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sion, voire le moindre trouble fonctionnel d’un appareil quelconque, retentit d'autant plus profondément et unanimement dans un organisme que celui-ci est plus parfait. Tous les nerveux suprasensibles connaissent ces chocs — légers, insignifiants ou même nuls pour d’autres — qui les emplissent, en une seconde, soit de désespoir et de malaise, soit d'enthousiasme et de bien-être, et qui éxercent sur eux une influence ou durable ou passagère suivant les circonstances qui les accompagnent et celles qui se présentent après eux. Le système nerveux porte partout aussi bien les avertissements salutaires que les suggestions dangereuses et les inexorables impulsions. Je sais bien que l’éducation morale, dans les « consciences » supérieures, peut parvenir très lentement à supprimer, du moins à modérer ces impulsions. Mais puisque l'éducation intellectuelle apprend à l'individu supérieur que léducation mprale a pu souvent supprimer ou modérer des impulsions qui, obéies, eussent été tout de suite utiles ou lointainement glorieuses à sa destinée, pourquoi n'’agirait-elle pas d’une manière analogue dans l'organisme collectif? C'est ici que le rationalisme sentimental et individualiste de lOccident, répandu sur toute la terre par les miracles techniques qu'il a si vite accomplis, prend une signification tragique en s'y heurtant, par toutes ses surfaces et dans tous les domaines, à l'intelligence cosmique de l'Orient. C'est ici que Dionysos lutte à armes égales avec Apollon, plus méthodique que lui, certes, mais peut-être, contrairement à l'opinion courante, moins intelligent. | Nous voici donc acculés de nouveau au problème de la violence. De son assimilation à une rupture de l’équilibre nerveux collectif, on concluera que, de mon propre aveu, la guérre est une maladie. Certainement. Mais je l'avoue, je n'ai point la notion — ou plutôt je l'ai
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