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LA VIE PAK1SIE!I!IK

Nous ne fiaiions [)as de la papillote, elle ae sert plus qu'aui curées du mardi gras.

Eotre les façons de cette catégorie de la société qui se consacre aux études de l'élégance, du goût, du savoirvivre, et les manières d'agir de nos honunes à argent, qu'on appelait jadis les financiers, une différence existe, appréciable dans cette circonstance annuelle, coomie dans toutes les autres époques de la vie.

Aussi généreux, aussi désireux de plaire, ils ne peuvent résister au besoin de présenter leurs largesses sous une face utile ; ainsi leur voit-on donner :

A leurs enfants de beaux bvres d'éducation,

A leurs femmes des meubles sérieux, des pendules, des pièces d'ai^enterie, des cachemires qui leur maiH quent depuis longtemps, des bijoux indispensables.

Quand une paire de chevaux tombe sur ses boulets, le jour de l'an devient alors un prétexte pour acheter des chevaux neufs, qu'on appelle dans la maison ï attelage de madame, et qui, dans un mois, conduiront à tour de rôle monsieur à la Bourse.

Mais pour lancer l'argent sans regret, pour se percer bravement les poches, parlez-moi de ces jeunes réfractaires de la société qu'on appelle les viveurs;

Pour eux rien n'est beau, rien n'est cher; le cercle de leurs clientes est trop restreint. Certains hommes, nous l'avons dit, font arriver la rupture d'une liaison dans la dernière quinzaine de décembre, dans un but de ladre-

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rie qui s'explique. Les rAveurs, au contraire, établissent de nouveaux rapports ou resserrent les anciens, saluent toutes les femmes de théâtre qu'ils ne connaissent pas, pour obtenir le droit de leur envoyer des étrennes.

Qui ne se souvient du célèbre marquis de Ba ... et de la galanterie qu'il fit au corps de ballet de l'Opéra? Chacune de ces dames reçut un joli cachemire renfermé dans un coffre élégant.

C'était là une générosité d'apparat, un moyen de publicité, qui coûtait à l'homme à bonnes fortunes un peu plus qu'une annonce à trois francs la ligne, mais dont il retrouvait plus tard, quelquefois le soir même, un intérêt satisfaisant.

Parlons un peu des présents appropriés à la liaison de coulisse exclusive et durable. 11 s'agit alors d'offrir des objets représentant une valeur réelle :

Foin de ces bijoux dont la forme est la vogue font tout le prix, mais des diamants, ou des services d'ai^enterie, de ces choses enfin sur lesquelles on prête beaucoup.

L'inscription de rente est encore mieux reçue.

L'inscription provient' généralement des quadragénaires chargés d'obésité.

La mère de l'objet aimé n'est pas oubliée : on lui donne son couvert ou sa thnbale d'argent.

Et le père, n'aura-t-il rien ?

Ce brave père 1

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Depuis trois mois la fille insinue que ce bon père postule une place de conducteur d'onuiibus.

C'est une belle place : — mille francs !

— Pourquoi ne Tobtient-il pas ?

— Oh ! c'est qu'il faut un cautionnement.

— On verra ça.

Au jour de l'an, le cautionnement est prêt.

— Tenez, monsieur Barigot, voilà votre affaire : soyez conducteur d'omnibus.

A la fin» du carnaval , monsieur Barigot s'étant trop déguisé en sauvage, a besoin d'un autre cautionnement.

C'est le dixième qui lui passe dans le gosier, et cependant sa fille ne le laisse manquer de rien.

Pour ses étrennes, elle lui a mis au cou une cravate noire, aux mains des gants fourrés, tandis qu'elle donnait à sa mère d'anciennes robes zébrées de taches, et de vieux chapeaux pleurards et dégonflés.

Pour rencontrer le goût de chacun des membres de ces

édifiantes familles, on voit qu'un viveur n'a pas besoin

de se creuser le cerveau, mais de vider son portefeuille.

