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OU SONT DÉPOSÉS LES REGISTRES

Les séries les plus considérables et les plus complètes des registres se trouvent déposées dans les archives des Fabriques ; c’est là qu'ils faut aller d’abord pour les consulter, puis dans les greffes des Cours de justice. Malheureusement, comme je J'ai déjà observé, les plus anciens registres

n'ont pas toujours leur double aux greffes, et quelques archives de Fabrique ont perdu, dans les incendies, la série qu’elles possédaient ; mais dans ces derniers cas, à peu d’exceptions près, l'intégrité des registres se rétablit au moyen des doubles, qui sont déposés dans les greffes des Cours de justice. ;

Une partie considérable des registres de l’'Acadie, de 1700 à 1754, époque de l’expulsion de ce peuple infortuné, se trouve dérosée dans les archives de la Marine, à

aris, et ces registres n’ont point leur double en ce pays. Les documents et notes qu'ils renferment sont du plus grand intérêt.

Des registres, très-précieux encore pour notre histoire, se trouvent disséminés dans plusieurs archives des Etats-Unis. IL m'a été permis, dans les recherches que j'ai dû faire sur le territoire américain, de consulter de volumineux documents sur l’état des personnes des villes du Détroit et de Saint-Louis, Missouri, de Carondelet, du Portage-des-Sioux, de Saint-Charles, sur le Missouri, de Kaskaskia et de Michillimakinac.

Je possède actuellement une collection de plus de 20,000 actes se rapportant aux familles canadiennes, établies dans ces pays de Ouest: plusieurs portent la date de 1695.

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tes qui peuvent puissamment aider aux historiens du Canada. J'en appelle ici au témoignage de l’estimable historien des Canadiens de l'Ouest :M. Joseph Tassé).

Dans les registres de Kaskaskia, on trouve, dans les actes de sépulture, d’intéressantes notes, partculièrement sur les accidents et la fin tragique d’un grand nombre de nos compatriotes. Je n’en citerai qu'une pour exemple. Elle nous fait connaître le sort malheureux d’une respectable famille de Montré1l. Le sieur Jacques Nepveu, marchand, avait épousé à Montréal, en 1695 (5), Michelle Chauvin. Quelques années plus tard, il se rendit dans l'Ouest, avec sa famille, pour y continuer son commerce. Le R. P. de Beaubois, dans une note de Kaskaskia, va nous raconter ce qui suit :

‘“ Le 22 juin 1722, a été célébré un service pour Michelle Chauvin, de 45 ans, épouse de sieur Jacques Nepveu, marchand de Montréal ; pour Jean-Michel Nepveu, son fils, âgé de 20 ans ; Suzanne Nepveu, âgée de 18 ans, et Elizabeth, âgée de 13 ans, ses filles, lesquels ont été tués par les Sauvages, à quatre lieues en deçà de Ouabache (Wabash). On croit le sieur Jacques Nepveu pris et enmené captif avec un jeune enfant d'environ neuf ans, nommé Provost, et un esclave non baptisé.”

(5) Dictionnaire généal. Vol. I, p. 451.

Cette fin si tragique d’une famille canadienne est resté ignorée des autres membres et amis de la même famille à Montréal.

Les registres de Kaskaskia seuls en ont conservé l’authentique histoire.

La dispersion des registres dans un grand nombre de lieux rend très-difficiles les recherches à faire. En outre, les anciens registres, pour la plupart, n’ont point de répertoire, ce qui multiplie les embarras. A cela, que l’on ajoute l'incertitude du lieu, du temps où tel acte a été enrégistré, puis les difficultés de trouver des noms et svrnoms variés à l'infini... puis encore la vétusté et l'humidité qui, agissant à la fois sur l'encre et le papier, a causé, en partie, leur destruction, et les a rendus presqu’illisibles,et l’on comprendra, Messieurs, qu’il est du plus grand intérêt pour la société toute entière de chercher et d'adopter ensuite les moyens les plus efficaces, afin de prévenir les dangers de destruction complète, et de faciliter l'étude et les recher. ches, que chaque jour, il faut faire dans ces intéressants documents.

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