LE BRIC*A-BRAC
Le goût des andeiis meoMes esl une épidémie trop grave [khit pa»er inobservée à tiareis nos mœurs modernes.
EoCantée par cette réaction qui réhabilita les diefsd^œuvre nationaux des temps passés, qoi remit en lumière les noms et les choses que le dix-huitième siècle avait étouffés, la fureur des antiquailles s'est traduite en culte.
C'est une religion qui a son fanatisme, ses apôtres, ses prosélytes, ses temples, ses hérésies.
Avant que, de nos jours, des esprits mécontents du présent, peu confiants dans les chances de l'avenir, eussent jeté un regard en arrière sur le passé pour compter avec lui ,
Avant qu'on eût ressuscité le moyen âge, redressé ses arcs-boutants, recousu ses pourpoints, retrempé ses dagues, fourbi ses hauberts, rembourré ses chaises et redit ses jurons,
Il existait une livide industrie, uq commerce de cuivre oxydé, de miroirs sans tain, de couteaux sans man-
LA VIE PARISIENNB i6t
che, de broches rouillées, de vieux pots de moutarde, de banquettes éventrées.
Ceux qui consaoraient leur intelligence d*homme à Tappréciation et à Tachât de ces ordures s'appelaient du nom modeste de marchands de bric-à-brac, dénomination humble dont la racine n*a pas encore occupé les étymologi^es, et dont le caractère argotique ne lui présageait pas une place dans le langage à la mode. . Les marchands de bric-à-brac couraient les ventes après décès on pour cause de départ, choisissant la quantité de pincettes et de soufflets crevés qui manquait à la boutique, puis rentraient se rouiller avec leur ferraille ;
Quand tout d'un coup, une génération d'artistes, inspirée par des révélations littéraires, se mit en quête des débris du temps passé :
Panneaux de boiseries sculptées, fragments de basreliefs, vieux brocarts, damas séculaires, tout ce qui leur tombait sous la main, en voyage, dans une auberge, dans une ferme, au foyer d'une chaumière, venait par le roulage orner un coin de l'atelier, surmonter une porte, affubler un mannequin.
Les artistes ne s'en rapportent qu'à leur sens pour le choix de leurs émotions ; ils ne savent, ils ne peuvent payer cher une trouvaille de vieux meubles qu'ils n'auront pas dépistés avec leur propre flair.
Aussi les marchands de bric-à-brac n'eussent pas fait
lift LA VIB PARISIBNNB
fortune avec eux et franchi la limite de leur commeroe de moisissure, si la mode n'avait imprimé un élaa de vogue à cette réhabilitation» tentée d'abord par l'esprit de recherche et le sentiment du pittoresque.
Mais ce goût a gagné toutes les dasses : sorti, comme nous l'avons dit, de peintres fureteurs et antiquaires, il est descendu chez les gens du monde, chez des femmes qui. ont ruiné leurs maris et leurs amants en pâte dure, en pâte tendre, en craquelé, en Goromandel, en biscuit, en céladon, en burgau, en marcassite, en jargon, en faenza, en damas, en brocatelle et autres drogues puantes ou cassées, s'il y en a d'oubliées dans cette nomenclature.
Puis, de degré eh degré, le rococo est «encore descendu plus bas. Il a orné des arrière-boutiques, des chambres de commis, et ne s'arrêtera plus.
Il est impossible de manger, de boire, de s'asseoir, de vivre, enfin, dans autre chose que de l'histoire de France en bois, en porcelaine et en verre.
Il faut cependant bien se faire une raison et une ques* tion.
A moins de supposer qu'il j a une France souterraine ou aérienne où tous les, mobiliers de la monarchie se sont conservés à l'abri des vers et des papillons , est-il possible qu'en dix ans toute la France moderne se soit trouvée remeublée, comme par enchantement, avec des objets venant de nos aïeux?
Le fait est qu'aujourd'hui le bric-à-brac est uue industrie formidable, que le gros marchand de bricÀ-bnc possède jusqu'à 500,000 francs de marchandises » et qu'il est propriétaire fonci^ .
Par son importance^ il a racheté rhomilité de ses de- Tanciers;
U joint à l'insolence de la richesse un dédain singulier de l'acheteur, une répugnance originale à céder des objets qu'il a tirés d'un grenier, regrattés, vernis, pour lesquels il s'est passionné, et qu'il aime avec d^ entrailles de père et d'artiste.
De telle sorte que le bric-à-brac ne serait abordable pour aucupe fortune, si les fins de mois, les grandes échéances, le terme du loyer, ne ramenaient aux régions de l'actuaUté le marchand qui s'encadre dans les auréoles de la renaissance.
Cette industrie a pris d'énormes développements. Des commis voyageurs vont partout frapper à la porte des vieux châteaux, des anciens couvents, des domaines nationaux, quêtant des bahuts, des dressoirs, des hanaps.
