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Exergue de la médaille commémorativo

ET SON REGISTRE

Ce jour-là, le Roi n'eut pas à se plaindre d'avoir /a//// attendre, il attendit; les comédiens ne vinrent pas. On avait oublié de leur donner des ordres. 11 fallut aller se justifier et exposer ses raisons au Premier Gentilhomme.

Un autre jour, la Troupe est mandée a Versailles pour y jouer Cinna, et vient se mettre aux ordres de la cour; mais la cour a changé d'avis. Il n'y aura pas de représentation; le spectacle est remplacé par une cavalcade autour du lac et une promenade dans les carrosses.

Le Roi, qui se souvient d'avoir vu Brécourt, en face d'un sanglier de Fontainebleau, se tirer galamment d'affaire a\ec un coup d'épée héroïque', le fait rentrer par ordre dans la Compagnie. Avant la fin de l'année, Brécourt est arrêté pour dettes, et \ient pendant trois mois faire son service, au Théâtre, sous la garde d'un huissier.

Parmi ces contre-temps et ces imprévus de toute sorte, au milieu des accidents journaliers, des procès qui finissent- et des procès qui recommencent, des désordres dans le parterre, des sifflets qui entrent en jeu', sifflets d'acier, sifflets d'ivoire, qui se cherchent,

1. Peut-être aussi Louis XIV se souvenait-il de s'être fait lire la Louange j.u Roi sur l'Edit des duels, qui concourut eu 1671 pour le prix de l'Académie française. L'Académie couronna la pièce de vers de la Monnoye; mais le Roi préférait celle de Brécourt. Le Roi s'y connaissait, après tout. Le vers de Brécourt est franc et solide. Sa flatterie même, malgré l'hyperbole obligée, ne manque pas d'une certaine indépendance d'esprit :

Ah ! s'il m'était permis, Monarque plein de gloire,

De te choisir des noms dignes de la mémoire,

Je ne redirais point, après mille antres voix :

Louis est le plus juste et le plus grand des rois.

Tes sublimes vertus ne sont pas si bornées .

Le nombre est trop petit des têtes couronnées,

Et, dans le peu de rois que le destin nous fait,

Il n'est pas malaisé d'être le plus parfait;

Mais je te nommerais, jusqu'au siècle où nous sommes.

Le plus puissant des rois et le plus grand des hommes.

Du reste, Brécourt, excellent comédien dans les deux genres, n'avait que trop de la qualité demandée par Voltaire aux interprètes de son théâtre, « le diable au corps n.

2. « Le 2 avril 1683, dit La Grange, arrêt de la cour à la Grand'chambre, au rapport de M. Fraguier. J'ai gagné mon procès contre Benoist et Provost, reste du procès contre Lamang. »

Quel est ce procès qui finit.^ Il n'a pas rapport aux affaires de la Comédie-Française; il est personnel à La Grange qui l'appelle son procès. Serait-ce la suite et le dénoûment heureux de sa revendication contre l'infidèle tuteur? sa rentrée en possession des biens paternels .> Peut-être enfin trouverait-on là quelque chose de définitivement constaté pour une histoire moins incertaine. Jusqu'ici, par malheur, l'arrêt du 22 avril a échappé aux investigations les mieux conduites. Deux érudits d'une compétence toute particulière, l'auteur des excellentes Etudes sur le Cliâcelet et sur le Parlement de Paris, — l'auteur de V Histoire du Tribunal révolutionnaire et de Marie-Antoinette (procès du CoUier), ont bien voulu faire de minutieuses recherches, l'un dans le Recueil des arrêts du Parlement (collection Penthièvre), l'autre dans le vaste dépôt des Archives nationales qui lui est si familier; mais ces recherches spnt demeurées sans résultat. Nous n'en devons pas moins de sincères remerciments à M. Charles Demaze et à M. Emile Campardon pour leur parfaite obligeance.

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