TD. 22 CONSEILS DE’ SALAIRES
Peut-on attendre de ie mise à Ets et, de la pression & sur qes Patrons ou de la syndicalisation des, travailleurs à domi-,
Cile quelques résultats décisifs ? Il serait imprudent de ler croire. |
(1) Cf. HE. BarRAUET ‘La réglementation aw travail à domicile en Anglez. terre, thèse, ons pe déuxième dti oh: IV.
(2) êf: deu nov:
Paris, ps-422. : !
On relève Re nn) des stipulations ‘interdisant le travail à’ domicile. dans les conventions collectives des fondeurs de caractères.
Le contrat: “coteëtif de’ travail en Allemagne, thèse,
(3) Cf. Bulletin des’ Ligues sociales d'achèteurs, 1 trimestre 1007, p. 41.
Le travail à domicile procure aux patrons de trop importants avantages pour qu’ils y renoncent aisément, sous la poussée des travailleurs de l’atelier. Quant à la syndicalisation des ouvriers en chambre, elle se heurte aux plus insurmontables difficultés matérielles et morales : dispersion des travailleurs, absence de relations entre eux, individualisme, concurrence d'ouvriers amateurs, etc.
C’est donc, il faut le reconnaître, dans une autre voie qu'il faut chercher un remède à l’inégalité funeste qui existe entre les conditions du travail en chambre et celles du travail en atelier.
Ce n’est guère que de l'intervention légale que l’on puisse attendre, semble-t-il, dans l’état actuel de la question, une solution un peu étendue et un peu profonde qui rétablisse l'équilibre des charges entre le travail à domicile et le travail en atelier et qui, nous ne craignons pas de le dire, touche résolument le point vif de cette concurrence : le salaire.
C’est vers l'institution, par la loi, de conseils chargés de fixer un salaire minimum (1) que se sont, d’instinct, tournés
(1) C’est en 1896, dans l'Etat de Victoria, que furent institués les premier Special Boards (conseils spéciaux), destinés notamment à fixer un minimum de salaire. On eut en vue, tout d'abord, les industries les plus atteintes par le sweating system, et c’est pour elles que l’on reconnut au gouvernement le pouvoir de constituér d'office des conseils de salaires : les premières professions organisées sous conseil furent d’abord celles de la confection, de la lingerie. de femmes, de la chemiserie, de la chaussure, de l'ébénisterie, de la confiserie, de la bonneterie, ete.
Grâce aux tarifs élaborés par les divers Special Boards, dont les décisions ont force de loi, d’appréciables augmentations ont été observées dans les industries à domicile, naguère les plus misérables ; en voici quelques exemples : Salaire moyen hebdomadaire : Chaussures : 1896, 29 fr.; 1902, 35 fr. 40.
na
— Brosserie : 1896, 28 fr. 85 ; 1902, 39 fr. 10. — Vêtements : 1896, 25 fr.; 1902, 28 fr. — Meubles : augmentation de 13 fr. par semaine. — Bijouterie :
augmentation de 9 fr. 20, etc. (Cf. Bulletin de l'Office du travail, janvier 1904, p. 53.)
On estime qu'en 1908 il existait, dans l'Etat de Victoria, environ 51 conseils de salaires, dont les décisions affectaient plus de 50.000 ouvriers des deux sexes sur les 70.000 qu'accusent les statistiques officielles. (Cf. Bautletin de l'Office du travail, août 1908, p. 774.)
Et des résultats particulièrement intéressants pour ce qui nous occupe jci ont été obtenus, tant par ces Conseils de salaires que par les Cours d’arbitrage ; c'est ainsi que M. Deschars, ancien consul de France à Sydney, à cité
l'exemple d'un jugement du -président de la Cour d'arbitrage des Nouvelles-
Galles du Sud (1906), qui, après avoir constaté que le travail des femmes...
les travailleurs australiens lorsqu'ils constatèrent le mouvement systématique qui, par la fermeture des usines soumises à l'inspection et la distribution du travail à domicile, soustrayait à la législation du travail et au contrôle syndical plus de la moitié des ouvriers de certaines industries.
C’est par cette voie de l’organisation de Conseils, composés de patrons et d'ouvriers et parmi ceux-ci, à la fois, de représentants des travailleurs à domicile et de travailleurs en atelier, chargés d’établir des tarifs publics de salaires, que: l’on pourra, à la fois, améliorer le sort des uns et protéger celui des autres, en empêchant les salaires de famine et deprostitution des parias du travail en chambre d’entraîner dans une même déchéance les salaires des travailleurs en atelier.
C’est d’ailleurs vers cette solution que, sous l’impulsion énergique de l’Anti-sweating League, appuyée par l’opinion ouvrière (1), l'Angleterre vient de s’engager. Autant pour le selèvement des malheureuses victimes du sweating-system que pour le problème particulier qui nous occupe, c’est la seule voie de salut. Nous n’avons pas ici à examiner les
tailleurs à domicile est plus pénible que celui des femmes tailleurs à l'atelier, décida que le travail aux pièces à domicile devait être payé plus cher que le travail aux pièces à l'atelier : ce qui permit à ces femmes, gagnant naguère de 15 à 16 shellings par semaine, pour des journées de 44 à 15 heures, de toucher aujourd’hui 25 shellings par semaine pour un travail hebdomadaire de 48 heures.
(Cf. C. DescxaRs : La lutte contre le sweating en Australie et en Nouvelle- Zélande. — Communication à la première Conférence internationale des Ligues sociales d’acheteurs, Genève, 1908. (Compte rendu, p. 515-518.)
(4) 40° Congrès des Trade-Unions de Grande-Bretagne et d'Irlande, Bath, 1907 :
« Convaincu que les bas salaires, dans les industries où sévit le sweating system, constituent une menace permanente pour les métiers organisés, le Congrès invite le gouvernement à proposer l'établissement d'un salaire minimum légal dans certaines industries sur les principes adoptés par M. Arthur Henderson dans le bill qu'il à présenté au Parlement. » (Cf. Bulletin de l'Office international du travail, année 1907, p. 580.)
41° Congrès, Nothingham, 1908 : vœu en faveur de la proposition Touimin. (Ibid., année 1908, p. 535.)
solutions législatives proposées ; il nous suffit d’en avoir indiqué la portée et den avoir fait désirer la réalisation (1).