‹ Regards sur la terre promiseChapitre 15 sur 121 · LA À 8 LES · texte numérisé non relu

LA À 8 LES

limitation des architectures syriaque, romane, byzantine, n'a abouti qu'à ép: aissir les ténébres autour de leur âme. Chez les Français, elle a arraché à la terre les grandes nefs et fait ruisseler sur elles le grouillement des métiers et des pampres. Les Allemands n'ont inventé n1 la plupart des organes de lorchestre, ni le contre-point, et ce sont les Allemands qui ont découvert, dans le contre-point et l’orchestre, les ressources inépuisables du poème musical. L'Angleterre celtonormande a tiré des harpes irlandaises l'épopée lyrique qui, de Shakespeare à Bvron, a lancé ses hommes de mer, Ses marchands, ses missionnaires à la conquête brutale de trois continents. Les Arabes n'eussent point inventé l'algèbre sans f'arithmétique de Pvthagore et la géométrie d'Euclide. L'orgie spirituelle de la sculpture See ou khmer, ou javanaise, les processions monumentales de la sculpture chinoise n'auraient pas humanisé la forêt vierge ou peuplé le désert si la petite armée d'Alexandre n'avait porté dans ses fourgons, au delà de lfndus, quelques statuettes peintes où vivait l'association subtile et raisonnable d’un idéalisme accessible et d’une observation directe. L'Asie, quand elle regarde vers l’Europe, se trouve en présence d’une technique, et non d’une figure spirituelle inconnue, nous ne devons pas l'oublier. Où fé technique européenne échouera en Asie, parce que l'Asie ne sera pas, ou ne sera plus moralement assez forte pour en faire de l'Aste, où l'Asie sera restée ou redevenue moralement assez forte pour en faire de l'Asie. Tout le reste est verbiage. Il y a bien, il est vrai, une troisième hypothèse, c'est que l'Asie, volontairement, repousse en fin de compte cette technique, refuse de s’en servir. Cette hypothèse

dns ST 1 ass e 7 ILE

PRO ee RE ge, ar Ne =

Re mr

PONT Era EP gone nr eee rt Er er een nt ra An qu A *

ne tient pas. D'abord parce que son avant-garde à qui

le Japon — le peuple le moins Casiatique » de tous les peuples de lAs: a frayé la route, voit déjà dans

TRES 0 mnreet et

Un. À ue »- han id és NÉS Si RSS Sd

nr

à PQ nn A ie PT PS ET ‘

arte b rente rruss MAS pe armee € nant pere ane man rare ae DRAC ECC EEE

; EEE

cette technique une arme qu'elle peut retourner contre l'Occident. Ensuite parce qu’en tant qu'Asie, je le répète, elle est mieux préparée que nous à saisir, dans le foisonnement des miracles scientifiques que sa philosophie immémoriale avait pressentis avant nous, une nouvelle image intérieure de Dieu qui la rendrait à elle-même et par laquelle elle agirait sur nous plus puissamment que nous n'avons agi sur elle avec nos cuirassés et nos moteurs. :

Comime tout être vivant, l'Asie tient d’abord à vivre. Et pour vivre à s’assimiler non pas, comme le croit l'Europe, « la civilisation », mais la technique occidentale. Et cela lui sera, pour peu que les moyens’ maté-

riels s'y prêtent — l'Europe, poussée par des nécessités économiques, ne peut pas les lui refuser — d’une facilité

extrème. Il faut donc s'attendre non pas à ce que l'adoption de la technique européenne par l'Asie entraîne l'Asie dans les voies de la spiritualité occidentale, mais à ce que l'Asie fasse servir la technique européenne à des fins utiles au triomphe de sa propre spiritualité. Seul, un métissage profond entre l'Europe et l'Asie pourrait changer les termes du problème, et la masse énorme de l’Asie la préserve évidemment, pour quelques millénaires au moins, de ce métissage-là, dont les conséquences psychologiques seraient peut-être un désastre pour les deux. Mais ceci est une autre histoire. Les miracles contemporains ont rendu bien plus imminente qu'on ne se l’imaginait il y a vingt ans la confrontation spirituelle intime de l’Europe et de l’Asie. S'il n'y avait ni l’économie, ni l’ethnicité antagonistes, l'accord de-

