‹ Regards sur la terre promiseChapitre 35 sur 121 · TS ES · texte numérisé non relu

TS ES

M de

dignité. Un ami me disait un jour que l'Américain était supérieur à l’'Américaine, la Russe supérieure au Russe, et qu'on pourrait considérer comme le plus beau spécimen de femme et d'homme la femme russe et l'homme américain, Je n'irai pas jusque-là. Mais ne peut-on regarder la femme russe comme le prototype de l'homme russe, ce qui est flatteur pour elle, et l’homme améri- ‘ain comme le prototype de la femme américaine, ce qui est flatteur pour lui ?

Il y a beau temps qu'on a classé, ou tenté de classer les peuples en peuples mâles et femelles d'après la prédominance de leurs principales vertus. Les peuples du nord constituaient généralement, pour les partisans du système, la première catégorie. Les peuples du sud la seconde, et ils comptaient la France parmi eux. Ces classifications trop schématiques- répondent à quelques traits psychologiques exacts, maiselles sémblent devoir être attentivement révisées. Les vertus dominantes de la France, par exemple, méthode, raison, besoin constant d'envisager les idées sous un aspect architectural ne sont-elles pas vertus essentiellement masculines ? Et celles d'un peuple prétendu mâle, l'Allemagne, toutes panthéistes, musicales, sentimentales, en communion sensuelle constante avec la vie universelle, ne sont-elles pas vertus essentiellement féminines? Le sombre Espagnol, si fermé, si dur, dont la sauvage énergie spirifuelle n’a sans doute pas d'égale au monde, ne définit-1l pas un peuple dont la virilité est le caractère principal ? Peut-être, ici encore, faut-il envisager tout organisme national comme un être à deux tendances, l’une d’instinct, l’autre de réflexion, représentées respectivement par la femme et par l’homme, mais dont celle qui tend à rompre trop violemment l'équilibre trouve dans l'autre sexe un correctif puissant ? Ainsi l’Italienne semblet-elle destinée, par la passion lucide, altière, unilaté-

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