment près de lui, et entre autres du général Bernard, officier du génie, son aide de camp , officier distingué et homme trèsvéridique. » (VII, 124, 122.)

Le duc de Raguse , pour couronner par un trait inqualifiable sa conduite odieuse envers un grand homme qui fut son ami , son patron et son bienfaiteur, a invoqué l'autorité d'un officier général qui n'était plus là pour le démentir. Mais un aide de camp de l'Empereur, encore vivant, et qui fut attaché au service de Napoléon sur le champ de bataille de Waterloo , a pu protester, au nom de son frère d'armes descendu au tombeau, contre Tin* croyable récit que l'ancien aide de camp du vainqueur de Lodi et d'Arcole a osé placer sous la garantie d'un témoin respectable dont il n'avait plus de contradiction à redouter, et le Moniteur a publié la lettre suivante, en réponse aux lignes mensongères que je viens de citer, et qui sont reproduites en tète de cette même lettre :

« Il est impossible de ne pas remarquer, dit le général de Flahaut, la haine qui perce dans tout ce récit, que le maréchal prétend tenir du général Bernard ; ce qui est impossible , car le général Bernard était un brave et honnête homme , et par con-

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