^ Tous ces sentiments d'affection sont admirablement

exprimés et traduits par ces mots :

Banque de France^ mille francs. La loi punit le con^ tre facteur des travaux forcés à perpétuité,

La classe moyenne dépouille hardiment les étrennôs de tout vernis d'ostentation.

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Dans une maison d'hoDnétes bourgeois, le jour de Tan n*est qu'une occasion de fourniture d'objets indispensables ;

C'est une échéance de manteaux, de chapeaux, de gants et de gilets, échéance liabilement et longtemps différée: Il n'y a plus à reculer, l'heure des Biétry a sonné. Mais si le chef de famille, qui vient de s'exécuter, est sergent de sa compagnie et chevalier de la Légion d'honneur, quelle douce surprise l'attend à dîner I

Son verre taillé ou moulé, son verre d'habitude, où est-il? Il est remplacé par un verre somptueux qui enferme dans son épaisseur l'étoile des braves, avec une foule de devises et d'attributs les plus guerriers.

il nous faut reprendre un peu l'employé ; dire qu'il achète des oranges pailletées, des bonbons qui font meubles, comme vases en sucre, commodes, pelotes, pendules, charges de Dantan, en chocolat;

Tandis que le surnuméraire galope comme un chat de gouttières, dans les mansardes de grisettes, faisant circuler des pastilles , entr'ouvrant un sac plein de charades étudiées à l'avance et qu'il a l'air de deviner.

Puis remettant son sac dans sa poche, à la faveur de la méditation générale causée par les rébus.

Toutes les classes ont leurs loustics : ordinairement ce soQt de vieux célibataires qui ajoutent à leur cadeau du nouvel an le mérite d'une facétie ; tout leur est permis,

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même le mauvais goût. Ce sont eux qui offrent de beaux ustensiles en porcelaine à filets d'or, omés de riches peintures, d'une forme ravissante, d'un usage bis-quotidien, et dont le nom ne peut pas s'imprimer.

Les loustics de la classe bourgeoise n'entrent pas dans une boutique de confiseur, sans accaparer tous les intruments cylindriques, en carton argenté, dont la vue seule asphyxiait Pourceaugnac.

C'est encore le loustic qui donne les boîtes à surprises, ces petits coffres qui vous envoient à la figure un diablotin armé de griffes, vêtu d'une peau de chat.

11 faut enfin s'estimer heureux quand il ne vous présente pas des dragées amères.

C'est avec des baréges, des pièces de marceline demandées depuis longtemps, que l'étudiant paye sa dette;

Il y ajoute une part dans les rillettes ou les dattes envoyées par les parents, selon qu'il est natif de Tours ou de Marseille.

11 est quelques femmes dont les maris ne doivent pas accepter une douzaine de mouchoirs à grand ourlet.

— Cher Hector, j'ai pensé à toi I

— Ange, quelle attention délicate I

Six mois après, la facture sonne à leur porte. Plaignez aussi en ce jour les pauvres portières qui veulent faire des artistes de leurs enfants !

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Le maître de danse ou de déclamation fait une horrible grimace et refuse d'encourager Télève, si dans les cinq premiers jours de janvier il ne reçoit pas un couvert, une salière, une timbale d'argent, toutes choses contrôlées par la Monnaie ; Les ouvrages à la main ne sont pas reçus.

A présent faut-il énumérer toutes les pièces d'argent et d'or qui se distribuent aux concierges, aux domestiques mâles, femelles, grands et petits, cochers et grooms ;

Aux domestiques des amis, Aux commissionnaires qui apportent un cadeau. Au facteur de la poste, Aux garçons de bains à doniicile ; A tous les gens, en un mot, qui trempent dans ce vaste complot de ceux qui n'ont rien contre ceux qui possèdent ?

Avec vos largesses, tout ce monde-là se grise, achète de l'emprunt autrichien, se paye la goutte, des pommes de terre frites et des oranges.

Vous ne leur échappez pas, — même célibataire, — même logé en garni, — même sans domicile.

11 faut dîner ;

Eh bien ! alors, le garçon de restaurant vous tend sur une assiette un cornet huileux contenant des dragées fossiles, des papillotes avariées ; U faut reconnaître cette délicate attention.

