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nation en même temps qu'il s'élève lui-même et qui laisse au terme de sa carrière un nom chaque jour plus vénéré, a dû certainement chercher la satisfaction de son amour de la gloire et du pouvoir en dehors du cercle étroit de la personnalité. Le culte rendu à sa mémoire, et s'étendant de plus en plus parmi les nations lointaines et les générations nouvelles , atteste que les œuvres de sa vie présentaient un côté désintéressé, que la tâche à laquelle il se consacra avait un caractère social, et que sa fibre répondait à la fibre des peuples.
Cette pensée d'ordre général avait dicté la conduite politique de Bonaparte sous la Convention; elle le domina également sous le Directoire. Il fut au 1 8 fructidor ce qu'il avait été au 1 3 vendémiaire, le premier soldat de la révolution, qui était pour lui , comme pour l'illustre fille de Necker, l'une des plus grandes époques du progrès social. La représentation collective et légale de la souveraineté nationale ayant été livrée aux partisans de l'ancien régime par le suflFrage universel , Bonaparte s'empressa d'intervenir avec son épée victorieuse pour conjurer la contre-révolution parlementaire qui liait ses trames à celles de l'émigration et de la coalition. Il envoya son aide de camp Lavalette à Paris avec la mission de promettre son appui à la portion du Directoire qui consei'vait davantage les couleurs de la révolution. (I, 285.)
« Napoléon, disent les Mémoires de Sainle-Hélène , * se décida à soutenir le Directoire, et, à cet effet, il envoya le général Augereau à Paris ; mais si , contre son attente, les conjurés Teussent emporté, tout était disposé pour qu'il fît son entrée à Lyon , à la tète de 15,000 hommes, cinq jours après qu'il aurait appris leur victoire , et de là , marchant sur Paris et ralliant tous les républicains, tous les intérêts de la révolution, il eût, comme César, passé le Rubicon à la tète du parti populaire. » {Mém. de Napoléon^ II, 309, 310.)
Et ce n'était pas, comme le prétend le duc de Raguse , parce que sa doctrine constante aurait été de soutenir le gouvernement jusqu'au moment où il pour* rait le renverser à son profit, que Bonaparte prit cette résolution. (/6.) Les confidences publiées par Marmont sur le 9 thermidor, et peu favorables aux vainqueurs de cette journée, prouvent le contraire. La préoccupation vraiment persévérante de Bonaparte était pour le triomphe et l'établissement définitif de l'ordre nouveau , créé en 1 789 , sous la forme qu'indiqueraient et comporteraient les circonstances. De ce qu'il exhuma plus tard la monarchie, dont il fit même une autocratie, il ne s'ensuit nullement qu'il eût toujours manqué de conviction et qu'il n'eût été qu'un démocrate hypocrite dans ses démonstrations républicaines. J'ai déjà expliqué ma pensée à cet égard. Mais personne n'a mieux dé-