C. —— Briseurs de grèves
Concourant à déterminer où à maintenir un avilissement des salaires, entraîneurs dans les modifications d'outillage ou dorganisation du travail imposées par le patronat, les ouvriers étrangers servent encore fréquemment de briseurs de grèves. C’est là, en effet, dans l’état de désorganisation sociale où nous sommes, une éventualité à envisager. Et lon sait comment, en particulier, au cours du grand conflit des dockers d'Anvers, Porganisation patronale eut recours à l’im-
1) Pour faire cesser cette violation systématique de notre législation douauière, M. Ceccaldi proposa, à la séance du 29 décembre 1909 de 11 Chambre des députés, d'établir une zone douanière, dans les limites de laquelle les patrons employant des ouvriers migraleurs seraient astreints à une {axe équivalant au cinquième des salaires payés à ces ouvriers, À la suite d’une fort intéressante discussion devant le Parlement, il parvint tout au moins à obtenir l'introduction dans le projet de tarif général des douanes de cette déclaration de principe :
Art. 9 (nouveau). —— Tout industriel ou commerçant occupant plus de cinq ouvriers où employés n'ayant pas leur résidence habituelle en France sera soumis à une taxe dont le montant et les conditions de recouvrement seront déterminés par la loi de finances.
« Celle taxe ne pourra en aucun cas excéder la surcharge imposée aux ouvriers français, par rapport aux ouvriers étrangers des pays limitropnes, par les droits de douane français sur les objets d'alimentation. »
Cf. Journal officiel du 30 décembre 1909, p. 3860-3867, 3870-3874.)
portation de navires entiers de sarrazins anglais ct allemands (1). En France, à plusieurs reprises, on à vu des patrons recruter des ouvriers à l'étranger pour remplacer leurs ouvriers en grève et, récemment encore, on citait le cas d’un directeur de carrières de pierre dans Yonne qui avait ainsi embauché, comme briseurs de grève, des ouvriers hollandais (2). Nous aurons occasion, lorsque nous parlerons, plus loin, de la solidarité ouvrière internationale, de revenir sur ce genre de supplantage. (Section IE, S IV c, infine.)
D. — Usines francaises à l'étranger.
Enfin, Pinfluence du travail étranger ne s'exerce pas seulement directement : elle se fait également sentir à distance.
Nous avons en vue, ici, non pas la concurrence commerciale internationale, sur laquelle nous aurons à présenter, plus loin, quelques observations, mais un phénomène récent qui mérite de retenir lattention : la création d'usines à l'étranger par certains établissements français.
C’est là un mouvement qui, avec le progrès de la législation ouvrière, des exigences syndicales et des mesures fiscales, ne pourra que s’accentuer ; par ce moyen, les patrons parviennent à compenser et parfois à éluder les diverses charges légales qui leur incombent en même temps que, s’appuyant sur la différence du prix de la main-d'œuvre de leurs diverses usines, ils sont plus fortement armés pour réduire les revendications de leurs ouvriers français.
C’est ainsi qu’on nous citait le cas d’un important tissage du Nord qui a établi une usine en Italie, où il n'emploie que des femmes travaillant sur des métiers Northrop. On comprend que l’écart existant entre les conditions de travail ainsi
(1) Cf. J. STEcRMAN : La grève du port d'Anvers. Mouvement socialiste, janvier 1908, p. 97.
(2) Lors d'une grève des ouvriers des carrières de pierres de Ranvières, la maison F.. embaucha ainsi 15 ouvriers hollandais. (Cf. Humanilé du 10 décembre 1908.)
obtenues et celles de son usine du Nord, n’employant que des hommes travaillant sur d'anciens métiers, luï permettra, à la moindre difficulté, de faire passer la totalité ou la plus grande partie de ses travaux à sa maison italienne, ou tout au moins de tenir sous cette menace ses ouvriers français, pour décourager leurs revendications.
Des patrons calaisiens et caudrésiens possèdent ainsi des fabriques de tulle en Pologne (1) ; des fabricants de Roubaix et de Lyon ont établi des maisons de tissage en Russie et en Amérique (2) ; des teinturiers lyonnais font teindre à Moscou et à Côme (3).
Dans l’industrie du meuble, qui a fait naguère la célébrité du faubourg Saint-Antoine, les patrons ont adopté une tactique analogue, depuis une dizaine d'années, pour la fabrication des sièges, notamment. Ils envoient des modèles en Italie et les font reproduire par masse dans les vallées du Piémont pour des salaires infimes, ne conservant à Paris qu’un atelier de deux ou trois ouvriers pour la fabrication des modèles (4).
Et, dans cette voie, on ne sait trop où le développement des moyens de communication nous mènera...
« Une Société française, ayant des usines en France, qui
1) Cf. Rapport de V. Renard, secrétaire de la Fédération nationale ouvrière de l'industrie textile. (Enquête parlementaire de l'industrie textile, & 1, p. 295.)