viendrait possible, et justement sur le terrain que ces

miracles ont ouvert. Mais il y a l'économie et ses appétits implacables, l’ethnicité et ses rythmes impératifs. Voit-on l’abandon gracieux par trois cents millions d'êtres humains du régime des castes qui tient précisément à

tement mA. te. te HO MEETMES Os Mb RS ” ré L Ÿ RE me pese nt RQ En ut it” A D EE De, ne 0 - e CES a art

re

leur métaphysique séculaire, en faveur du régime démocratique imposé à trois cents millions d'êtres humains par leur rationalisme invétéré, ou réciproquement? En vérité, la) candeur de l’Europe me paraît digne d’être admirée. Ici, tout est autonomie individuelle et désir

d'égalité sociale, là tout hiérarchie sociale et organisme

universel. Chacun de ces systèmes a donné des résultats grandioses, ici dans l'intelligence du monde, là dans son agencement pratique. Qu'advtendra-t-il de leur confrontation ?

Je n'en sais rien, personne n'en sait rien. Certains événements ont pu faire croire qu'il existait une « cons-

Cience universelle » — ce qui n’est point du tout la même chose qu'un système nerveux commun — mais je

doute que les Asiatiques, pour les raisons plus haut citées, les aient accueillis avec le même enthousiasme que l'Europe et l'Amérique. Et puis, on sait que ces mouvements unanimes s'évanouissent aussi vite qu'ils se sont levés dans les cœurs D'ailleurs, qui dite cons- Ccience » ne dit pas forcément conscience morale, et Je crois en effet que la conscience intellectuelle est prête à Jouer, chez l’Asiatique, un rôle qu'on soupçonne à peine chez nous. Pour le sage de toujours, il s'agit de comprendre, et le sens primitif du mot conscience, € sentiment de soi-même, dit Littré, qui nous permet de juger de notre existence », est singulièrement

éloigné de celui qu’on lui prète de nos Jours en général.

Pour que la conquête par l’homme de la « conscience universelle », c’est-à-dire de la solidarité qui l'unit un peu plus chaque jour à tous les hommes sur la terre, l'entraînât fatalement à y faire régner pour toujours la paix, l'égalité, la justice, la probité, le droit, il faudrait que le moraliste parvint d'abord à démontrer que le règne définitif de la paix, de l'égalité, de la justice, de: la probité, du droit, est nécessaire pour affermir et accroître

RE Me | . % fi ET ere AT TE Re | tr: ; è 2: AS ARE 2 ds A Œ ee LÉ MIE RE pe UT EN OE ND SES EUR. SRE RE VENTE <pRT » Hl TN EE TT ? + 4 " | =, = [= re 2 "

OO

‘ F pale = D ap) Poe 4 Pere me ere oh D 9 ETS eee mg ep PAT

<E ee > nm =. rs shammndtèes .

le sens de cette solidarité. Or, ni l'histoire, ni la Psychologie, ni la biologie, ni peut-être même la morale ne me semblent disposées à en convenir. Ce qui nous donne le désir de la paix, de l'égalité, de la justice, de la probité, du droit, c’est la guerre, l'inégalité, liniquité, la ruse, la force, qui jouent par là un rôle nécessaire dans l'énergie morale grâceà laquelle l'Occident à pu créer avec de la guerre, de l'inégalité, de l’iniquité, de la ruse et de la forcé, un furieux élan des foules vers des forteresses idéales dont le mirage entretenait et enthousiasmait leur effort.

