A VENDUE EN ITALIE
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Correspondance avec les chancelleries étrangères.
S'adresser, franco, à M. Menneyille, rue Saint-Dominique Saint -Germain, 42, de 1 heure à 2.
En principe, les habitants de la France se divisent en deux classes :
Ceux qui veulent être maîtres des requêtes ;
Ceux qui prétendent être comtes,
A l'âge de vingt et un ans, tout jeune homme doit se poser cette question :
Serai-je maître des requêtes, ou comte ?
Dans le premier cas, il fait son droit, s'habille en noir, et se lie avec monsieur Hochet, ou tout autre rai politique^ pour apprendre la triture des affaires ptibliques et le chemin du conseil d'État.
Dans le second cas, il s'établit sur le boulevard, arbore un cigare qui ne s'éteint jamais, comme le feu de Vesta, et entreprend sa généalogie.
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Il s'appelle n'importe comment, Dumoot ou Duval.
IDe ce nom-là pour arriver à être comte, il y a plusieurs cbemins à prendre.
On habite une maison absolument neuve, dont le propriétaire tient à montrer qu'il a des locataires choisis ; le portier dispose dans sa loge des cases à lettres portant le nom de tous ses administrés, que, de son propre chef, il décore de titres de fantaisie. Le locataire du premier est marquis de droit. Celui du second, comte.
Ainsi de suite jusqu'aux greniers, où sont entassés les barons.
Ceci a été pratiqué notamment dans une maison voisine de la cité d'Antin, rue de Provence; six jeunes provinciaux y devinrent comtes par le fait du portier, et rencontrèrent de beaux mariages à raison de leur illustre origine.
V.e jeune Français qui a résolu d'être comte doit courir les ventes aux enchères, chercher de vieux portraits, et s'acheter des aïeux bruns ou blonds, selon sa propre couleur. '
Il commence alors à écrire ainsi son nom : monsieur du Mont ou monsieur au Val.
Puis il adresse lui-même à monsieur le comte du Mont des lettres qu'il écrit lui-même.
Pour le flatter et ne subir aucune réduction, ses four-
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nissoirs lai dooneot lausCKtiiiessoiis le nom de moDsietir ie eamU.
Au lieu d'uo griffoa ou d'uD léopard, le carrossier lui pdnt un beau jour une eouroniie sur le panneau de son
cabriole^ Et les amis de monsieur du Mont se dis(»t :
— AS'tu vu du Mont?
. — Oui, eh bien?
— Eh bien , il est comte depuis soa dernier harnais.
Si monsieur du Mont fait courir des chevaux, tous les programmes le qualifient de monsieur le comte du Moni^ éleveur.
A partir de ce moment, monsieur le comte du Mfmi
s'abandonne au délire de la couronne : couronne sur son papier à lettres, couronne au coin de ses mouchoirs, sur ses pommes de canne, dans le fond de ses chapeaux, sur ses taies d'oreiller, ses assiettes, ses verres, ses peignes, ses brosses,* et jusque sur le cadre du portrait de sa lorette.
Tout cela est innocent, impuni, encouragé :
Par ceux qui restent roturiers et qui en rient;
Par ceux qui sont naturellement gentilshommes, et qui en rient plus fort encore.
Être comte aujourd'hui, c'est une mode, un goût, comme celui de la rocaille et du Pompadour.
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Gourme on achète de vieux meubles et de vieilles porcelaine, on se donne une vieUle famille.