2) Ibid. et déposition du maire de Lyon, M. Augagneur, devant la Commission d'enquête. (Enqgu. parl., & HIT, p. 454.)
Cerlains patrons d'Amiens et de Roubaix invoquent que la production de leurs établissements de l'étranger est réservée à l'exportation, et que c'est le soul moyen pour eux de pouvoir lenir tête à leurs concurrents sur les mar- Chésrétrancers (CT EnQUu parle D MOLMNT AT 18)
(8) Déposition Augagneur. (Enquêle parlementaire. t. TI, p. 151. Ë Î Î [ )
(4) Sur un lolal de 613.524 Kilos de meubles importés en France en 1905, l'importation italienne représente 436.644 kilos, tandis qu'en 1880 elle m'était que «le 3.286 Kilos. Aussi, au lieu de 3.000 aculpteurs parisiens que l'on comptait à celle époque, m'y en a-til plus que 1500, et fort inégalement occupés. Tandis qu'on relève le chiffre énorme des importations, on est frappé de la faiblesse de celui des exportations de sièges : 426.845 kilos, alors que la France avail naguère la réputation de la sculpture sur meubles. Ce chiffre d’ailleurs tranche sur la balance des autres meubles où l'exportation l’emporte de beaucoup sur les importations. (Cf. Albert Taomas : Humanilé des 20 juin et 1% juillet 1907.)
tire une partie de ses matières premières de France, a établi au Japon une succursale fabriquant exactement les mêmes produits et faisant venir les matières premières de France ; où cette succursale écoule-t-elle exelusivement ses produits ? En Angleterre. Malgré les frais de transport (15,000 kilomètres à l’aller et au retour), malgré les frais de douane, la Société en question trouve plus de profit à faire confectionner au Japon ses produits à destination d'Europe que de créer de nouvelles usines en France. » (1).
De même encore dans l'industrie parisienne du meuble, les patrons ne se bornent plus à faire reproduire leurs modèles en Italie où en Autriche-Hongrie, mais commencent à recourir au Japon ou à la Chine. On a signalé le cas de buffets ornés de sculptures Renaissance française, valant chez nous 1.300 francs, et que l’on importe du Japon pour 100 ou 1450 francs (2). :
Ceci nous ouvre, n'est-il pas vrai ? des perspectives imprévues sur les formes que pourront revêtir à l’avenir les concurrences ouvrières.
Et la situation ne fait que Ss'aggraver d'année en année.
Importations de sièges sculptés
1906 1907 MÉTRO RE ER EE GS.661 105.776 AUTOMNE HOTEL cer 10,747 21.165 ARR RE RES EE CS 407.951 464.294
Exportalions de sièges sculplés
1906 1907 ALTO OR mas cute noue 1.892.213 311.568 SRE CON RER NE RER Et 164.632 132.851 TRES DÉTOUR NIORT 14.679 rien
(Chiffres cités à la Chambre des députés, 2° séance du 22 drcembre 1909 ; Journal officiel du 23 décembre, p. 3667, cod. 3.
(D Emmanuel Saurrer : Le développement industriel el comimercial cu Japon el la main-d'œuvre japonaise. Musée Social : Mémoires et documents, IODTETMME D'1302:
2) Cité par M. Le Foyer lors ide la discussion sur le nouveau tarif général des douanes (Chambre des députés, 2° séance du 22 décembre 1909 ; Journal ofjiciel, 23 décembre, p. 3667, col. 1.)
La Défense ouvrière
I. La lutte contre la main-d'œuvre jaune : à) la politique d’exelusion aux Etats-Unis ; b) l'Australie fermée. —— II. Les mesures contre Pimmigration et l'opinion ouvrière anglaise. — IT. Les ouvriers français et le travail étranger. — IV. Les armes de la protection du travail national : a) le principe de la politique d'exclusion ; b) la défense douanière contre les pays à bas salaires : un Protectionnisme ouvrier ; €) la syndicalisation des étrangers ct la solidarité internationale des travailleurs.
Nous ne serons pas surpris de voir l'attitude des ouvriers des divers pays varier suivant la gravité du péril qui les menace. Sans doute, il ne nous sera guère possible de tirer quelque enseignement, pour la France, de la politique des Syndicats étrangers en cette matière ; du moins, il n’est pas sans intérêt, croyons-nous, de dégager le caractère économique de leurs manifestations concordantes et d'apprécier la gravité de ces mesures et leurs conséquences.
J. — LA LUTTE CONTRE LA MAIN-D ŒUVRE JAUNE A. — La politique d'exclusion aux Etats-Unis.
L’attitude de la classe ouvrière américaine à l'égard de l'immigration est célèbre.