Apportées à Paris, ces reliques sont soumises à un travail de réparation qui métamorphose en meubles admirables des pans de bois vermoulus, qui ravive des incrustations effacées par le temps ; puis des équipages ' s'arrêtent à la porte des musées du quai Voltaire , chez Honbro, chez Gansberg ; et d'élégantes iemmes, parlant
164 LA VIE PABISIBNNB
moyen âge, renaiisance et rococo^ enlèvent à prix d'or une stalle gothique, un panneau de Jean Goujon, un chiffonnier de Riesener.
Au fait, quand une époque s'est abrutie volontairement dans rignorance de tous les arts ,
Quand , au lieu de piloris , on dresse des pavillons triomphaux aux crétins qui exposent nos commodes platQs, nos lits à flasques et nos chaises de poupées ,
Tout ce qui conserve de Tintelligence ou de l'argent doit demander à des temps moins barbares le luxe de la vie, les jouissances de l'intérieur, les formes élégantes, les meubles spirituels, et se méfier des angles droits qui blessent les pieds et bossuent le front.
La cause des turpitudes qui déshonorent l'ameublement moderne n'est pas difficile à trouver.
Livrés à eux-mêmes, nos ébénistes assemblent des pièces de bois, sans notion de dessin, sans idées de la proportion, ignorants de la science de l'ornement, science perdue aujourd'hui, dont le premier venu de nos architectes ne se doute pas, science qui, seule, relève la pensée et Tesprit de l'artiste, quand la partie mathématique du monument est accomplie.
Au lieu de végéter dans un misérable amour-propre, de sauter après des croix et des commandes mesquines, si les peintres et les sculpteurs obscurs appliquaient à la pratique des arts confortables une fraction des idées qu'ils consument en pure perte sur de grandes toiles ou
LA VIE PARISIBNNB 165
des blocs de marbre, les grands talents se classeraient L'eux -mêmes, et les talents médiocres ne mourraient plus de faim.
Nous verrions les objets de la vie intérieure s'emprein* dre d*élégance, prendre cette variété et cette pureté de forme qui ne manquent jamais aux moindres ustensiles de nos aïeux.
Goustou exécutait en bois les figures de la Renommée et de la France qui couronnaient le lit de Louis XIV;
Et, de son temps, Poussin disait en parlant de la France :
« Dans ce pays , on m'occupe à dessiner des ornement de cheminée, de frontispice et de couverture de livres. »
Il n'en fut pas moins peintre admirable.
Voyez ce que produisent nos élèves peintres qui ne dessinent pas dès reliures I
Si les gens du monde ont abominé l'acajou et le placage, il ne faut donc s'en prendre qu'à l'inhabileté des fabricants modernes.
Mais du jour où le goût du bric-à-brac a passé de l'atelier du peintre dans le salon de la femme à la mode, dans le cabinet de l'amateur ;
Du jour où ces objets , qui étaient pour le peintre un sujet d'étude , un modèle de forme , firent partie de l'ameublement usuel, on conçoit qu'une distinction s'est
établie entre lescoUections des uns et lescollectiaiis des autres.
Ainsi , l'artiste achète sans hésiter un vieux pot féàé, s'il est d'un dessin gracieux; une table vermoulue^ si les trois pieds qui lui restent conservent une torsade capricieuse.
L'amateur ne paye rien que d'intact, de bien restauré.
Le plus souvent sans y rien comprendre , comme les bibliophiles achètent de belles éditions, qu'ils idolâtrent, revendent,
Et ne lisent pas.
Avec quel soin aussi les marchands recherchent ou inventent l'origine illustre du meuble qu'il s'agit de placer !
Quelle minutie ils apportent dans la réparation des détails, afin que l'objet ait toujours ime valeur, si monsieur voulait s'en défaire 1
Mais l'abus les perd : aujourd'hui le brio^-brac est menacé d'un discrédit prochain, et, il faut le dire, mérité.
S'il y a encore des gobe-mouches qui croient sur parole posséder le bureau de travail de monsieur de Maurepas, s'asseoir sur un sofa témoin de$ entretiens galants de j Louis XV, manger sur ime table vermoulue du bon roi Henri (le bon roi Henri est à la mode), ^ quelques demoiselles de mauvaise vie sont toutes fières de se rincer le mufle dans une cuvette où la Dubarry baignait ses
fones honorées de baiseis royaux, ces benêts deyiennent de plus en plus rares; Et cela est justice; car,
Après le vin de Champagne qui se fabrique avec de la fleur de sureau et de Tacide carbonique ,
Après la beauté des femmes de théAtre , beauté qui se fait avec des petits pots et de la crinoliae,
Après l'éloquence parlementaire, qui se prépare avec des' lambeaux de journaux et des rubriques de palais,
Il n'y a pas de commerce où la tricherie se pratique d'une manière plus effrontée.
