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tures soit d'Orient, soit d'Occident, devrait suffire à démontrer son importance dans la genèse des sociétés humaines, et par suite à entrainer’ sa participation active à leur organisation. La femme est douée, jusque dans l’amour physique, d'un sens et d’une acceptation de la réalité concrète qui fait à peu près complètement défaut à son compagnon de voyage lequel, dans les meilleurs cas, qui sont rares, est un imaginatif et un artiste. C'est à lui, comme à laïeul des grottes et des lacs, qu'appartient la recherche de la proie et du vêtement matériels et plus tard, par voie d’éliminations et de généralisations de plus en plns approchées, la recherche de la proie et du vêtement spirituels. Maïs cette fonction même lui impose une méconnaissance singulière de la réalité moyenne, la chose vivante et palpitante qui maintenait et maintient la femme dans la caverne, sous la tente, dans la maison, pour v accomplir les besognes positives et substantielles de l’alimentation et de l'éducation. La femme est une éternelle jachère. Elle contient en puissance ce qu'on appelle «l'esprit », comme une terre de labour sa propre force génésique. Il suffit que le soc y pénètre pour faire lever la moisson. Comme le peuple, elle est réserve d'innocence, soit de fertilisation. Et l’homme n'a pas à tirer avantage d’être le fertilisateur, puisque c’est avec la même inconscience qu'au physique qu'il la féconde au moral, et que tout pouvoir de créer suppose, de la part de l'élément fécondant, une sollicitation et une collaboration de l'élément fécondé qui lui révèle son pouvoir, et le partage. L’échange réciproque est continu, et s'il ne l'était pas, aucun des deux éléments n'aurait la révélation de lui-même.
C’est dans cette force tapie qu’est la grandeur de la femme, son sens inégalable de la réalité charnelle permanente des profondeurs du drame humain — comme la
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terre même enferme la réalité de l’humus où plonge la tige, et, par l’intermédiaire des sèves ascendantes, la réalité du fruit que porte la tige et du parfum — esprit des choses — que répand Île fruit. C’est vers elle que l’homme se tourne quand la nécessité d’un choix Capital se présente, parce quelle est la source même des puissances sentimentales cachées qui font fructifier ce choix. La femme, qui semble si souvent dépourvue de sens commun, retrouve le bon sens toutes les fois que le groupe humain, de la famille à la société, hésite sur la route à prendre et que l’homme, grâce précisément à Son propre idéalisme, tantôt penche vers des solutions utopistes sans contact avec le réel, tantôt, par paresse d'esprit, vers des solutions fatiguées où mortes dont le passé lui présente une image déformée par l'Histoire et rendue impossible par le cours des événements, C'est par réalisme que la femme, à côté de l’esclave auquel il était interdit, comme à elle, d'envisager les problèmes de l'heure sous leur angle politique, a fondé le christianisme qui promettait à ses servitudes, à Sa peine, à son humiliation quotidienne des remèdes souvent chimériques de par leur caractère posthume, mais souvent immédiatement efficaces de par le redressement de dignité, l'égalité morale, la suppression au moins théorique de la toute puissance masculine dont les apôtres de Jésus l’entretenaient. C’est par ce même
réalisme qu’elle semble aujourd’hui refuser de suivre
l’homme dans les entreprises d’abstractions rétrogrades qu'il affirme dictées à son intelligence par la « primauté du spirituel ». Le mouvement néo-chrétien est dirigé el suivi en très grande majorité par l’homme et surtout
par l’homme initié aux arcanes de la théologie et de la
philosophie et invoquant, pour démontrer la réalité de € l'absurde », la raison pure. La femme n'invoque ja- Mais que la raison du cœur, celle que les sens alimentent,
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