De bonne heure, les Etats-Unis se préoccupèrent de filtrer le flot que les nations du monde entier charriaient jusqu’à eux : depuis 1847 jusqu’en 1875, ce sont les préoccupations sanitaires qui dominent ; en 1875, s’y joignent des préoccupations morales ; ce n’est qu’en 1882 que, sous leffort du parti ouvrier, apparaissent les premières mesures économiques qui ne cesseront d’être renforcées par toute une série de lois successives jusqu'à PAct du 20 février 1907 (1), imposant,
[) An AGl lo regulale (he immigralion of aliens into (he Uniled-Slales. 20 février 1907, (Cf, Bullelin de l'Office international du Travail, année 1907, Date
d’une part, une taxe de 4 dollars à tout étranger abordant sur le territoire des Etats-Unis et faisant, d'autre part, figurer parmi les catégories d'étrangers qui ne seront pas admises sur le territoire de l’Union, non seulement les « indigents » et «les personnes qui paraissent devoir constituer une charge publique », mais plus explicitement les « ouvriers engagés «€ par contrat » qui ont été amenés ou encouragés à l’aide d'offres ou de promesses d'emploi, à la suite de contrats oraux, écrits où imprimés, explicites ou tacites, à se transporter aux Etats-Unis en vue de se livrer à des travaux de tous genres exigeant où non une habileté professionnelle » (section 2) (1).
Ainsi se trouvent partiellement déjoués les embauchages d'ouvriers à létranger pour briser les grèves ou peser sur les conditions du travail de leurs ouvriers, comme en pratiquèrent, vers 1870, à l’occasion de grandes grèves, certaines Compagnies minières et certaines entreprises de chemins de fer américaines (2).
Plus intéressante pour nous que le fonctionnement même de la loi, est l'attitude de la classe ouvrière à lPégard de son application. Rapidement, elle en fit sa chose ; non seulement elle s’en occupa longuement dans ses Congrès (3), mais encore on vit les Unions payer des gens à elles pour aller s’embarquer dans des ports allemands ou italiens avec les immigrants et
(1) Les seules exceptions à ces interdictions sont étroitement déterminées dans les derniers alinéas de la section 2, l'un d'eux dispose : « Il est permis d'introduire aux Etats-Unis des ouvriers qualifiés, s'il est impossible de trouver aux Etats-Unis des ouvriers de la profession inoccupés. »
L'autre consacre la libre «admission des « acteurs, artistes conférenciers, chanteurs, ministres de tout culte, professeurs de collèges ou séminaires, de personnes appartenant à une profession savante reconnue où de personnes employées exclusivement comme serviteurs attachés à la personne ou à ln famille ».
(2) Les sections 4 et 5 de cet Act établissent une amende de mille dollars pour « toutes personnes, sociétés, compagnies où corporations », coupables « d'avoir d'une facon quelconque fait les frais de voyage où aidé où encouragé
le transport où la venue aux Elats-Unis d’une ou plusieurs personnes engagées par contrat, »
(3) Cf. Levasseur : L'ouvrier américain, t. I, p. 469.
désigner en débarquant, aux inspecteurs, ceux qui tombaient sous le coup de la loi, tandis que, par ailleurs, elles s’efforçaient de faire recruter parmi les militants unionistes les inspecteurs eux-mêmes : c’est ainsi qu'à une certaine époque le commissaire général de l'immigration lui-même était un ancien grand-maître des Chevaliers du Travail (1).
On voit avec quelle vigilance l’action ouvrière s’est atta-, chée à l’application de la loi (2) et quel caractère de défense ouvrière ces mesures n’ont pas tardé à prendre.
Mais il ne suffit bientôt plus aux ouvriers américains de se défendre contre les ouvriers de métier engagés par contrat, le progrès du machinisme et de la despécialisation les mit bientôt en compétition avec la foule immense de ces immigrants débarqués aux Etats-Unis, sans engagement, mais prêts à s'offrir pour tous ces emplois de manœuvres que mul- Lipliait l’industrie moderne (3).
Aussi, de bonne heure, contre certaines catégories d’entre eux particulièrement redoutables, la classe ouvrière améri-
{{) Cf. Vicouroux : La concentration des forces ouvrières dans lAmérique du Nord, p. 302.
(2) M. Levasseur rapporte ces quelques faits amusants, qui montr'ént jusqu'où pouvait aller parfois cette intolérance : lorsqu'il était à New-York, on racontait, dit-il, que « la musique de la garde royale prussienne, qui devait donner des concerts à Chicago, avait été arrêtée au port sur là dénonciation de la Ligue musicale des musiciens, comme ayant été engagée à prix d'argent et que, pour obtenir son laisser-passer, elle avait dû prouver par un concert que ses membres étaient des artistes et non de vulgaires travailleurs ; on racontait aussi qu'un cuisinier engagé à Paris, avec des gages considérables, par un des plus riches New-Yorkais, n'avait pu — arrivant sur le même haleau que son mailre — débarquer qu'après que le maître et lui eurent affirmé par serment qu'il n'y avait pas d'engagement ». (LEVASSEUR : L’ouvrier américain, À. I, p. 468.)
