‹ Regards sur la terre promiseChapitre 44 sur 121 · AE —- LY # ENT · texte numérisé non relu

AE —- LY # ENT

L Eur vhs Va Pie

CP T + de

ME

ns F FA

pt DAT

à Pa + » 70

EM qe 2

Le Ep 2 23 D.

TN dre ts ESS < 20

di:

ALT TE PAÈTS wy AL EN NC EAN | AA NM AT ERA PES 4 | RER (Lee See A DR VENT r At "E La

et même du monde prodigieux qui est. Byzantinisme organisé. Piétinement peureux sur place. [ncapacité de choisir pour l'affirmation et la décision. Haine instinctive de « l'action », à qui la « culture » s'oppose, comme si la culture n'était pas fille de l’action. Croyance ingénue que la critique, même loyale, des idées et des faits conduit à la solution des problèmes qu'ils soulèvent. L'intelligence pure, négligeant l'humain et le réel, a conduit la France à peu près entière au dernier degré de l'incompréhension.

Ainsi, par un renversement paradoxal des idées, ce sont les humanistes Hibéraux qui ont fait le lit de la monarchie et de la renaissance dogmatique en instance. Louis XIV à profité de la faveur de Descartes, on s’est annexé Pascal comme Jeanne dArc, et Corneille est devenu un type dans le genre de Déroulède. L'un de nos nouveaux magisters — Jignore son nom, Je veux ignorer tous les noms — n'a-t-1l pas découvert que le duc de Saint-Simon, pair de France, n'est plus un maître ? Un pensum au vilain garçon! J'espère bien que nous ne tarderons pas à apprendre que Stendhal a parlé avec irrévérence du collège de Besançon et qu'il sera expulsé pour ce motif de la caserne classique où il doit bien s’ennuyer. Jeux dangereux que tout cela, je vous le dis car si nous acceptons en bloc, après en avoir expulsé quelques cancres, le xvr® siècle, et quant à mor je l’accepte très volontiers, Molière risque fort de nous conduire à Voltaire, comme Pascal à Montaigne et très précisément à Baudelaire, et Racine très précisément à Stendhal. N’ai-je pas oui dire qu'un autre observateur sagace a remarqué que Dostoïewsky, ce crasseux mos-. covite, avait fait déborder le bassin de Neptune un jour qu'il y prenait un bain ?

: 0 mi pq no PP Po D 0, 79 — ne nu

Je n'ignore pas à quel ridicule je m'expose en contestant que le catholicisme, l'esprit classique et le nationalisme constituent, jusqu’à la fin des temps, le dernier mot de la sagesse lyrique. Un primaire dépourvu de toute élégance peut seul s’imaginer qu’une mystique nouvelle est possible — et souhaitable — quand on dispose de celle dont les pères de l'Eglise, saint Thomas, Descartes, Colbert et Maurice Barrès — virtuose jouant sur des thèmes glacés avec la plus complète cécité devant les thèmes qui s’ébauchent —ont fixé les «disciplines », cela pour le salut de la France, des jardins de Versailles, de l'ordre intellectuel, de l’ordre moral, de l’ordre social et des coffres-forts. J'allais oublier la raison pratique, Car tous ces contempteurs de Kant, ainsi qu'on devait s’y attendre, procèdent directement de lui — ils sont catholiques sans foi, parce que cela est rationnel et national, rationalistes sans raison, parce que céla est national et catholique, nationalistes sans racines, parce que cela est catholique et rationnel — et tout ça, remarquez-le, en toute sincérité. Un énorme malentendu, à la source duquel on tronve une mystihcation dont le machiavélisme paraît aussi candide que grossier, préside depuis quelque trente ans, mais surtout depuis la guerre, aux destinées de ce pays. Il peut seul expliquer Îes actes ahurissants d’une politique indécise, mais vigoureuse, aveugle et sourde, mais non

muette, imprévoyante, mais méthodique, mesquine, :

mais grandiose d'intentions. [l peut seul faire bénéficier d’une indulgence souriante le caractère bouffon des cérémonies officielles ou des manifestations en uniformes fantaisistes que de vieux messieurs à visage aussi décrépit que martial, suivis de nourrissons farouches,

‘ à! LUE LL PR TERRE TE

els.