Le bahut apocryphe se confectionne par milliers dans le faubourg Saint-Antoine; tous les tourneurs de chaises font des pieds torses pour des tables de Henri IV ; des rapins sculpteurs font du Jean Goujon par pacotille.
11 y a en outre une fraude dont le secret mérite d'être connu.
Les marchands de bric-à-brac ne se bornent ^as à exposer à la curiosité des amateurs des monceaux de vieilleries.
L'antiquaire pur aime mieux ce qu'il appelle déterrer une vieille chose que de Tacheter dans une boutique, comme peut le faire la première personne venue, atteinte du goût moyen âge.
Voici ce qui se pratique :
Les objets rococo une fois fabriqués, on les disperse, on les place en dépôt chez de pauvres gens, et principa-
168 LA VIE PAEISIBNHB
lement chez les portiers, dont le mobilier est le plus exposé à la vue des allants et des venants. Les objets leur sont confiés avec la manière de s'en servir.
Un monsieur passe devant une loge de portier ; ses yeux sont frappés de la beauté d'une pendule LouisXIY, dont ce brave homme a orné sa cheminée.
11 fait sur cette trouvaille des questions auxquelles le portier répond les hâbleries les plus excentriques. C'est une pendule qui lui vient de son père qui la tenait d'un marquis qui la lui donna avant de monter sur l'échafaud. 11 ne sait pas ce qu'elle vaut, mais il a toujours entendu dire qu'elle avait coûté 1,500 francs dans le temps.
L'antiquaire n'y tient pas. Il brûle d'abuser de l'ignorance du portier, et lui donne avec feu 1,000 francs d'une drogue qui en vaut 200.
L'antiquaire voyageur, le touriste érudit, ne sont pas moinsi attrapés.
Ils courent les fermes, les villages, entrent dans les maisons de paysans, toujours préoccupés de moyen âge et de renaissance, achetant des bahuts bretons, les crédences normandes qu'ils prennent pour des trésors héréditaires, et remportent fièrement à Paris des objets qui en viennent, qui y ont été fabriqués puis déposés en province pour y prendre le parfum de la vétusté et le crédit de l'histoire.
Moyennant une légère remise, tous les paysans se
chargent, pour le compte des marchands de Paris, de débiter ainsi leurs vieilleries.
Pour s'adresser, non-seulement à la rococomaniey mais encore à la cupidité, ces susdits marchands ont en outre imaginé de répandre souvent dans les journaux, des histoires de gens qui, en brisant un vieux meuble, trouvent derrière les tiroirs des paquets de pièces d'or à Teffigie de Henri III.
Et cette circonstance imprime une nouvelle fureur à la recherche des bahuts. Il n'est personne qui n'espère acheter trop bon marché une chose de grand prix, et par-dessus le marché dépouiller un pauvre diable d'un trésor qui lui appartiendrait.
Ce qui offre de l'analogie avec le vol à l'américaine, qui attrape celui qui cherchait une dupe.
A défaut du sentiment d'art, à défaut d'une conviction profonde, le caprice, l'esprit de changement et l'intérêt des marchands qui ne pouvaient défrayer tous les amateurs avec une même époque, ont donné successivement la vogue aux différents styles d'ameublement qui ont régné depuis le moyen âge.
La première ardeur des antiquaires s'est portée sur les meubles de bois sculpté, les plus anciens qu'on pût retrouver : les bahuts, les dressoirs, les lits gothiques avec leurs courtines de serge brodée, les banquettes à dossier, les stalles avec leur dais dentelé et leurs panneaux
158 LA VIE PARISIBNNB
bles, etc., et dans un nombre de lignes déterminé; après quoi, ils s'endorment tranquilles, convaincus par l'entrepreneur qu'ils auront bientôt une grande réputation, et partant une fortune considérable.
L'entrepreneur, rentré chez lui, sonne son rédacteur d'articles modes... Celui-ci accourt, la plume à la main et le regard soumis.
Le rédacteur de l'article modes est un littérateur incompris qui a de l'indépendance, et à qui les directeurs de théâtre ont refusé beaucoup de pièces.
Par amour de la liberté et de la poésie, il n'a pas voulu être commis ; c'est pourquoi il est présentement homme de lettres de l'entrepreneur.
Celui-ci lui commande de longs articles dans lesquels il faut faire mousser les modistes en dix lignes, le tailleur en cinq, et le coiffeur en une. Il faut qu'il passe, sans transition, du style diffus au style concis. Malheur à lui s'il emploie une demi-ligne de trop pour l'arrondissement de sa période; l'entrepreneur, qui tient peu à l'harmonie, lui sabre ses phrases impitoyablement, et lui lave la tête d'importance.
