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qu'il a déclaré empestées, les jugeant d'une conquête trop ardue, pour s’annexer hardiment des carrières de silex et quelques carrés de radis qu’il qualifie d’empire, et exploiter les superbes ressources de ses domaines anciens qu'on s’imaginait épuisés depuis longtemps. L'Université, qui était devenue « révolutionnaire » en suivant avec candeur la pente rationaliste qui la conduisait à admettre et même à prôner « le progrès » s’est, faite à son insu € réactionnaire » — ou du moins a armé l'instinct réactionnaire — quañd la révolution scientifique, dont les conséquences ont menacé la quiétude de son esprit, la contrainte d'utiliser à d’autres fins ce rationalisme dont elle vit encore, parce qu'il reste et restera toujours un bon abri contre toute philosophie en genèse qui repousse parfois le rationalisme par raison. Je reconnais là cette peur d'imaginer qui lui avait fait de mon temps une si mauvaise presse et dont on trouverait dans Rabelais, Montaigne, Pascal même, les dénonciateurs. J'y reconnais aussi son souci de la perfection dans un sens unilatéral qui a ruiné le classicisme et abattu du même coup l’absolutisme monarchique. Je reconnais cette garde jalouse qu'elle a toujours montée aux avenues de la conscience classique pour la protéger des influences étrangères, y accorder au comptegoutte le droit de cité à des écrivains — Stendhal, Balzac (?), Baudelaire, Verlaine — dès qu'ils ne lui font plus peur, en chasser d’autres, la ramener sur des positions stables, élever autour d'elle un rempart politique et confessionnel qui linstalle dans la défensive, malgré la brutalité et la violerice des coups qu'elle sait porter. Détestant l'aventure épique, craignant le risque intellectuel, débordés par l'ascension du monde moderne otre redoutable, ils se sont réfugiés dans les pacages du grand siècle, après avoir marqué du stigmate de « Primaire » les balbutiements ingénus
d'une nouvelle mystique dont nous voyons aujourd'hui monter l’efflorescence, autrement grandiose et beaucoup moins paisible que ledit Primaire lui-même ne se était imaginé. ;
En somme, J'Université remplit la fonction nécessaire, mais ingrate, de l'Eglise en d'autres temps. Elle tend à s'emparer de la « classe (Ô combien !) moyenne », en faisant appel aux vertus ét aux passions également moyennes, comme en faisant appel à des vertus cet à des passions de qualité il est vrai plus émouvante, l'Eglise s'emipara jadis de l’âme des pauvres gens. Ainsi attelle-t-on à des besognes nécessaires quelques générations, mais en condamne-t-on d’autres par la suite à une déviation fâcheuse de ces vertus et de ces passions. Sortis de l'ombre des écoles, comme les prêtres de l'ombre des cloîtres, les professeurs voudraient prendre la direction des esprits. Notez d’ailleurs qu'ils se la disputent entre eux avec fureur, comme les théologiens aux temps où Luther, par un jeu de bascule, suscita Loyola automatiquement, et que ce conflit fait renaître et grandir en force réelle une part de la grande et saine tradition qui justifia, dans la seconde moitié du dernier siècle, le rôle de l'Université. Dans la chaire, la tribune, la presse, et même la littérature, ellea repris quelques crins du poil de la bête et le «primaire» et son œuvre y sont parfois bien défendus. Un homme comme Jaurès, à lui seul, suffirait à réhabiliter l'éducation dont il était le fruit. Mais trop souvent, même en ceux qui suivent sa voie, règne un esprit «secondaire », une timidité hautaine — ou sarcastique — à n’admettre en philosophie comme en littérature, en sociologie comme en économique, et surtout en politique, que ce qui n'offense pas l'oreille moyenne des auditeurs — libéralisme, ordre légal, haine du « machinisme » et des attitudes [yriques, méconnaissance du profond mystère qui monte
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