ue

Era s RE

'asTeims ' , UE | : si Ë 2” 1 ‘ ‘ - dd! v 'A= E 15% 4 Fm: APE RO LEUR ‘5 MT CANIN) SIL mes FE ee a Et, S ‘ dm > CLS ER ET) SR ST € RUE À US DES VIN EUR ph 0 = CE 7 2D Tr x FE > 1006 dé: RP Lu € LA SL « J can" 5 €] D. | mn CE TU A 7e vÙ x LR Ke « Æ d x Ê

z RP ei 2 #2) '

mènent par les rues de la cité. Il peut seul excuser la misère d’une insolence intellectuelle qui puise la vanité de ses inspirations dans un passé irrévocablement défunt et une tradition exclusivement verbale avec lesquels les réalités sociales et humaines n'ont plus aucun point de contact. Il peut seul engager le sage à tolérer l'ennui que suintent certaines revues, car, prenez-y bien garde, après une éclipse apparente, que simulait assez bien cette élégance cynique dont j'ai parlé plus haut, le naturel revient au galop de sa rosse pédagogique. On me dit que, depuis la guerre, le néo-classicisme est malade, qu'un néo-romantisme s'ouvre (Parbleu! pour combien de temps ? et que de « Néos !» Seigneur ! sommes-nous: donc si dépourvus d'invention et de courage?) De plus, la grande quantité de noms à. résonnance étrangère que je trouve parmi nos professeurs

d'énergie et d'intelligence me porte à croire que nous avons assisté là à un phénomène d'imitation plutôt que

de création : chacun sait de reste qu'aujourd'hui ce sont les Levantins qui enseignent aux Français leur tradition religieuse,les Suisses qui leur enseignent leur patriotisme, les Belges qui leur enseignent leur langue, les Po-

Jonais qui leur enseignent leur peinture, Îles Yougo-

slaves qui leur enseignent leur sculpture. Croyez bien que cela ne me gêne pas, que Je ny vois aucun inconvénient, bien au contraire, la. résurrection périodique de la France ayant toujours été et restant plus que jamais conditionnée par les mélanges incessants des races et des cultures. Mais ne pensez-vous. pas que cette opération nécessite un peu plus que quelques années, un peu plus que quelques affirmations doctrinales, quelques attitudes distinguées, quelques polémiques crapuleuses, et qu'elle se fait à l'insu du métèque et non à son commandement ? |

Entendons-nous. Je viens de parler d’une attitude, et

j'ai parlé d'une mystique. C’est là que le bât les blesse. Ils prennent, ou veulent faire prendre, une attitude pour une mystique. Ou ‘alors, s'ils avouent que c'est une attitude, en quoi peut-elle bien nous intéresser ? Une mystique est de chair. Une attitude est de bois. Il est aisé dericaner du dynamisme sentimental des Primaires, qui semble niais, n'étant pas, lui non plus, une mysti-

que, mais une aspiration naïve à une mystique en -

devenir. Seulement voilà. S'il est moins niais, parce qu'il est plus réfléchi et a fait des méthodes critiques un emploi très serré et très judicieux, le statisme des 5econdaires est infiniment moins riche. I a facilement fait toucher les épaules à la divinisation de la science envisagée du point de vue de ses applications humanitaires, qui fut de mode avant l’Aftaire. Et pour cela 1l s’est cru victorieux et n’a pas aperçu le retour offensifsouterrain de l'ennemi. La science remonte à l'assaut, non plus comme autrefois en tant que purificatrice et émasculeuse des instincts, mais en tant que révélatrice d'une poésie nouvelle de la connaissance, indifférente aux fins morales et se bornant à élargir sans cesse le territoire de l'imagination. Le vieux Primaire, avec son bandeau sur les yeux, titubait certes, mais dans la bonne direction, à laquelle le Secondaire, qui voit clair et marche droit, tourne le dos. Le Secondaire est plus instruit, sans doute, et moins bête que le Primaire. Mais il est peut-être plus sot.

Empêtré dans son fatras politico-littéraire de masques et d'accessoires de théâtre, a-t-il réellement senti, s'il les a vus, les phénomènes étonnants qui ont remis en question tous nos postulats classiques, au cours de ces vingt années où il en garnissait ses magasins ? N'entrevoit-il donc pas que la double action de Ja révolution économique et du mythe scientifique en genèse doit jouer, vis-à-vis du monde chrétien qui se

Me

Page 1