Notre rédacteur, forcé de louer toujours, de louer sans cesse, oublie complètement toutes les formes du langage qui ne sont pas consacrées pour l'éloge ; mais, en revanche, il amasse dans son cœur un grand fonds de haine contre son patron, qu'il ipéprise d'autant plus volontiers que celui-ci ne le paye guère.
LA VIE PARISIBNNB 159
Le prix de l'article modes varie, en effet, de trente à quarante sous, payable en marchandises.
Ce qui fait que le rédacteur a parfois des bottes, des gants de temps en temps, mais qu'il dîne fort rarement. Voilà comment le commerce des muses mène au commerce des articles de modes- Nôtre homme signe tous ses articles d'une foule de pseudonymes féminins très-recherchés et très-aristocratiques ; il rend compte des réunions du grand monde, qu'il ne connaît pas même par ouï-dire, ce qui le conduit naturellement à commettre les bourdes les plus ravissantes. C'est ainsi qu'il parle des mains blanches d'une mulâtresse ou des cheveux blonds d'une femme brune.
Tout ceci n'empêche pas l'abonné de province de lire avec attention l'article modes, et de croire de toute son âme aux toilettes fantastiques pompeusement décrites, et qui n'ont jamais existé que dans son imagination, après qu'il a lu son journal.
158 JLA vie PARISIBNNE
bles, etc., et dans un nombre de lignes déterminé; après quoi, ils s'endorment tranquilles, convaincus par l'entrepreneur qu'ils auront bientôt une grande réputation, et partant une fortune considérable.
L'entrepreneur, rentré chez lui, sonne son rédacteur d'articles modes... Celui-ci accourt, la plume à la main et le regard soumis.
Le rédacteur de l'article modes est un littérateur incompris qui a de l'indépendance, et à qui les directeurs de théâtre ont refusé beaucoup de pièces.
Par amour de la liberté et de la poésie, il n'a pas voulu être commis; c'est pourquoi il est présentement homme de lettres de l'entrepreneur.
Celui-ci lui commande de longs articles dans lesquels il faut faire mousser les modistes en dix lignes, le tailleur en cinq, et le coiffeur en une. Il faut qu'il passe, sans transition, du style diffus au style concis. Malheur à lui s'il emploie une demi-ligne de trop pour l'arrondisse* ment de sa période ; l'entrepreneur, qui tient peu à l'harmonie, lui sabre ses phrases impitoyablement, et lui lave la tête d'importance.
Notre rédacteur, forcé de louer toujours, de louer sans cesse, oublie complètement toutes les formes du langage qui ne sont pas consacrées pour l'éloge ; mais, en revanche, il amasse dans son cœur un grand fonds de haine contre son patron, qu'il ipéprLse d'autant plus volontiers que celui-ci ne le paye guère.
Le prix de l'article modes varie, en effet, de trente à quarante sous, payable en marchandises.
Ce qui fait que le rédacteur a parfois des bottes, des gants de temps en temps, mais qu'il dîne fort rarement. Voilà comment le commerce des muses mène au commerce des articles de modes.
Notre homme signe tous ses articles d'une foule de pseudonymes féminins très-recherchés et très-aristocratiques ; il rend compte des réunions du grand monde, qu'il ne connaît pas même par ouï-dire, ce qui le conduit naturellement à commettre les bourdes les plus ravissantes. C'est ainsi qu'il parle des mains blanches d'une mulâtresse ou des cheveux blonds d'une femme brune.
Tout ceci n'empêche pas l'abonné de province de lire avec attention l'article modes, et de croire de toute son âme aux toilettes fantastiques pompeusement décrites, et qui n'ont jamais existé que dans son imagination, après qu'il a lu son journal.
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bles, etc., et dans un nombre de lignes déterminé ; après quoi, ils s'endorment tranquilles, convaincus par l'entrepreneur qu'ils auront bientôt une grande réputation, et partant une fortune considérable.
L'entrepreneur, rentré chez lui, sonne son rédacteur d'articles modes... Celui-ci accourt, la plume à la main et le regard soumis.
Le rédacteur de l'article modes est un littérateur incompris qui a de l'indépendance, et à qui les directeurs de théâtre ont refusé beaucoup de pièces.
Par amour de la liberté et de la poésie, il n'a pas voulu être commis; c'est pourquoi il est présentement homme de lettres de l'entrepreneur.
Celui-ci lui commande de longs articles dans lesquels il faut faire mousser les modistes en dix lignes, le tailleur en cinq, et le coiffeur en une. Il faut qu'il passe, sans transition, du style diffus au style concis. Malheur à lui s'il emploie une demi-ligne de trop pour l'arrondissement de sa période ; l'entrepreneur, qui tient peu à l'harmonie, lui sabre ses phrases impitoyablement, et lui lave la tête d'importance.
