‹ Réfutations des mémoires du maréchal Marmont, duc de RaguseChapitre 68 sur 207 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

général y allez battpe et cljas^er l'ennemi , et ensuite nous vous ferons roi si vous le voulez. » (11^ 51.) ..

Bonaparte eut en effet Tidée de se rendre immédiatement en Italie; mais, après réflexion ^ il pré<« fera partir pour Paris, où il pouvait mieu^ que partout ailleurs sonder le^ plaies de la République et préparer le moyen de les fermer, « Je n'essayerai pas, dit Marmont, de peindre les transports de joie de toute la France. Cette étincelle, partie de Fréjus, s'était communiquée au pays tout entier; partout on voyait dans Bonaparte le gage de la victoire et du salut public... J'en appelle à ceux de cette époque qui vivent encore ; ils trouveront ce récit bien faible. Jamais mouvement d'opinion ne s'opéra avec plus d'énergie en faveur d'un homme, et ne provoqua et ne justifia davantage son ambition. » (11,52,53.)

Personne à coup sûr ne s'avisera de contredire ce témoignage. Les derniers représentants du dixhuitième siècle, en remontant à leurs premiers souvenirs, n'y trouveront que la sanction ineffaçable de tout ce que Marmont, momentanément oublieux du soin de ses tristes vengeances, a pu dire de l'enthousiasme universel qui éclata sur les pas de Bonaparte à la nouvelle de son retour d'Egypte. Près de soixante ans se sont écoulés depuis cette espèce de résurrection du vainqueur d'Italie, et les impressions reçues alors, gravées dans l'imagination et la

mémoire des enfants , perpétuées ensuite dans Tàge mûr. par de nouveaux prodiges , aident encore aujourd'hui y sur le seuil de la vieillesse , les hommes qui sont restés attentifs au grand drame de ce demisiècle, à s'expliquer bien des choses dont la compréhension a échappé quelquefois à de hautes intelligences et à de grands esprits.

Page 1