C'est pour éviter ces extensions abusives du principe de l'interdiction que l’ACL de 1907 à prévu les exceptions que nous avons indiquées dans une note précédente (p. 207, note 1).
(3) Parmi les skilled laborers eux-mêmes, c'est-à-dire les ouvriers aptes à diriger une machine, les statistiques officicHes nous montrent que le plus grand nombre sont des immigrants de fraîche date : à New-York, Chicago Pitisburg, la proportion des ouvriers de cette catégorie vost respectivement de 60, 70 et 75 0/0, Certains métiers ont même été comolètement aux immigrants.
Cf. Achille ViaLarrs : L'industrie américaine, p. 202-203
abandonnés
caine préconisa-t-elle des mesures rigoureuses. Contre la main-d'œuvre chinoise, notamment, ce fut la guerre à outrance. Non seulement les Unions mettaient à lindex et boycottaient les ateliers où travaillaient des Chinois (1), mais encore, dès 1874, au Congrès de Rochester, voyons-nous les Chevaliers du Travail et la Fédération d'accord pour réclamer « l'interdiction d'importer » des gens appartenant à des races « serviles » et obtenir, le 17 mars 1894, à la suite d’une action tenace et d'innombrables conflits, pleine satisfaction ; une convention passée par le gouvernement, stipulait que, pendant dix ans, l'entrée d'ouvriers chinois était interdite sur le territoire américain. Bien que n’ayant pas été officiellement renouvelée, cette convention continue à être appliquée aujourd’hui encore.
Mais bientôt la concurrence jaune allait se manifester à la classe ouvrière américaine sous une nouvelle forme tout aussi redoutable ; les coolies chinois trouvèrent des successeurs : les coolies japonais ; depuis la guerre russo-japonaise notamment, le flot des Japonais débarquant en Californie n’a fait que monter sans reläche : en 1906, on estimait qu'il en était débarqué plus de 1.000 par mois dans le port de San-Francisco (2).
On sait par quels incidents, qui tinrent en émoi la vieille Europe et faillirent troubler la paix du monde, se manifesta dans la presqu'île californienne, vers la fin de 1906, lhostilité antijaponaise.
Certains n’ont voulu voir dans la persécution qui se déchaîna contre les Japonais qu’un aveugle ressentiment de ace, nous croyons que le problème est plus complexe et que sa dominante en Californie était une question de coneur-
(1) On sait notamment que la pratique du label, qui depuis cette époque, a eu une si grande fortune dans l'action syndicale américaine a été innovée vers 1874 par les cigariers de San Francisco, qui imaginèrent l'apposition du label blanc pour distinguer leurs cigares de ceux fabriqués par des « Chinois galeux ». (Cf. VIGOUROUX : ouv. cit. p. 69.)
(2) D'après un discours du député californien Jul. Kahn. (Congress Record, 18 févr. 1907, p. 3557. Cf. Bullelin de l'Office international du travail, année 1907, p. XXVIII.)
rence ouvrière. C’était la révolte des travailleurs californiens contre l’envahissement de leur marché du travail par une main-d'œuvre aux besoins réduits, aux prétentions modestes (1), venue là en rivale, impossible à gagner aux mœurs américaines et à l’action syndicale, ne vivant que par la concurrence au rabais qu’elle fait aux travailleurs américains. Là est le fond même de l'agitation antijaponaise et l’on voit quels intérêts vitaux pour les ouvriers américains y sont engagés (2).
L’Act du 20 février 1907 a essayé de donner quelque satisfaction à l’opinion ouvrière ; sans prohiber ouvertement et totalement l'entrée des Japonais, il tente d’y parvenir indirectement ou, du moins, d'en tarir une des sources les plus importantes, en déjouant un subterfuge employé par les coolies japonais pour pénétrer sur le territoire américain malgré les conventions passées par leur gouvernement, Le gouvernement japonais s'était, en effet, engagé à ne plus délivrer à ses sujets de passeports pour le continent américain, mais seulement pour les colonies américaines : les coolies se munissaient donc d’un passeport pour Hawaï et s'embarquaient pour Honolulu, mais, à peine avaient-ils mis le pied dans le « paradis de l’océan Pacifique », que — leur gouver-
(1) On nous objectera peut-être que les Japonais venant aux Etats-Unis pour y faire fortune ou du moins pour ÿ gagner leur vie, ne doivent pas se contenter de rémunérations si infimes. Sans doute, ils viennent en Californie attirés par les hauts salaires qu'ils pensent v toucher, mais ces salaires ne sont hauts que comparativement à ceux qui deur seraient payés dans leur pays ; un charpentier, gagnant 29 sous par jour au Japon, croira trouver Ja fortune en touchant 50 sous par heure à San Francisco : un plâtrier, 75 au lieu de 30 ; un tailleur de pierres, 56 1/4 contre 34 : un poseur de briques, 75 contre 37 : un forgeron, 40 et un tiers contre 26 (chiffres cités au Sénat de Washington le 7 janvier 1907) : mais même en faisant plus que décupler son salaire, le Japonais atteint pas l'Européen.
