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[II
Regardez autour de vous, et si vous avez quelque courage, en vous-même. Connaissez-vous un homme sur mille, connaissez-vous une femme sur cent qui soit digne d'élever un enfant, même de l'élever mal? Je ne songe pas à douter que l’immense majorité des parents idolâtrent leurs enfants. Mais il ne s'agit pas de les ido- Btrer, il s'agit de les comprendre. Et c’est seulement en les comprenant qu'on apprend à les aimer, non pas dans l'intérêt sentimental de celui qui les aime, mais dans leur intérêt à eux. Non. Les enfants n'ont pas « besoin de leurs parents » qui parfois les martyrisent par haine, ou, beaucoup plus souvent, je le reconnais, les pourrissent par amour. Îls ont besoin de médecins et d'infirmières passionnés de leur tâche qui soignent leurs maux, d'éducateurs, d'éducatrices passionnés de leur tâche qui ouvrent leurs cœurs. [ls ont besoin d’étrangers qui les aiment pour eux-mêmes et qui possèdent la science positive et désintéressée du développement rationnel des cerveaux et des corps. Dans létat actuel des âmes, la qualité spirituelle des enfants fait plus de progrès dans les familles où le drame ouvre en eux des sources neuves, que dans celles où l'union des intérêts bas les ensevelit sous son suaire.
Vous verrez de « bons pères de famille » — j'écris le mot sans conviction, mais sans ironie vous dire avec un honnête regard qu'ils prétendent, en combattant la « révolution », et par « révolution » j'imagine : qu'ils entendent le renversement des valeurs économiques, politiques, religieuses, mais je n’en suis pas très sûr — défendre leurs propres enfants. Voire. Ge n’est pas en les écrasant d’une cuirasse d'idées mortes qu'on