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Étes-Yous imbitués d'une pension bourgeoise ?

La maîtresse du lieu s'étant mise en frais, ayant commandé un supplément, une crème fouettée, des œufs à la neige, vous seriez bonni comme un crasseux sans éducation, comme un pingre, si vous ne ménagiez pas pour le dessert un coup de théâtre :

Il faut donner une cuiller à café et embrasser la dame de la maison.

Il faut encore pourtant qu'une pièce de quarante sous passe de votre poche dans la main de la cuisinière.

Ne croyez pas que la gent domestique en ait fini quand elle a prélevé la dîme sur ses maîtres; elle s'en va quêtant, comme les confréries de moines, ses étrennes chez le boulanger, le boucher et les autres fournisseurs de victuailles.

Madame Chevet peut dire ce que lui coûte la valetaille des grandes maisons ; mais là ne se borne pas sa générosité.

Ses pratiques ont aussi part à ses souvenirs ;

Elle leur envoie, délicatement enveloppés, un faisan truffé ou un buisson d'écre visses, ou des boîtes de fruits secs ;

Plus l'adresse de ses beaux-frères, monsieur Poroerel, confiseur, et monsieur Beauvais, marchand de bois.

Tous les journalistes n'ont pas un coupé et deux chevaux ; il faut plaindre ceux moins riches et plus mo-

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«lestes qui se trouvent réduits au mince revenu d'un feuilleton presque honorifique :

Les ouvreuses sont sans pitié,

Sans pitié les contrôleurs,

Sans pitié les garçons de théâtre,

Et le porteur du journal :

Ces loups affamés déchirent à belles dents les mailles de sa bourse.

Imagine-t-on à présent les douleurs d'un entrepreneur de spectacle, traqué par les machinistes, les garçons de bureau, les coiffeurs, les costumiers et les cinquante portiers de l'administration !

La solennité du jour de Tan est au moins une corvée assommante, quand elle n*est pas une corvée ruineuse.

Le souverain lui-même n'y échappe pas.

Cette interminable réception de ministres, de fonctionnaireç, de magistrats, d'officiers militaires et civils, est une dés cjj^arges les plus fatigantes de la puissance suprême.

11 faut être surhumainement constitué pour passer sans vertiges une si longue revue.

Pour échanger tant de félicitations :

Il faut être soutenu par les ressorts de cette vie factice que donnent les nécessités et les émotions du pouvoir.

Quant aux sérénades à triples carillon qui ébranlent la cour des Tuileries, c'est une affaire de liste civile.

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Lis musiques de la garnison ne tiennent pas plus à être écif3Uiéts que rorcfaestre du Tliéàtre-Fimiçaîs; mais leurs galantes symphonies doiTent être payées.

Cinq coïts francs sont aDoués à diaque musique.

n me reste à parler d'un dernier impôt dont la perception m'amuse, me Tenge et me dilate parce qu'il ne m'atteint pas, et se prélève au contraire sur mes perse* cuteurs.

Pendant deux jours vous avez rencontré des tambours de la garde nationale cruellement avinés, des musiciens, des grosses caisses, des chapeaux chinois, courant à la débandade.

BéjouissoDs-nous I

Ils venaient d'assourdir et de rançonnernos très-honorables colonels, cliefs de bataillon, officiers et sergentsmajors de la garde nationale, tous ceux qui nousenvoient au conseil de discipline et à la cellule. Q y a donc une justice !

Terminons par une bonne action :

H y a une classe que nous devons désabuser d'une erreur, celle des gens qui trottinent toute une journée pour aller écrire leurs noms chez des ministres et des fonctionnaires, et qui espèrent attirer sur leur nom l'attention de ces hauts protecteurs.

Qu'ils le sachent : il est expressément recommandé à

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tous les suisses, concierges et garçons de bureau de toutes les administrations

De faire des bonnets d'âne à leurs enfants avec les listes nombreuses où tous ces noms sont vainement inscrits.

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