Notre rédacteur, forcé de louer toujours, de louer sans cesse, oublie complètement toutes les formes du langage qui ne sont pas consacrées pour l'éloge ; mais, en revanche, il amasse dans son cœur un grand fonds de haine contre son patron, qu'il ipéprise d'autant plus volontiers que celui-ci ne le paye guère.
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Le prix de raiticle modes varie, en effet, de trente à quarante sous, payable en marchandises.
Ce qui fait que le rédacteur a parfois des bottes, des gants de temps en temps, mais qu'il dtne fort rarement. Voilà comment le commerce des muses mène au commerce des articles de modes.
Notre homme signe tous ses articles d'une foule de pseudonymes féminins très-recherchés et très-aristocratiques ; il rend compte des réunions du grand monde, qu'il ne connaît pas même par ouï-dire, ce qui le conduit naturellement à commettre les bourdes les plus ravissantes. C'est ainsi qu'il parle des mains blanches d'une mulâtresse ou des cheveux blonds d'une femme brune.
Tout ceci n'empêche pas l'abonné de province de lire avec attention l'article modes, et de croire de toute son âme aux toilettes fantastiques pompeusement décrites, et qui n'ont jamais existé que dans son imagination, après qu'il a lu son journal.
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bles, etc., et dans un nombre de lignes déterminé; après quoi, ils s'endorment tranquilles, convaincus par l'entrepreneur qu'ils auront bientôt une grande réputation, et partant une fortune considérable.
L'entrepreneur, rentré chez lui, sonne son rédacteur d'articles modes... Celui-ci accourt, la plume à la main et le regard soumis.
Le rédacteur de l'article modes est un littérateur incompris qui a de l'indépendance, et à qui les directeurs de théâtre ont refusé beaucoup de pièces.
Par amour de la liberté et de la poésie, il n'a pas voulu être commis; c'est pourquoi il est présentement homme de lettres de l'entrepreneur.
Celui-ci lui commande de longs articles dans lesquels il faut faire mousser les modistes en dix lignes, le tailleur en cinq, et le coiffeur en une. Il faut qu'il passe, sans transition, du style diffus au style concis. Malheur à lui s'il emploie une demi-ligne de trop pour l'arrondissement de sa période; l'entrepreneur, qui tient peu à l'harmonie, lui sabre ses phrases impitoyablement, et lui lave la tête d'importance.
Notre rédacteur, forcé de louer toujours, de louer sans cesse, oublie complètement toutes les formes du langage qui ne sont pas consacrées pour l'éloge ; mais» en revanche, il amasse dans son cœur un grand fonds de haine contre son patron, qu'il ipéprLse d'autant plus volontiers que celui-ci ne le paye guère.
Le prix de l'article modes varie, en effet, de trente à quarante sous, payable en marchandises.
Ce qui fait que le rédacteur a parfois des bottes, des gants de temps en temps, mais qull dtne fort rarement.
Voilà comment le commerce des muses mène au commerce des articles de modes.
Notre homme signe tous ses articles d'une foule de pseudonymes féminins très-recherchés et très-aristocratiques ; il rend compte des réunions du grand monde, qu'il ne connaît pas même par ouï-dire, ce qui le conduit naturellement à commettre les bourdes les plus ravissantes. C'est ainsi qu'il parle des mains blanches d'une mulâtresse ou des cheveux blonds d'une femme brune.
Tout ceci n'empêche pas l'abonné de province de lire avec attention l'article modes, et de croire de toute son âme aux toilettes fantastiques pompeusement décrites, et qui n'ont jamais existé que dans son imagination, après qu'il a lu son journal.
fié LA VIE PARISIENNE
Tisions de trois cent soixMite-cuiq jours, et un seul joitr
arrive, le 1»^ janvier, qui à lui seul en représente traite.
Ce qui constitue un treizième mois, moins douloureux
peut-être pat ce surcroît de frais d'argent que par les frais d'invention et de bonne grâce qu'il y faut ajouter pour se ruinar galamment.
On a beaucoup écrit, rimé et lutté contre le jour de l'an ; mais il parait qu'il a l'Âme dure et qu'il se moque de l'esprit.
11 7 a des gens qui protestent par l'écrit, par la f uite» par la maladie; le jour de l'an va son train, malgré ceux qui le raillent, ou qui s'absentent, ou qui tout à point se mettent au lit : il se rattrape sur ceux qui restent.
En somme , le plus sûr moyen de lui échapper c'est de battre en retraite et de prétexter une terre où vous appellent des travaux urgents.
Aussi quelques personnes ne manquent-elles jamais à cette époque de l'année , de faire un voyage — à la Rumford, du nom de la fameuse soupe économique.
Ce voyage consiste à s'en aller dans les derniers jours de décembre, où ? n'importe ^ on s'en va comme devrait, un fléau , une peste, une calamité ; la question est de n'être pas là de quinze jours.
