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sauf quand elle-même avait faim. Sans compter lautre +
Instinct, plus impérieux que la faim même, l'instinct sexuel devenu instinct d'expansion quand il remue les multitudes, instinct joveux et farouche qui envahit pour envahir. Si la conscience, parfois, à tenu compte du sexe, Cest pour élever ses exigences à Ja hauteur d’une religion ou d'une doctrine qui place sur ses appétits de domination et de conquête le masque de la vertu.
Là est la légitimité du drame dont la Société des na: uons après l'avoir utilisé pour la richesse et la grandeur de ses membres. prétend interdire aux autres de connaître les redoutables voluptés. Tout organisme en croissance tend à dépasser ses frontières, Car la sensation de croissance mélée aux tortures de l'appétit et du désir impose à celui qui l’éprouve le sentiment irrésistible qu'il n’est pas d'obstacles entre cette possession totale et la puissance qu'il se sent. Tous les grands peuples, tour à tour, ont éprouvé cette ivresse terrible,
qui interdit à ceux qui dorment de glisser du sommeil
dans la mort. La « grande illusion » n’est pas de croire que « la guerre paie », c’est de croire qu'on fait — ou qu'on faisait — la guerre parce qu'elle paie (*). La guerre a été l'un,.des jeux les plus désintéressés de l'homme. L'intérêt qu'il invoque à voix basse pour la justifier, l'idéal qu'il proclame à voix haute pour la glorifier, tout est prétexte miséräble. Pique-assictte et filles à part, on ne mange pas, on ne fait pas l'amour pour en tirer un bénéfice monnavable, mais bien un bénéfice biologique qui ehemine obscurément dans la profondeur des tissus, les interpénètre, les fouaille, les noue et les tord dans le drame pour éclater dans le futur selon des actes nouveaux et sous des formes nouvelles que nul n'a Jamais su prévoir. Quand on discute sur Ja guerre, il faut se garder d’oublier qu’elle fut jadis un phénomène analogue à celui-là. Celtes, Hellènes, Romains,
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Germains, Slaves, Arabes, Mongols, Espagnols, Fran- Ççais, Anglais, se sont jetés tour à tour dans l'aventure pour quelque création mystique dont ils sont morts quelquefois,mais qui a répandu parmi les peuples de la terre le vent salubre où vole, par surcroît, la poussière des fleurs.
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Cependant, 1! convient de dissiper ici une équivoque. Le mot € ynpérialisme » notamment sv prête, parce qu'on l’applique de nos jours à une forme de domination qui paraît achever sa tâche historique et que les intérêts qu'il représente ont cessé d’être communs aux vastes groupements au nom desquels il dit, croit, ou prétend agir. Ce que nous prenons, en Europe occidentale, pour l'agonie de l'impérialisme et ce pourquoi nous condamnons l’aspect que nous lui voyons, c'est l’agonie de ce que nous appelons aussi « l’ordre », par suite d’une illusion que je qualifierai de policière, lagonie d’un groupe social qui a perdu ses fondements économiques et par conséquent spirituels. C'est la survivance en nos habitudes, notre éducation, la vanité des souvenirs de notre histoire, d’un instinct de domination qui eut son heure de légitimité mais que d’autres plus neufs, plus adaptés aux circonstances, plus ardents à vivre débordent. Des formes nouvelles d’impérialisme, très probablement destinées à renoncer un jour à la guerre sanglante par crainte des risques atroces qu’elle comporte désormais paraissent sur le point de naître, sans que rien d’ailleurs ne permette aux peuples qui ont usé d'elle pour s'assurer les biens qu'ils prétendent conserver, de leur en interdire l'usage. Quels que soient les noms dont on désigne l'impérialisme américain,
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l'impérialisme japonais, où même l'impérialisme russe qu s'ignore encore, comme un enfant vigoureux ignore sa force et ses appétits de croissance, ils constituent des faits en présence desquels le pacifisme armé et Jjuridique d'une Europe occidentale saoule de viandes et de sans prend un caractère d'autant plus comique qu'il persiste à couvrir du mot de « civilisation » une forme d'association entre des intérêts qui ont cessé d’être organiques pour s’ossifier en quelques tissus malades nourris par le travail forcé de tous les autres tissus.
Tout arbre qui croît est nécessairement impérialiste. Je ne méconnais pas, j'admire même la dialectique puissante d’un Lénine démontrant l’évolution irrésistible vers l’impérialisme, de la société capitaliste parvenue à Son apogée et cherchant à dissimuler et à retarder son déclin en ouvrant les sources de la guerre, Mais les origines de l'impérialisme actuel ne doivent pas masquer les conditions de l'impérialisme de toujours. Le mot est nouveau, non la chose. L’impérialisme romain fut une chose. L'impérialisme catholique ‘de Charles-Quint et de Philippe IT une autre chose. Une autre chose encore l'impérialisme monarchique de Louis XIV. Une autre chose enfin l’'impérialisme démocratique de Napoléon. Et il serait aisé de démontrer les origines économiques, et donc biologiques de ces choses qui ne furent, à ma connaissance, désignées par aucun mot avant que celui d’impérialisme apparût. S'il nous était permis de plonger dans l'avenir des hommes un regard un peu insistant, jurerions-nous qu'en admettant l'apparition d’un monde politiquement unifié par la suppression des frontières — que tout être sensé ne peut que souhaiter parce qu'elles compriment entre des tissus sclérosés les nouveaux organes vivants de la technique et de l’économique — on ne verrait pas naître un jour ou l’autre de ce monde l'impérialisme
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professionnel d'un organe de production devenu assez puissant pour envahir, par impulsion vitale, tous les organes voisins ? Que signifie le mot «€ impérialisme » ? Exactement ce que les partis politiques ont exigé qu'il signifiàt. Mais rien de ce qu'il représente étymologiquement. Il n'y a pas un impérialisme. Il y a des impérialismes, qui sont des signes intérieurs, et auxquels il convient de réserver, suivant ce qu'indiquent ces signes, la confiance qu'inspire le phénomène vivant destiné à vaincre une habitude qui, en matière sociale ou intellectuelle ne veut plus, ou plutôt ne peut plus imaginer. Je crains que vous ne parliez de ce symptôme fonctionnel, même quand vous le combattez, comme d'un objet qu'on peut, à sa guise, prendre ou abandonner dans quelque tiroir. Je crains que vous ne vous enfermiez, pour le juger, dans les cadres vermoulus des hiérarchies politiques ‘et des formes nationales ou sociales consacrées, mais agonisantes. N'a-t-on pas vu, jadis, un autocrate — Ie Tsar — prendre la tête du mouvement pacifiste pour protéger, comme la Société des Nations actuelle, contre les mouvements révolutionnaires qu'il sentait devoir sortir de la guerre, une forme d'association et de commandement désuète ? Ne voit-on pas l'Etat prolétarien qui lui succède prendre d’abord dans le monde moderne la tête d’un mouvement contraire, destiné à favoriser la naissance, par des révolutions sanglantes s’il le faut, de formes d’association qui prétendent. vivre à leur tour, puis paraître sentir en Jui un peu plus tard l'éveil d’une réalité organique qui l'incline à remettre au lendemain ses pré- OCCupations universalistes pour affirmer auparavant Îles droits et les besoins de cette réalité ? Son entrée dans la Société des Nations signifie-t-elle autre chose ? Non seulement je ne méconnais pas l'immense événement que consacrent ce second, ni ce troisième acte,
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