‹ Regards sur la terre promiseChapitre 111 sur 121 · NT BU AUTRE · texte numérisé non relu

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nue et les intérêts matériels avaient plongé le monde, montraient un aveuglement analogue à celui des plus purs d’entre ceux qui s'imaginent que la poésie introduite par la science dans les âmes ne peut pas rafraichir, accroître, rendre plus efhicace, plus généreux, plus complexe, plus varié dans leurs apparences, ce même principe et ses applications. Il est vain de nier la grandeur symbolique de la Trinité, de l'Eucharistie, de la mort d’un Dieu sur la croix pour sauver les hommes, de l'immense ouverture des âmes sur les àmes dont ce ‘poème a élargi notre vieux cœur. Mais il est aussi vain de nier le réconfort que peut apporter à ce cœur de nouveau inquiet la certitude que l'esprit humain s'est élevé de forme en forme des plus humbles mouvements de la vie organique tressaillant dans les marécages jusqu'à confondre son rythme avec celui de la marée des astres, à réunir dans sa substance ce tumulte ordonné à l’invisible danse des atomes, à percevoir, dans le moment où elle expire, le souffle d'une poitrine aux antipodes, à associer dans son action chaque jour plus une et créatrice l’espace, le nombre et le temps. Relatif ? diront les soi-disant mystiques. Soit. Le soleil nest plus fixe, il tourne autour de son soleil et ainsi de suite peut-être d'étoile en étoile, jusque nous ne savons où. Mais c’est déjà tendre vers l'absolu que d’objectiver ce relatif, Et qui nous dit que notre absolu Dieu n’est pas un relatif de même essence? Qui nous dit qu'arrivés

quelque jour en face de lui, après l'avoir poursuivi

d'âme en âme, nous ne le trouverons pas autre que ce.

que nous pensions qu'il fût, peut-être une force incons-

ciente qui se confond avec ce centre et dont l'esprit

n’est que le plus sublime des reflets ? La mystique est un devenir, peut-être un doute lyrique. L'essentiel est de l’éprouver. L'essentiel est de ressentir cette ivresse lucide qui nous fait trouver en chaque objet, en cha-

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que geste, l’action de l'unité intérieure dont il est le ef signe, et de ne plus envisager les faits — ou si vous le

voulez les « apparences » — qu'en fonction de l’universel. Misère des affirmateurs ou des négateurs éternels à qui le courage de vivre et de mourir manque, et dont la bonne volonté est conditionnée par l'existence d’une forme extérieure à eux-mêmes que Dieu ne veut plus habiter! L'esprit du Christ — et celui du Bouddha, sans doute — ont victorieusement traversé leurs incarnations successives afin de nous préparer des demeures plus habitables pour nous.

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