Nous connaissons un aimable Italien ( les Italiens ont l'avarice si spirituelle!) qui n'a jamais passé un jour de l'an ni dans sa patrie ni à Paris, où il a, comme tout le j[nonde, trop d'amis et trop de maîtresses ce jour-là.
LA TIB PARISIBNNB fit
Depuis quelques années, une grande partie de la so* csiété parisienne ne rentre que dans le courant de janider. Ce fallacieux plagiat dés An^is, qui passent l'hiver à là campagne, n'a d'autre but que ti'éviter le tribut des pralines.
Mais occupons-nous de notre véritable sujet, des irictimes à leur poste :
Voilà un pauvre diable qui court la rue , grelottant sous un habit noir, étranglé par une cravate blanelie, pestant contre la pluie, le jour de Tan et les voitures, défendant sa vie contre un cabriolet impétueux, et sa toilette contre les crachements d'une roue de fiacre.
Une trogne de polichinelle grimace hors de sa poche, et deux lacets roses , qui trahissent des boîtes de chocolat, lui tombent sur les talons.
C'est un honnête employé : il vient de toucher une gratification de cent francs qu'il a déjà traduite en joujoni, en bonbons, avec l^uels il ne s'amusera pas, qu'il ne mangera pas.
Son chef at reçu ses félicitations et lui a promis de Tavancement ;
11 est furieux.
Dans votre escalier, dans la rue, sur les boulevards, vous rencontrez d'autres hommes talonnés par le froid, exaspérés par la dépense.
Entrez dans les passaaes, chez les marchands, et consultez CCS visages d'acheteurs qui ne choisissent rien, qui
170 LA TIE PABISIENNB
quadrillés de losanges, entrecoupées d'ogives et de colonnettes.
Depuis, répoque àe la renaissance a soulevé les mêmes passions.
Le chêne était à peu près le seul bois qui fût alors travaillé.
Mais quelle dépense de génie sur cette matière vulgaire!
Dans le bois d'un dressoir ou d'une armoire, le ciseau de Jean Goujon rencontrait ces élégantes figures qui ne sont ni païennes ni catholiques, qui appartiennent à un ordre de divinités créé par l'admirable sculpteur.
Albert Durer aussi a laissé des sculptures en bois où se retrouve sa manière aventureuse et pittoresque.
Quand un de ses chefs-d'œuvre^était achevé, les sculpteurs d'un talent moins élevé en mesuraient la proportion, en réduisaient les détails, et les reportaient sur des meubles'de moindre valeur.
Ces derniers, à leur tour, servaient de modèle à ceux qui décoraient la maison d'un fermier ou l'humble boutique d'un marchand.
C'est ainsi que Ton retrouve sur des panneaux fort grossiers des figures dont l'origine remonte à Jean Gouion, telles que les vertus théologales, les évangéUstes, etc.
Si ces imitations successives finissaient par perdre en route la grâce de la pensée originelle, le dernier produit qui en découlait offrait, sinon une sculpture délicate.
LA YIE PAB1SIENNE 171
des ornements ans et sentis, du moins des proportions élégantes et un ensemble heureusement ordonné.
Pas un ouvrier de ce temps n'eût osé, comme les nôtres, relever de soi-même pour dessiner une armoire, poser des profils, imaginer des ornements.
11 attendait [d'en haut, c'est-à-dire du maître, uae bonne inspiration.
Et il l'exécutait.
Cette utile hiérarchie, fondée sur le respect de l'arti- . san pour Fdrtiste, maîtrisait aussi les autres branches de fabrication.
Les ciselures d'argent de Gellini ne ressemblent pas plus auï œuvres de nos artistes modernes que la Vénus de Milo à une borne-fontaine.
Ces coupes, ces vases aux contours surprenants, dont les figures expressives s'enlacent sur des fonds de fruits et de fleurs, ont acquis nécessairement une immense valeur, et tiennent pour longtemps encore la première place dans nos collections.
Quelle conscience dans le travail de Bernard Palissy, le potier-sculpteur!
Aux faïences qui reproduisent avec de vives couleurs les ovations, les triomphes et la mythologie de Jules Romain, il substitua ces vastes plats où s'harmonisent des ornements jusqu'alors inconnus.
Sur un fond vert, il sème des grenades, des poires, des
no LA VIE PABISIBNNB
quadrillés de losanges, entrecoupées d'ogives et de colonnettes.
Depuis, répoque àe la renaissance a soulevé les mêmes passions.
Le chêne était à peu près le seul bois qui fût alors travaillé.
Mais quelle dépense de génie sur cette matière vulgaire I
Dans le bois d'un dressoir ou d'une armoire, le ciseau de Jean Goujon rencontrait ces élégantes figures qui ne sont ni païennes ni catholiques, qui appartiennent à un ordre de divinités créé par l'admirable sculpteur.
