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avait été irrégulièrement enlevé
EXPÉRIENCES FONDAMENTALES
duclion d’un os plus long que l’os enlevé, mais notablement plus court que le radius du côté sain. L’os nouveau n’ayant plus de cartilage de conjugaison, n’a pu suivre l’os sain dans son développement. Un cartilage de conjugaison temporaire lui a permis cependant de s’allonger pendant un certain temps; il a 9 millimètres de plus que l’os enlevé.
Voici, d’autre part, ce que nous a donné l’ablation totale du radius avec son périoste faite le même jour, sur un lapin de la même portée (fig. 8).
Le résultat de la résection est absolument différent de celui de l’expérience 7. On voit qu’il n’y a aucune reproduction de l’os enlevé. Il n’y a pas même de traînée osléo-libreuse irrégulière entre l’humérus et les os du carpe; à peine un petit noyau osseux vers l’extrémité supérieure, là où quelques parcelles de périoste, adhérentes aux muscles, avaient été laissées dans la plaie. L’épiphyse, qui s’élait séparée de la diaphyse pendant l’opération, a été enlevée secondairement. A la place de l’os, il n’y avait qu'un léger tractus fibreux cicatriciel, servant à l’insertion des muscles.
Les résultats de ces expériences comparatives sont si clairs, si constants, qu'ils mettent hors de toute contestation le principe des résections
sous-périostées. Ils prouvent que la régénération de l’os s’elTeclue quand la gaine périoslique a été conservée et qu’elle fait complètement défaut quand celte gaine a été enlevée en meme temps que l'os.
On a prétendu cependant qu’on obtenait des régénérations sans conserver le périoste ; on a été même jusqu’à dire qu’on avait plus de reproduction quand on enlevait le périoste que lorsqu’on le conservait! Comment expliquer de pareils résultats? nous n’en pouvons trouver la cause que dans des expériences irrégulières ou mal faites. 11 est bon de savoir, en effet, que ces ablations d’os sur de petits animaux, comme le pigeon ou le lapin, sont assez délicates à cause de la ténuité et de la transparence du périoste. Chez les jeunes sujets, il est plus difficile de l’enlever que de le laisser adhérer aux parties molles. Il adhère plus aux muscles qui l’entourent qu’à l’os qu’il recouvre; et c’est à cette circonstance que nous avons toujours attribué les erreurs de certains expérimentateurs qui ne se sont pas méfiés de ce danger.
Pour dissiper, du reste, tous les doutes et répondre aux objections qui pourraient s’appuyer sur des faits obscurs, difficiles à interpréter et sur des expérimentations exécutées sans les pré-
EXPÉRIENCES FONDAMENTALES
cautions nécessaires, nous avons eu recours aux expériences comparatives suivantes, faites sur différentes espèces animales, dans Je but d’apprécier au point de vue de la régénération des os les diverses variétés de résection.
Dans une première série, nous avons scrupuleusement conservé la totalité de la gaine périostique.
Dans une deuxième série, nous avons enlevé l’os avec une partie de sa gaine périostique, en laissant des lambeaux de périoste dans certains points déterminés.
Dans une troisième série, nous avons enlevé avec la plus grande attention la totalité du périoste, en même temps que l’os sous-jacent, mais nous avions soin de n’enlever que le périoste et de conserver l’enveloppe cellulo-musculaire qui l’entoure immédiatement. Nous détachions de l’os aussi minutieusement que possible les tendons et les ligaments qui s'y insèrent. Nous faisions, en un mot, ce que nous avons appelé une résection parostale.
Dans une quatrième série enfin, nous avons disséqué à grands coups de bistouri autour du périoste, en lui laissant adhérer en certains points une couche plus ou moins épaisse des insertions tendineuses et des muscles qui l'entourent.
Ces quatre séries d’expériences répondaient : i° à la résection sous-périoslée type dans laquelle on conserve complètement la gaine périostique; 2° à la résection sous-périostée incomplète, c’està-dire à la résection dans laquelle le périoste a été incomplètement et irrégulièrement conservé ; 3° à la résection parostale ou j uxta- osseuse ; 4° à la résection extra-périostée irrégulière, comme on la pratiquait souvent dans les opérations anciennes, et comme nous devons la pratiquer encore aujourd’hui dans certaines affections néoplasiques pour éviter les récidives.
Or, les résultats ont été aussi nets que dans les expériences dont les pièces ont été figurées plus haut.
La première série nous donnait toujours une masse osseuse nouvelle ayant sensiblement la forme et les dimensions de la portion d’os enlevée.
Dans la seconde, nous observions des languettes ou de petites masses osseuses correspondant exactement aux portions de périoste que nous avions laissées.
La troisième série ne nous donnait qu’un cordon fibreux, présentant souvent de petits grains osseux au niveau des extrémités de l’os, là ou nous avions dù détacher avec la rugi ne les in-
EX PÉ R I EXCES FONDA MENT A LES
sertions tendineuses et ligamenteuses qui se continuent et se confondent avec la gaine périostique ; là surtout ou les tendons présentent normalement à leur extrémité d’insertion quelques cellules cartilagineuses (tendon d’Achille).
Dans la quatrième série enfin, pas la moindre reproduction osseuse, si ce n’est, dans certains cas, le renflement ou la terminaison en pointe des bouts de l’os réséqué. Cette pointe osseuse provenait de la coupe du périoste et de l’os, ou de la moelle du canal central qui, en s’hyperplasiant, tend toujours à dépasser le niveau de la section osseuse.