Et puis, il ne faut pas perdre de vue que ses besoins étant infiniment plus réduits, il consentira plus aisément que ce dernier à des réductions.
De plus, là concurrence industrielle elle-même se trouve puissamment affectée du fait de l'existence d'entreprises entièrement japonaises, qui contribuent à déprimer à la fois les salaires el les prix. |
(2) La Japanese and Korean Exclusion League, qui mène une énergique campagne pour Oblenir l'extension aux Japonais et aux Coréens de l'Aet qui exclut les Chinois, prétend compter dans l'Etat de Californie 78.500 membres qui presque tous sont membres de syndicats ouvriers. (Cf. Louis Avperr : Problèmes californiens. Revue de Paris, 15 juillet 1907, p. 253.) D
nement n'ayant plus aucun droit sur eux — ils prenaient le premier paquebot en partance pour San-Francisco et pénétraient librement aux Etats-Unis, grâce à cette simple escale (1).
C'est cet abus qu'une disposition du récent Act sur limmigration a prétendu faire cesser (2) ; et déjà une ordonnance présidentielle du 14 mars 1907 a fait application de cette mesure aux ouvriers, qualifiés où non, Japonais et Coréens, porteurs de passeports à destination du Mexique, du Canada et d'Hawaï (3).
On sait que l'hostilité antijaponaise ne s’en est pas trouvée apaisée et qu'elle a gagnée maintenant à peu près tous les Etats du Pacifique (D, y entretenant une agitation et y éclatant parfois en manifestations qui n’ont pas été sans risquer,
(1) Ce moyen détourné d'immigration vers les Etats-Unis élail parvenu à prendre des proportions invraisemblables : du 1° juillet 1904 au 30 juin 1905, on complail 11.132 personnes quittant Hawaï pour les côtes américaines du Pacifique, et du 1°" juillet 1905 au 31 décembre, on en relevait 2.671, dont environ 300 Coréens, 7» Chinois, el le reste Japonais, Ce mouvement fut si considérable qu'une ligue se créa en 1903 à Hawaï pour retenir les coolies japonais et les empêcher d'émigrer aux Etats-Uuis. La cullure de la canne à sucre à Hawaï emploie en effet en grande partie la main-d'œuvre japonaise (en 4892, l'industrie sucrière y occupait 63,38 0/0 de Japonais : en 1902, 73.46 0/0 : en 1905, 65,80 0/0) : devant cette diminution, l'industrie sucrière s'inquiéla du mouvement encouragé par les entrepreneurs de Californie et des Etats occidentaux en quêle de main-d'œuvre à bon marché pour des travaux d'horticulture, d'agriculture, de construction de voies ferrées, ele, et elle essaya de l'enrayer, mais sans succès, par la constitution de la Central japanese League, à la tête de laquelle fut placé le Consul général du Japon.
(Cf, Report of {he Commissionner of Labor in Hawaï. Bulletin of the Bureau of Labor, n° 66, septembre 1906, d'après le Bulletin de FOffice international du Travail, année 1907, p. XXVIIT.
(2) Section 1° in fine de l’Act du 20 février 1907 :
« Si le président constate que des passeports délivrés par un pays étranger à ses nationaux en vue de se rendre dans un pays autre que les Etats- Unis, dans une province insulaire des Etats-Unis où dans la zone du Canal, sont utilisés en vue de permettre aux porteurs de pénétrer sur le territoire continental des Etats-Unis, au détriment des conditions de travail appliquées sur ce territoire, il pourra refuser aux nationaux du pays délivrant lesdits passeports, en provenance d'un pays autre que les Elals-Unis, le droit de pénétrer sur le territoire continental des Etats-Unis, » (Bulletin de FOffice
international da Travail, année 1907, p. 77.
{8) Ordonnance et règlement d'application. ({bid.. p. 96-98.)
(4) Presque simultanément au cours de l'hiver 1909, les législutures des Etats de Californie, de Névada, de Nébraska, de l'Orégon et même de New-York ont été saisies de propositions répétées et la plupart draconiennes contre les
à plusieurs reprises, de faire du moins belliqueux des océans le théâtre d'opérations guerrières.
Si nous avons insisté sur la concurrence du travail étranger, sur un continent aussi éloigné et aussi différent du nôtre, c’est que nulle part le problème n’y apparaît davantage dans tout son relief.
Ce que nous avons déjà dit, et ce qui va suivre, révèle la force toute-puissante du courant de l’immigration jaune qui, refoulée ici, reparaît là et donne presque limpression de quelque force naturelle indestructible.