Albert Durer aussi a laissé des sculptures en bois où se retrouve sa manière aventureuse et pittoresque.
Quand un de ses chefs-d'œuvre.était achevé, les sculpteurs d'un talent moins élevé en mesuraient la proportion, en réduisaient les détails, et les reportaient sur des meubles*.de moindre valeur.
Ces derniers, à leur tour, servaient de nwdèle à ceux qui décoraient la maison d'un fermier ou l'humble boutique d'un marchand.
C'est ainsi que l'on retrouve sur des panneaux fort grossiers des figures dont l'origine remonte à Jean Goujon, telles que les vertus théologales, les évangélistes, etc.
Si ces imitations successives finissaient par perdre en route la grâce de la pensée originelle, le dernier produit qui en découlait offrait, sinon une sculpture délicate,
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des ornements ans et sentis» du moins des proportions élégantes et un ensemble heureusement ordonné.
Pas un ouvrier de ce temps n'eût osé, comme les nôtres, relever de soi-même pour dessiner une armoire, poser des profils, imaginer des ornements.
11 attendait 'd'en haut, c'est-à-dire du maître, une bonne inspiration,
Et il l'exécutait.
Cette utile hiérarchie, fondée sur le respect de l'arti- . san pour l'artiste, maîtrisait aussi les autres branches de fabrication.
Les ciselures d'argent de Cellini ne ressemblent pas plus aux œuvres de nos artistes modernes que la Vénus de Milo à une borne-fontaine.
Ces coupes, ces vases aux contours surprenants, dont les figures expressives s'enlacent sur des fonds de fruits et de fleurs, ont acquis nécessairement une immense valeur, et tiennent pour longtemps encore la première place dans nos collections.
Quelle conscience dans le travail de Bernard Palissy, le potier-sculpteur 1
Aux faïences qui reproduisent avec de vives couleurs les ovations, les triomphes et la mythologie de Jules Romain, il substitua ces vastes plats où s'harmonisent des ornements jusqu'alors inconnus.
Sur un fond vert, il sème des grenades, des poires, des
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quadrillés de losanges, entrecoupées d'ogives et de colonnettes.
Depuis, répoque àe la renaissance a soulevé les mêmes passions.
Le chêne était à peu près le seul bois qui fût alors travaillé.
Mais quelle dépense de génie sur cette matière vulgaire I
Dans le bois d'un dressoir ou d'une armoire, le ciseau de Jean Goujon rencontrait ces élégantes figures qui ne sont ni païennes ni catholiques, qui appartiennent à un ordre de divinités créé par l'admirable sculpteur.
Albert Durer aussi a laissé des sculptures en bois où se retrouve sa manière aventureuse et pittoresque.
Quand un de ses chefs-<i'œuvre^était achevé, les sculpteurs d'un talent moins élevé en mesuraient la proportion, en réduisaient les détails, et les reportaient sur des meubles'de moindre valeur.
Ces derniers, à leur tour, servaient de modèle à ceux qui décoraient la maison d'un fermier ou l'humble boutique d'un marchand.
C'est ainsi que l'on retrouve sur des panneaux fort grossiers des figures dont l'origine remonte à Jean Goujon, telles que les vertus théologales, les évangélistes, etc.
Si ces imitations successives finissaient par perdre en route la grâce de la pensée originelle, le dernier produit qui en découlait offrait, sinon une sculpture délicate,
des ornements fins et sentis, du moins des proportions élégantes et un ensemble heureusement ordonné.
Pas un ouvrier de ce temps n'eût osé, comme les nôtres, relever de soi-même pour dessiner une armoire, poser des profils, imaginer des ornements.
il attendait [d'en haut, c'est-à-dire du maître, une bonne inspiration,
Et il l'exécutait.
Cette utile hiérarchie, fondée sur le respect de l'artisan pour l'artiste, maîtrisait aussi les autres branches de fabrication.
Les ciselures d'argent de Cellini ne ressemblent pas plus aux œuvres de nos artistes modernes que la Vénus de Milo à une borne-fontaine.
Ces coupes, ces vases aux contours surprenants, dont les figures expressives s'enlacent sur des fonds de fruits et de fleurs, ont acquis nécessairement une immense valeur, et tiennent pour longtemps encore la première place dans nos collections.
Quelle conscience dans le travail de Bernard Palissy, le potier-sculpteur!
Aux faïences qui reproduisent avec de vives couleurs les ovations, les triomphes et la mythologie de Jules Romain, il substitua ces vastes plats où s'harmonisent des ornements jusqu'alors inconnus.
Sur un fond vert, il sème des grenades, des poires, des
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mauvais goût, <]'aTarice et de prodigalité, qui circuleat à travers la population de Paris, par un premier jour de l'an.
Rien n'est plus comique que l'embarras de chacun dans le choix des largesses, si ce n'est la mauvaise humeur de tous au milieu de cet embrassement général.
