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ogivale. La charpente de fer ou de ciment armé, les entrailles du navire, de l’automobile et de l'avion expriment symboliquement, comme jadis les nervures de pierre, la solidarité active des organismes du travail. De ce que l'individu a pullulé pendant l'ère des grandes découvertes techniques pour créer l'arsenal de conquête de l'univers, on conclut à sa primauté définitive sur le groupe, sans s’apercévoir que le groupe absorbe l'individu dans la mesure même où cet arsenal de conquête s'intègre dans le social. On ne veut pas se rendre compte que la masse colossale du machinisme universel réagit à son tour sur les individus dispersés par la tâche même qu'ils ont remplie au cours de leur règne exclusif et qu'ils s'assemblent et s’ordonnent autour de cette masse même et de ses organes profonds afin que glissent insensiblement du plan technique au plan psychologique les échanges continus de ces deux collectivités qui se pénètrent sans cesse. La modification de nos idées sur la « propriété » et la « liberté » modifiera la forme de nos groupements sociaux au point | qu'elle agira elle-même à son tour sur ces notions aujourd’hui caduques. Les organes communs de la vie collective contraindront tous les hommes à en accueillir les bienfaits le plus souvent à leurinsu. C'est en acceptant leurs obligations nouvelles qu'ils recréeront, sur
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le terrain de la propriété commune, cette « liberté 1ndividuelle » qu'ils eraignent tant de perdre alors même
qu'ils n’en possèdent ni les moyens, ni la pratique, n1
| les usages, nt les fins.
Le mouvement de concentration des métiers et du
capital qui doit entraîner leur fusion par une sorte de nécessité harmonique, est pour ainsi dire contraint de s'emparer de l'Etat. Le problème de l'étatisme est mal
posé. Il n’est même pas posé du tout. « L'Etat » n'est | Î
plus qu’une entité verbale que tout le monde invoque
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pour le solliciter, l’exalter ou Île maudire. Comme :l ne représente plus, dans les démocraties classiques, que
la raison sociale en trompe-l'œil d'une poussière d’in-
dividus vivant dans le cercle mesquin d'un égoïsme sans horizon ni culture, 1} en est venu le plus souvent à faire appelaux dictatures convulsives dont il ne cherche même plus à se dissimuler le caractère temporaire, avouant ingénument par là qu'il à cessé de croire à son destin. Il signifie si peu lintérêt général qu'il se dresse à peu près partout contre lui, au nom d'idéologies creuses ou de grossiers intérêts matériels associés au gré des appétits de l'heure, et qui nous masquent
son vide intérieur. « L'’étatisme » devient dès lors un
épouvantail à moineaux ou un miroir à alouettes selon l'esprit du «parti » qui lui inflige la forme de son autoritarisme désuet ou de son idéalisme puéril. € L'Etat », dans Îles cerveaux contemporains, n'est plus que la somme abstraite de nos conformismes les plus falots ou de nos négations les plus aveugles. Même dans les aspirations de ceux qui l’invoquent, il est privé de contenu. Il persistera à ne présenter aucun sens tant qu'ilne reflétera pas l'association intéressée dont la base doit se confondre avec toute l'étendue et la profondeur du corps social même en voie de développement et en volonté d'organisation. Tel qu'il est devenu, sclérosé dans ses éléments organiques, anarchique dans ses éléments
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même dans ses éléments intellectuels, 1l ne peut guère offrir à un ordre nouveau que son infrastructure administrative débarrassée de son formalisme imbécile et de ses organes parasites. Siles groupes corporatifs ont la force de le plier aux exigences de leurs intérêts réels, si la nourriture des peuples revient à portée de leurs mains (je parle, notez-le, de leur nourriture matérielle),
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tes choses, que la conscience d’avoir trouvé son ordre
de bataille succède, en chaque individu, au désespoir d’être seul.
Mais l'existence même du syndicalisme sous les formes nouvelles qu'il doit prendre pour conquérir ses des-
tinées, entraîne des corollaires irrésistibles. Le premier,
c'est la suppression radicale du capital et de la propriété soit trustés, soit individuels — au moins de la propriété du sol, du sous-sol, des moyens de Îles exploiter, qui sont devenus des moyens d'exploiter le producteur. C’est la suppression radicale de tout ce qui déterminait, dans l’ancien ordre corporatif comme encore dans … l’ordre syndical actuel, les prérogatives d'un patronat:
qui n'a plus rien à voir avec l'ossature de Ja société en instance. Une contradiction interne redoutable pour elle résulterait du fait même que l'aristocratie nouvelle formée par les métiers, laisserait une place quelconque à l'aristocratie en décomposition que le manieur d’arsent, l'homme d’affaires et leurs parasites ont constituée au cours d’un siècle où le capital a représenté la masse de manœuvre d’une économie libérale nécessaire à la création de l'organisme machiniste. Le capital a eu sa noblesse, que l'énergie d'entreprendre, l'esprit d'aventure et le goût du risque lui assuraient en un temps où l’anéantissement par la Révolution — ce dernier écho de la Renaissance — du moule mystique ancien et de son double social, laissait à l'initiative individuelle seule le soin de préparer une nouvelle société et une nouvelle mystique. Tous ceux qui vivent du travail des autres doivent être écartés impitoyablement des groupes en formation. Le choix entre la mort sans phrases et l'exercice d’un métier doits’imposer à tout le monde, et