Mieux que partout ailleurs, nous saisissons ici comment la concurrence, livrée à elle-même, loin d'assurer le triomphe des plus aptes et des meilleurs, ne tendrait à rien moins qu’à dégrader tous les progrès sociaux et moraux déjà acquis, et à ‘amener les civilisations avancées au niveau des civilisations inférieures.
B. — L'Australie fermée.
Rejeté des Etats-Unis, lintarissable flot asiatique se déverse sur les pays moins bien protégés (1). Mais, partout, la même résistance se prépare, montrant à quel sûr instinct collectif de conservation elle correspond.
Les Trade-Unions canadiennes commencent à réclamer, elles aussi, l’abolition des mesures qui autorisent les Japonais à entrer au Canada (2) ; dns la Colombie britannique, à
Japonais : les unes demandaient leur exclusion pure et simple ; d’autres, l'obligation pour eux de constituer des écoles séparées ou encore la séparation obligatoire des ouvriers japonais et chinois d'avec les ouvriers américains ; certaines dissimulaient, derrière une demande générale d'interdiction pour les étrangers d'acquérir des terres en Californie, leur ostracisme contre les Japonais.
Le ton de ces motions n'était pas moins belliqueux que leur dessein : cvlle de l'Etat de Névada qualifiait les Japonais de « parasites du monde ».
(1) Cf. sur la dissémination du travail chinois, CaiLLeux : La question chinoise aux Etats-Unis et dans les possessions des puissances européennes. Paris, Rousseau, 1898.
(2) Cf. Résolution du 23° Congrès annuel des métiers et du travail du Canada (Trades and Labour Congress of Canada), 16 septembre 1906, Winipegs (Manitoba). — Cf. Bulletin ue l'Office inlernalional du Travail, année 1907. page 582.
Cependant la loi sur l'immigration chinoise (chap. 95 des statuts revisés de 1906) à été adoucie par une loi du 20 juillet 1908. É
Vancouver, notamment, une « Ligue pour l'expulsion des Asiatiques » poursuit une active campagne. Dans l'Etat de l'Equateur, un décret du 4 septembre 1889 exclut formellement les Chinois ; dans l'Afrique occidentale (1), au Cap (2), au Natal (3), les mesures se multiplient contre Pimmigration chinoise ou indienne, soit par une exclusion directe, soit en exigeant des immigrants qu'ils sachent signer et écrire en caractères d’un pays européen.
“Mais ce sont, comme bien l’on pense, les colonies austrahennes qui ont poussé le plus loin les mesures protectrices.
Dès 1881, l'Etat de Victoria, les Nouvelles-Galles et la Nouvelle-Zélande avaient limité le nombre des Chinois immigrants à un par cent tonneaux, sur n'importe quel navire, et les avaient frappés d’un droit de 250 franes (4) ; de plus, l'immigration polynésienne et canaque était complètement enrayée.
Mais, en dehors des Acts spéciaux relatifs à limmigration (5), l’action ouvrière australienne est parvenue à faire inscrire dans la législation générale sur les fabriques et les magasins, toute une série de mesures qui réduisent singu-
(1) Ordonnance du 5 août 1906.
{2) Acts du 22 décembre 1902 et du 21 décembre 1906 : Acts du 10 août 1904 et du 15 août 1906 sur l'exclusion des Chinois.
(3) Act du 5 mai 1897, abrogé par les Acts du 13 septembre 1903 et du 19 janvier 1906.
Act n° 25 de 1891 complété par les lois n° 17 de 1895, n° 14 de 1897, n° 4 de 1900, n° 48 de 1901, n° 4 de 1903 et n° 39 de 1905, visant spécialement l'immigration indienne.
Le Parlement anglais s’est également beaucoup occupé, vers 1906 notamment, des mesures à prendre à l'égard de l'emploi de la main-d'œuvre chinoise dans les mines du Transvaal.
(4) Cf. Albert Mérix : Le Socialisme sans doctrines, p. 76-78.
(5) L'Act. confédéral du 31 décembre 1905, sur les immigrants engagés par contrat pour exécuter des travaux manuels dans la Confédération australienne, dispose (art. 5) « que l'admission de ces immigrants est soumise à l'approbation du ministre, qui ne doit approuver les conditions du contrat que s'il est convaincu :
« a) Oue le contrat n'a pas été conclu à l’occasion d'un conflit industriel ou en vue d'exercer une influence sur ledit conflit ; et b) que le patron par contrat pour exécuter des travaux annuels dans la Confédération austra-
lièrement l'avantage que trouveraient les employeurs à recourir au travail chinois.
