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en eux, pour Îles nourrir, avec une si substantielle richesse, que leurs réactions spirituelles n’ont plus à connaître leur source. Nous tirons d’elle des conséquences quil n'avait pas prévues, et qu'il ne pouvait prévoir. Elle est semblable à Don Quichotte qui ne cessera pas, jusqu'à la fin des temps, de hanter nos chemins. Comme notre cher chevalier, elle à marché si loin qu’elle à laissé son père derrière lui. S'il revenait, il ne la reconnaîtrait plus. Pas plus qu’un père selon la chair ne reconnaîtrait son fils, comme il était en bas-âge, en tel génie héroïque qu'il renierait presque toujours, n'ayant pas « voulu cela ». Supposez John Shakespeare, alderman de Stratford, redescendant en ce monde et emporté dans la Tempête déchaînée par son petit William. Bien souvent déjà, j'imagine, nous avons tiré des idées de Gobineau, et de quelques autres, des conséquences contraires à ses propres conclusions. Souvenez-vous de son désespoir devant l’écroulement du monde. C'est qu'il n'envisageait ses destinées qu'en fonction dé sa vieille aristocratie blanche, et non des mélanges de sang dont il avait lui-même découvert les sources, mais devant qui 1l refusait de voir la flamme qui vacillait à la surface toujours montante et fermentante du drame spirituel qu'entretenaient ces mélanges. Il n'avait pas vu, par exemple, 1} ne pouvait même pas pressentir l’avènement du machinisme chargé, je pense, par une opération automatique, de recréer le rythme bumain dont lui-même avait dénoncé la ruine, et de faire rebondir notre vieux cœur vers des destinées sans cesse élargies.
La profondeur de ses idées le conduisait à s’épouvanter d'elles. L’abîme s'ouvrait sous ses pas. Après avoir reconnu, dénoncé, maudit le plus souvent, parfois exalté comme malgré lui l'esprit positif de l’homme jaune, le lyrisme de l’homme noir, il en avait aperçu les plus
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prochaines conséquences, Je veux dire l'anéantissement militaires d'ordre et de commande-
des aristocraties surgir le double règne
ment, Mais il n’en avait pu voir de l'intelligence et de la sensibilité capables de révéler, justement en s'alhant aux troduits dans l'esprit par le guerrier tations nouvelles, et même, on peut nouvelle mystique. Îl n'avait pas aperçu, il n'avait pu apercevoir l'ajustement graduel de Fame humaine à la science empirique d'abord, puis pure, puis technique, puis spéculative, pour affleurer au niveau sans cesse déplacé, mais de plus en plus dessiné dans ses contours, d’une cosmogonie el d’une métaphysique inédites qui trouvent dans la géométrie, la mécanique, la physique et la biologie universellement vraies la consolation d'un cœur bien autrement avide d'unité que d’éternité. « Le royaume de Dieu est en n°88 Il est dans l'harmonie intérieure conquise sur la terre mème. Gobineau reste chrétien par sensibilité native, el cathohque par tempérament aristocratique, sans paraître se souvenir que le christianisme a jailli de la révolte des esclaves, et il reproche aux métèques de détruire la civilisation chrétienne en oubliant que les métèques l'avaient justement fondée. Mais il n'aperçoit pas, et il ne peut encore libération de la foi, de l'espérance et de la charité par l'accord de l'intelligence avec la loi mathématique à quoi Punivers obéit, et par conséquent aussi âme humaine. Il ne peut pas encore S€ douter qu'il ferme la trilogie rendue possible par Montaigne, préfacée par Spinoza, et dont les deux premiers actes furent écrits l'un par Newton, le second par Lamarck, dont Michelet disait qu « | rétablit de forme en forme la circulation de l'esprit ». Ce que Lamarck 2 fait pour Gobineau l’a fait pour les races.
ant leurs fonctions respec-
impératiis ordonnateurs inblanc, des orienle supposer, une
apercevoir la
les espèces vivantes, humaines même. En dénonc
tives, et par là leurs rapports, il a rétabli entre elles « la circulation de l'esprit ». S'il ne l’a pas voulu, comme Lamarck, si même, par surcroît, effrayé de son œuvre, ila tenté de retenir le flot qui brisait les cloisons dont il avait auparavant fixé la nature et déploré la fragilité, c'est lui qui l’a déchaîné tout de même. S; l'humanité échappe un jour — bientôt peut-être — à l'anarchie par le sentiment de sa solidarité économique, puis organique, puis spirituelle, c’est pour une grande part à lui qu’elle le devra,
C'est si vrai que les caractères des races, analysés par lui et ramenés par lui aux directions premières de l'esprit, ont pris désormais pour nous un sens symbolique unanime, comme pour spiritualiser son panthéisme originel. Il a créé la liaison entre Jésus, fantôme probablement imaginaire, mais cependant réel qui, sans tenir aucun compte des races, a cherché en elles l’humain, et Nietzsche qui nous démontre qu'une recréation du monde intérieur est toujours possible, quelle que soit sa déchéance actuelle, en modifiant ou même en renversant de fond en comble ses valeurs. La volonté de puissance, si évidente en Jésus même, peut se transporter aisément d’une race élue dans une agglomération d'hommes groupés autour d'intérêts nouveaux, et réaliser, par là même, une forme de civilisation auss: haute dans une multitude organisée en vue de ses impératifs économiques et instinctifs que dans l'oligarchie la plus consciente de ses devoirs. Un siècle ou deux, la
volonté de puissance a soutenu l’idée de nation, après
celles de théocratie, puis d’autocratie unificatrices. Elle peut soutenir de même n’importe quelle idée de groupement, à condition que ce groupement soit en accord profond, et pour ainsi dire tacite avec l’évolution substantielle des parties les plus vivantes de l'humanité. Ainsi, à travers les apparences formelles des sociétés et