‹ Regards sur la terre promiseChapitre 66 sur 121 · NET 5 AREA RER EE SEE PER QE · texte numérisé non relu

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fondir le mystère d’une régénérescence unanime, les pères de famille romains opposaient-ils à cette promiscuité répugnante l’ancienne vertu des épouses, Ainsi les aristocraties militaires opposaient-elles la simplicité et la clarté de leurs décisions sans appel aux personnages équivoques de Suburre venus de Grèce ‘et du Levant pour jeter dans l’âme des homimes le ferment des résurrections. Ainsi les philosophes au service de l'Empire opposaient-ils les grandes disciplines de la culture classique aux instincts barbares des foules faméliques dont la ruée menaçait la civilisation. De quel côté était l'esprit ?

Il semble que s’ébauchent deux écoles, parmi les détracteurs de Ja machine, l'une qui mène son attaque du dehors, l’autre du dedans. L'une qui oppose au développement du machinisme et du soi-disant « matérialisme » qu'il entraîne la mystique orientale jusqu'ici rebelle le Japon excepté — à la mécanisation universelle, et qui concentre son attention exclusive, quand ellé existe, sur la connaissance et la croissance de l’esprit. La seconde, qui cherche dans la tradition culturelle gréco-latine, comme l'avaient fait avant elle, contre le christianisme, les créateurs de cette tradition, un argument contre la barbarie apparente des monstres de métal aveugles et sourds qui occupent tous nos chemins. La réponse aux tenants de la première école est dans la machine elle-même qui est esprit, puisqu'elle est la fille du feu, premier symbole du culte de l’esprit, père de toute religion, et nous en reparlérons quand Île temps viendra de présenter l'illustration de la machine après sa défense. La réponse aux tenants de la seconde école est encore bien plus aisée, puisque son objection elle-même vient d'une méconnaissance incroyable du processus intellectuel qui a déterminé la machine, et sans lequel la machine ne serait pas. De

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la machineet de ses développements imprévus et même imprévisibles à l'apparition de la raison au milieu des drames de la cité grecque, aussi sanglants, peut-être même plus atroces que ceux que la machine a suscités, et d’où a jailli l'intelligence comme un enfant ensanglanté des flancs de sa mère, une filiation rigoureuse existe qu'il estimpossible de méconnaître sous peine de ruiner l'édifice de l'esprit gréco-romain : la technique du xxe siècle est la fille de Ia science du xix°, la science du xix° est la fille de la méthode du xvri°, la méthode, par l'intermédiaire du catholicisme aristotélicien, est la petite-fille de l’organisation administrative et Juridique sortie des luttes du Sénat et du peuple romains, et par l'intermédiaire des philosophes et théologiens levantins, alexandrins, juifs et arabes, l’arrière-petite-fille du rationalisme grec.

C'est ce qu'il faut se garder de perdre de vue quand on a constaté d'autre part que le éhristianisme a paru anéantir le monde antique qu'il ne faisait en somme que pousser aux conséquences extrêmes. de ses directions traditionnelles, comme la machine paraît anéantir le monde chrétien dont elle est, en réalité, l'instrument d’émancipation sociale inévitable, si l'amour pour les pauvres que le christianisme professe consent à favoriser leur accès aux béatitudes terrestres. Car c'est bien là l’origine, ignorée de la plupart de ses adeptes, du mouvement insurrectionnel dirigé contre la machine par les possédants. La machine unifie les fonctions, elle unifie les réflexes, elle solidarise en profondeur les produits et les échanges, elle établit la continuité de la substance même qu'ils sont chargés de nourrir. Comme les premières cammunions chrétiennes groupaient les pauvres et quelques inspirés autour du pain et du vin dans la recherche et la possession de leur personne morale, la machine, organe de relations en-

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