Par exemple, d’après la législation de plusieurs Etats, tout établissement où travaille un seul Chinois est considéré comme une fabrique et soumis aux règlements (1). Pour les fabriques employant des Chinois, un chapitre spécial, dans plusieurs de ces lois, détermine rigoureusement la durée du travail journalier et hebdomadaire et organise des moyens de contrôle particuliers (2). Enfin, dans Pindustrie du meuble, où pullulent les Chinois, un timbre spécial doit être apposé sur les objets fabriqués, portant lune des mentions suivantes, soit « Travail européen seulement » (European labour only), soit € Travail chinois » (Chineese labour), soit encore « Travail européen et autre » (3).
De cette façon l'opinion australienne, dont lPéducation comme acheteur est très développée, sait sur quels établissements faire porter son boycottage.
Mais les ouvriers australiens ont essayé encore de se défendre contre l’avilissement des salaires résultant du travail ne peut facilement se procurer sur le lerriloire de la Confédération un ouvrier au moins aussi habile et aussi qualifié ; c) que les diverses conditions de salaire et de travail, garanties par contrat à limmigrant, sont aussi favorables que celles ordinairement accordées aux ouvriers de là même catégorie et de la localité dans laquelle Ie contrat doit être exécuté ».
L'immigrant doit, en outre, m'avoir pas encore débarqué sur Ie territoire confédéral. (Bullelin de POffice international du Travail, année 1909, p, 17.)
(A) Elal de Victoria : Al. du 6 octobre 1903 portant codification des lois relatives au contrôle et à la réglementation des fabriques, ateliers et magasins (art. 5). (Annuaire de la Législalion du Travail, 94 année, 1905, p. 307,
Nouvelle-Zélande :Act. de 1908 sur les fabriques (art. 2 f). (Bulletin de l'Office internalional du Travail, année 1909, p. 27)
Queensland : Act. de 1900 sur les fabriques (art. 4). (Ibid. p. 256.)
(2) Etat de Victoria : Act. de 1905 (sixième partie, section Il). Le travail est interdit avant sept heures et demie du matin et après cinq heures du soir ; le samedi après deux heures de laprès-midi : le dimanche foule la journée. En cas de présomption de travail clandestin, c'est à l'employeur à faire la DrEUVE. (OC ACItT, p.329) |
En Australie du Sud, PAct du 21 décembre 1907 (septième partie, division 2) reproduit ces dispositions. (Annuaire, 11° année, 1907, p. 536.)
(3) Victoria : Act. du 6 octobre 1905 (huitième partie, art. 69, S3, 4 5, 6 et 71). us Australie du Sud : Act. du 24 novembre 1904 sur le timbrage des meubles (Bulletin de l'Office international du travail, année 1906, p. 323)
chinois, par des mesures plus directes. Lorsque les premières mesures furent prises sur le travail des Chinois en atelier, on constata la fermeture des manufactures et l'augmentation du travail à domicile ; et dans certaines spécialités, comme lébénisterie, les ouvriers chinois, par ce moyen, étaient parvenus à remplacer complètement les européens. On cespéra, lors de létablissement de Conseils spéciaux (Spécial Boards), dont nous avons déjà parlé, et qui Sont chargés de fixer un minimum de salaire pour certaines professions, que l’on allait pouvoir couper le mal dans sa racine. L’ébénisterie et les diverses autres professions où sévissait le travail chinois furent parmi les premières soumises à des Conseils. Mais, tandis que dans les autres professions, sous laction des Conseils de salaires, les conditions du travail s’amélioraient (1), la situation restait la même dans les métiers atteints par le travail chinois, où lPapplication des mesures de protection rencontre de grosses difficultés : les salaires donnés au Chinois ne peuvent être vérifiés ; malgré les contraventions, ils prolongent la durée du travail ; Papposition de la marque est souvent inefficace (2). Aussi, les ouvriers syndiqués australiens se rattachent-ils, de plus en plus, à une politique d’exelusion radicale, et Parrivée au pouvoir du Parti ouvrier a-t-elle marqué une ère de répression à outrance, destinée à faire triompher le principe de P « Australie auxiblancs >» (5).
Il n’était pas inutile de montrer cette concordance de poli-
1) Cf. infra, p. 259, note f.
2) Cf. Louis Vriaouroux : L'évolution sociale en Australasie, p. 390.
D Le correspondant du Temps à Sydney rapporte 4 février 1909) ces faits qui montrent la vivacité de la lutte entre l'invasion jaune et le gouvernement australien :
« L'introduction de ces émigrants prohibés est déjà devenue une industrie organisée et lucrative. Les agents qui prennent sur eux de deur ouvrir les portes du Commonwealth se font payer, dit-on, 2,500 francs par tête. Is se sont entendus à Hong-Kong avec les débardeurs du port. Ceux-ci, en embarquant la cargaison, Y ménagent un système complet de couloirs et de chambres secrètes. Le gouvernement ouvrier à sur-le-champ fait voter une loi qui frappe les armateurs d’une amende de 2,500 franes par individu découvert caché sur leurs bâtiments, et, dès le premier jour, huit délinquants ont été extraits de la cale d'un paquebot à son arrivée à Sydney. »
tique entre tant d'Etats différents, mais tous également soucieux d'assurer leur droit à la vie.