Je ne crois pas que la classification des étrennes, par étages de la société, fournisse un tableau de mœurs parisiennes dépourvu d'intérêt.
Partout l'on trouvera une lutte piquante entre les nécessités de l'ostentation et l'économie, souvent une grandeur de mauvaise grâce, une folie morose.
Et des ruses Cretoises pour tourner au moins à l'utilité les munificences, exigées par le jour consacré.
Énumérons:
n est d'abord une dépense qui pèse sur tous, celle des cartes de visite :
Cartes sur papier porcelaine, avec des lettres panachées, du prix de /cinquante centimes la pièce;
Cartes élégantes avec le titre de marquis, de comte, et écriture anglaise ;
Cartes de provincial, gauffrées d'emblèmes encadrant le nom du monsieur dans une auréole estampée ;
Cartes de financier, en caractères germaniques;
Cartes de poètes, en caractères romans rongés par les siècles ;
Cartes d'acteur avec des attributs, comme masques, trompettes, triangles et cornets à bouquin;
Cartes de souffleur, écrites à la main sur le dos d'un as de trèfle ;
Cartes de femme, puant le musc ;
Cartes de savant, sur tranche dorée ;
Partout des'cartes ;
Dans les loges de portier, aux interstices des glaces, dans votre poche, dans votre chapeau, les cartes gravées, lithographiées, vous poursuivent, tombent comme la neige, et vous éborgnent, et on rend bien la pareille.
Mais il faudrait avoir les jambes et les ailes d'un hippogriffe pour aller offrir en personne l'hommage de ce parallélogramme de carton.
Là est le souci : il faut classer ses amis et connaissances par quartier, et leu^ faire courir sus par son domestique, quand on en a un; par son portier quand on n'a pas simplement une portière; par un commissionnaire, quand il en reste sur la j^lace.
Cela fait, il s'agit de procéder à ce grand suicide que tout individu, ayant la moindre relation de famille ou d'amitié, est forcé de consommer sur lui-même, sans lire le passage de Sénèque.
. Je prends un homme de haute position, façonné aux beaux usages, fraîchement marié, ayant de jeunes enfants, une maison, des gens, des voitures; et vraiment je n'ose supputer ce que va lui coûter ce jour damné,
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qui n'a pourtant que TingMiiiatre heures, qui est imw, brumeux, pesant plus qu'aucun autre de Famiée, et dont chaque seconde marque la chute d*un louis d*or.
A sa femme, de ridies bijoux, des diamants, toujours des diamants; des cassolettes, des bandeaux, des pendants d'oreille ;
A son fils, «
A sa petite fille, un joujou monstrueusement cher.
— lieux mille francs, par exemple! — une poule qui pond, un coq qui chante, une nourrice qui allaite son nourrisson, uo sauteur de corde qui danse au bruit d'im orchestre complet ;
A des enfants un peu plus grands, de petits bijoux, des montres, des épingles, assez souvent une bourse dont les mailles trahissent des pièces de quarante francs toutes neuves:
Trésor suffisant pour alimenter pendant une année ce luxe insolent de balles élastiques, de toupies, de cerceaux et de moineaux francs, qu'affiche au collège im enfant de bonne maison.
Mais, quand l'âge a modifié ces nécessités, et mis au cœur du jeune homme de famille les passions avec les goûts qui les escortent, c'est le billet de banque à la main que son père reçoit alors ce souhait de bonne année qui est tout aussi sincère, mais un peu plus spéculatif.
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Restons encore dans le monde du même étage, et suivrons dans les magasins la femme qui aciiète
Une épingle, un riche objet de toilette pour son mari ;
Des mouchoirs brodés de malines, des fichus garnis, des assortiments de dentelles pour une sœur, une tante, une amie.
Rentrée chez elle, ses étagères, ses.guéridons, lui apparaissent déjà chargés de toutes ces offrandes galantes, de bon goût, chères et de peu d'apparence, que les amis de la maison viennent de lui adresser :
Petits meubles sans utilité, flacons, carnets, pupitres, jardinières ; vases de porcelaine des fabriques anglaises, si supérieures aux nôtres, sans doute parce qu'il n'y a pas à deux. lieues de Londres une manufa^ure de Sèvres.
Mais l'arrivée de ces jolis riens était prévue, et nous avons dit comment on répond à cette politesse.
Puis, ce sont les jeunes gens, qui cherchent pour leurs mères, pour leurs pères, des meubles élégants, des chiffonniers, un bric-à-brac étincelant, enrichi de médaillons, des magots en céladon, des vases chinois et des Tocailles .
Et enfin les donneurs de bonbons, que nous retrouverons dans toutes les classes, offrant :
Ici des caisses monstrueuses.
Là des sacs diaprés, argentés, embaumés;
Ailleurs de grêles et malheureux cornets.