Que se passe-t-il donc dans un organisme supérieur dont le système nerveux emprunte sa perfection à Ja dépendance réciproque étroite, et prête à jouer à la moindre excitation, de tous ses éléments constitutifs ? Des sensations instantanées, transmuées aussitôt en sentiments instantanés, qui se traduisent parfois en repliement dans la méditation sur l'acte à accomplir, le plus Souvent en impulsion que l’acte suit. Repliement ou impulsion qui portent l'être à agir tantôt dans son intérêt, tantôt contre son intérêt — réel ou apparent d’ailleurs, et dont il est difficile, longtemps après que l'acte a été accompli, de dire si l’abstention eût été préférable, l'être tendant à profiter de toute direction qu'il prend, même quand elle passe pour mauvaise. Pourquoi le perfectionnement du système nerveux du monde n’entraînerait-1l pas des conséquences identiques? Ce monde-là ne Sera Jamais sûr que, l'avertissement recu, c’est limpulsion ou le repliement sur lui-même qu'il conviendra toujours de suivre, même après qu'il l’aura cent fois expérimenté. Un système nerveux perfectionné favorise aussi bien, par la rapidité de ses réflexes, le déséquilibre de l'organisme que son équilibre, et rien ne nous autorise à dire qu’un déséquilibre momentané ne puisse être favorable à un équilibre ultérieur. La moindre lé-

mn D ne RO. nes. RS pt

=. SE tn pe bo Re

en te mm grue nd

we. 4/ SDS es HET Vi . ; e "74 $ ana * ERRET: ne É" LES VS "4 € 7. “ : i LES. PA 213 IY: ‘ : à y: 4 QUE : à + arr T's # st 0% TE à pi L s . : er ' . À & : ". ? …. ; » 2. : OU, # ? - — ER Ni L s P p-. SA \3 , 2 Le > rUa 7 EC 2 LIRE LR rar ke 4 17e + ! -k 4 1 ce “pal (0 je de 28h + RO T "1, p4 - ns à Ÿ s ‘1 E ce , % Ent *} . set 2 a M TA 2 , 42 À à DTA 2 6 3 Ha VE ù +4 4 5 : RUN CR ST À Se 58 ‘S à Tes fs d . À } F4 , 4 Se js. + d ‘ 1 + 1] { 1 Ci « ’ . * * +? “ à W 04] F all hd # £ Ces DE. Faite d Krre di Ts # nd ÿ L vi * NEPPITS A" à o TIR F7 Sd) Ci Mr Sel É: . AR RC Ce. De dorer prie Le REC ER Péode sm. » LA à he LIT £ A 2e | ak, CET NS: < 7 + À - * A 1) k RATE) IQ e ; NET \ , 4 ? 3 LE ! < , 1 2 - " Là 24 QU À LV — Pres ” , pr nt . % “ s À. sw ” mu ” “ - 7 AE 4 ras + rs SU EP GRO Ar ME Men % dr Er LEA RP OST LL RAA BI RS A ENT D DES Bo er 25 NÉ TION 4 y LOT er s = 2 ! : ù A à 2 Êe “ Lg a SEA ES 2 à Er ES TÉe RL. + Nes ESA TE NTAL ES VA CPR D MER Ô SLR OA D ON ET RER LE AE RE OT , AU Pe tre Eve ON ESS à PT A A ‘ E PT D PO ER Re PE IT DEC RD TRUE DUREE EME À OMR TANT TRE AT LT 4 à ÉCAD TASER RATE OP ANT UE SLT | IN LE NES ARTE D EE OA AS Cr SE en MAS A0 A MALTE , Car (RTE LE Net MANS URUE ES fe pe At MPUCt 2 ; Vs hr URSS: de il 28 Ge 4 - ! qu ET A è SA 124 ÉTAT I NY eu LES + NL TENTE 12 MTS di : è PEN VC EE EE « F, | 2 F7 É 44} 4 ‘ k 1 > L # J à A : \ à £ ; 4 Ê Fat Û Nr Le % L à | ele Hg x €

* on me TER «es v td 4 » L TARDE.

23 tt sn. .

Pas mt ee £ s nd ire md

ps

pd pierre he Si ee N

Page 1