IL —— LES MESURES CONTRE L'IMMIGRATION ET L’OPINION OUVRIÈRE EN ANGLETERRE.
En Angleterre, il est plus malaisé qu'aux Etats-Unis ou en Australie de rattacher à l’action ouvrière les mesures législatives qui ont été adoptées récemment (1) ; aussi les laisserons-nous de côté, comme extérieures à notre sujet.
Il nous faut seulement noter la curieuse manière dont se posa le problème, et se répartirent les opinions, au cours des discussions parlementaires qui précédèrent le vote de PAct de 1905.
C’est ainsi que lon vit ceux qui se donnaient comme les représentants de la classe ouvrière : John Burns et Keir Hardie, entre autres, nier la réalité de la concurrence des immigrants ct s'élever même contre les « mesures artificielles de. protection » (2) qui étaient proposées. I fallut que l’on en vient à proposer lPadmission d'ouvriers engagés par €contrat, pour que Keir Hardie se décidàt à proposer un amendement prohibitif (3). Cette attitude assez singulière du Parti ouvrier, au cours des débats, s'explique par la manière dont, sur la terre classique de la grande querelle doctrinale entre Hbre-échangistes et protectionnistes, devait se poser le
(H)NACL du a0ûtM90S "ATEN S ACT NE WVAN A ANTE MCRMS CÉEN ANET Monnier : Les Indésirables. Paris, Larose, 1907.) La seule disposition à portée économique qui s’y trouve est le paragraphe 3 de l’art. {%, qui qualifie « indésirable » tout individu avant des moyens insuffisants d'existence.
(2) Keir Hardie, séance du 19 février 1904. (Cf. Monnier. p. 180, voir également p. 214 note : Keir Hardie affirme « c'est en vain que vous consulterez les rapports des Congrès généraux des Trade-Unions pour y trouver une allusion quelconque à cette innovation où une marque d'approbation en sa faveur ».)
(3) IT élail ainsi conçu : « L'étranger sera également déclaré indésirable el refusé au débarquement S'il arrive dans ce pays avec un contrat de travail ou pour y prendre la place d’un ouvrier anglais pendant une grève. » Mais.
plus logiques que lui, les amis libre-échangistes de Keir Hardie repoussèrent cel amendement comme entaché de protectionnisme., (Cf. Monnier. p. 214, note.)
problème de l'immigration. Quelque réaliste que soit le caractère anglais, la grande controverse douanière passionne trop les esprits pour qu'ils puissent en faire abstraction dans un tel débat, aussi est-ce suivant l'opinion personnelle de chacun sur le libre-échange des produits que fut tranchée la question du libre-échange des travailleurs.
Les leaders traditionnels des deux écoles intervinrent pour soutenir, sur ce point encore, leur doctrine : tandis que M. Balfour se défendait de poursuivre aucune fin économique et déclarait n'avoir en vue que de protéger la sécurité anglaise contre les « indésirables », M. Chamberlain démontrait comment toutes les mesures de protection contre le travail à bas prix ne trouvaient leur fondement logique que dans Pidée protectionniste, et résultaient nécessairement de principes comme celui posé par la Fair Wages Resolution, décidant qu'aucune commande de l'Etat ne pourrait être donnée par le gouvernement à des patrons ne payant pas des salaires raisonnables : si l’on veut ces salaires raisonnables, il faut vouloir également les moyens de les protéger (1). EE bon gré mal gré, la logique des choses doit nous pousser vers le protectionnisme.…..
Tandis que les parlementaires ouvriers s’engageaient à fond dans la thèse libre-échangiste, la masse ouvrière, plus réaliste, ne se résignait pas à supporter aussi aisément, au nom d’un principe, la concurrence au rabais de Pimmigration. Si Keir Hardie pouvait arguer du silence des Unions pour condamner les mesures défensives, cest que Ja voix des pauvres Unions de métiers unskilled, ravagés par la concurrence étrangère, est faible et ne parvient pas toujours jusqu'aux oreilles des assemblées solennelles de Paristocratie satisfaite des Unions d'ouvriers qualifiés ; mais il suffit de se pencher vers elles pour entendre leurs plaintes : « Notre Union, dit le représentant de l’ébénisterie devant la Commission d'enquête de 1902, est composée d’ébénistes français et allemands en assez grand nombre. Ils sont les bienvenus !
MONCOP MONNIER, p. 210 et 212.
En effet, nous n’avons aucune objection à faire conwre le skilled labour étranger. Il n’en est plus de même de lunskilled labour importé ! Le pays doit impitoyablement fermer ses portes aux travailleurs à bon marché qui gàchent le métier (1) ».
Mèmes doléances de la part des ouvriers de ia chaussure : c’est-à-dire dans les deux professions les plus atteintes par Pimimigration (2).