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lution. Nous cherchons sans lassitude un accord non seulement entre le monde et nous-même, mais entre les moyens qui s'offrent pour explorer et le monde et nousmême. Et nos plus grands moments sont précisément ceux où cet accord est obtenu.
Certes, les méthodes de la science étaient différentes au Moyen-Age ou dans l'antiquité égyptienne ou grecque, par exemple, de celles que nous utilisons aujourd'hui. Mais il ne s'ensuit pas que la science médiévale ou la science antique n'étaient pas. La mathématique existait déjà dans ses éléments fondamentaux. La construction atteignait une rigueur logique qu'elle n'a Jamais retrouvée, L'intuition, le bon sens, la tradition, la coutume agissaient là où œuvre de nos jours la méthode et l'expérience rigoureusement contrôlée. Il n'est même pas interdit de penser qu’un individu pris au hasard aux temps de Ramsès, de Périclès ou de saint Louis possédait plus de bon sens, de pratique traditionnelle, de réalisme coutumier qu’un individu pris au hasard au siècle/des deux Poincaré qui n’est pas le mathématicien. À mésure que se développe la rigueur de l'expérience et la sévérité du contrôle, les hommes paraissent chercher des refuges en ruine parce qu’ils se sentent conduits vers un ordre extérieur et intérieur nouveau qui les effraie, et que leur paresse d’ésprit leur interdit d'accepter. Cependant quelque-uns d’entre eux ne craignent pas de s’atteler à le construire.
Le drame de la Renaissance, comme le drame de la fin du monde antique, est précisément dans cette rupture de l’unité de l’âme humaine et deses moyens d’investigation. Toute l’histoire de l'Italie, ou pour nen
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prendre que l'exemple le plus impressionnant, des trois siècles les plus vivants de l’activité toscane en témoigne. Comme Duccio représente, à Sienne, l'effusion mystique d’une unité conquise par la science et l’art chrétiens ayant trouvé leur accord spirituel, Giotto représente, à Florence, l'apparition de l'intelligence critique dans l'acte de création, et la réunion, par l'arabesque linéaire, de tous les éléments formels jusqu'ici soumis aux certitudes intuitives de l'impression sentimentale. Ce désaccord d’instinct s’accentue d'œuvre en œuvre jusqu'à Vinci et Michel-Ange où le drame spirituel entre dans la conscience même et écartèle Jusqu’à la plus déchirante douleur l'unanimité des esprits. Visiblement, ils tentent de réunir les deux grands courants dont l’un s'accélère et dont l’autre se ralentit, et qui représentent respectivement la puissance naissante de la méthode d'investigation expérimentale et la puissance déclinante de l'élan mystique et sensuel. Ils réussissent ce miracle, le second surtout à mon sens. Ils réussissent par là-même à nous montrer sa possibilité indéfinie puisqu'il vivait normalement dans l'instinct des multitudes avant de se réaliser par exception dans l'intelligence des individus. Ils ne devancent pas seulement l'angoisse de Pascal qui, lui aussi, tentera de briser les barreaux de sa cage géométrique pour respirer librement l'atmosphère de l'intuition mystique et réussira à accorder, au moins dans le verbe, les deux cultures soi-disant antagonistes. Ils annoncent aussi les tendances actuelles de la science appliquée qui aboutit, par le moyen du cinématographe, à recréer un univers sensible où fusionnent tous les arts. L'unité de l'esprit s'affirme une fois de plus. Nous sommes à la veille d'une époque où l'instinct et l'intuition réabreuveront leurs racines dans la science positive, comme la science positive, aux débuts de la Renaissance, a pris sa source dans
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