‹ Regards sur la terre promiseChapitre 84 sur 121 · ER · texte numérisé non relu

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DES FORMES DE LA « LIBERTÉ » 217 drais que le mot fût pris dans son acception la plus pré- 71 L J

cise avant d'être élevé à la dignité d’un symbole aussi large qu'on le voudra. Examinez seulement, parmi les phénomènes innombrables qui dénoncent en même temps la dissolution des organismes sociaux et spirituels anciens et la cristallisation des énergies et des espérances nouvelles, la poussée des constructions hétéroclites qui envahit, depuis quelque trente ans, la banlieue parisienne, comme une marée de champignons après l'orage. Le rentier, le retraité, l'élu, le spéculateur ont brisé la higne des coteaux, souillé les sources, assassiné les bois. Ne me dites pas que chacun de ceux qui ont déposé ces ordures goûte les joies de la propriété. La voie du salut commun, n'est pas là. La propriété, depuis longtemps, s'est dépouillée de ses vertus sociales. La qualité de ces joies condamne leur descendance sans appel. Les plâtres essuvés, le désespoir recommence, et s’il ne recommence pas c’est à désespérer de Dieu et à souhaiter que nous soyons, enx, nous et Lui, balayés par sa colère.

Car ces maisons figurent notre propre déchéance. Elles tournent le dos à ds route des hommes. Elles injuriént le passant. Qui les accepte est son propreinsulteur. Quand je vois leurs habitants, en bras de chemise, causer fami- Hèrement sur leurs portes, je songe aux palais farouches de Sienne qui sont pourtant bâtis pour le combat, | mais qu’une harmonie générale réunit, dans le sens de ce l'heure, comme les fleurons serrés d’une couronne de nc. fer. Il y avait plus de fureur, mais moins de haine ici que là. La « classe moyenne » est perdue. L’architecture est le reflet le plus véridique des mœurs. Elle dénonce d’un seul coup les profondeurs du corps social. Sa chute marque mieux que n'importe quel autre symptôme la dispersion des esprits et l'isolement des cœurs. 25 Tout semble s'être passé comme si la Révolution fran:

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caise avait brisé le corporatisme — geste qui détruisit du même coup l'architecture — pour signifier aux hommes que le règne du libéralisme allait séparer à jamais les uns des autres les éléments de l’ordre ancien. Mais il faut faire attention qu'un renversement de valeurs aussi radical suppose la naissance et le regroupement automatique de valeurs nouvelles au sein du chaos. Les formesutilitaires et mobilières de l'architecture dénoncent son orientation avec une force dont trop d’habitudes souffrent pour que nous ne sentions pas oüest la voie du salut. Tous les éléments d’un ordre inédit sont présents dans les décombres. Il s’agit de les assembler par une sorte d'opération chimique dont ce que nous appelons le désir, l'imagination, la volonté sont les réactifs nécessaires, même s'ils paraissent la contrarier, à une solution que nous poursuivons en commun. Comme chez les individus, le plus profond travail de décomposition et de reconstruction morale des peuples s'effectue dans un subconscient dont l'intelligence elle-même est un instrument que je qualifierai d’irresponsable, même si l’on m’accuse d’attenter à la « liberté », crime dont je me défendrai tout à l’heure si quelque crédit m'est accordé. Le jour où l’on tiendra compte, dans l'appréciation des phénomènes historiques, de l'évolution des rapports entre les événements, on comprendra que l'action des masses organisées puisse se substituer à l'action des individus désorganisés avec la nécessité d'un processus physiologique. Brutalement rompu d'homme à homme et dans l’homme même, l'équilibre se rétablit entre les groupes homogènes et au dedans de chacun d'eux. Peu importent les retours et les accidents de la route. Je vois le même rapport entre la résurrection impérieuse de l'association des métiers et l'apparition de l'architecture industrielle qu'entre le corporatisme de la commune et l'apparition de l'architecture

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