I.Æ chevalier d’Ungiiuo
A Sainl-lldefonse , le 17 septenihre 1800.
APPENDICE
Réponse du chancelier de Suède à la lettre précédente, remise à M. de la Huerta, ministre d" Espagne à Stockholm; du 22 octobre 1800,
S. M. Suédoise a appris avec le plus vif déplaisir la violence que quelques officiers de la marine anglaise ont faite à un vaisseau marchand de la Poméranie suédoise, pour le faire servir à une entreprise hostile contre deux frégates sur la rade de Barcelone.
Parfaitement d’accord avec S. M. C. dans la manière d’envisager ce nouvel abus de la force , et le danger commun que de pareils exemples pourraient entraîner , tant pour les neutres que pour les belligérants mêmes, S. M. en fera porter des plaintes à Londres, dues, en même temps, à ses relations amicales avec la cour d’Espagne et à la neutralité du pavillon.
Dans ces réclamations , qui ont pour premier objet les droits du pavillon et des sujets de la Suède, S. M. C- trouvera juste, sans doute , que le roi se regarde comme partie principale. En suivant ses intérêts , comme S. M. les entend , elle n’oubliera certainement pas ceux de l’Espagne. La justice veut qu’on restitue ce qui a été mal pris : S. M. y insistera, toutefois sans garantir le succès de cette démarche. Elle fera dans son temps des communications confidentielles à la cour d’Espagne, sur les dispositions dans lesquelles elle aura trouvé le gouvernement anglais è cet égard ; mais une juste confiance de la part de S.M.C. lui laissera sans doute dans cette négociation le libre choix des formes et des moyens , la dispensant de toute époque fixe , comme de toute espèce de compte à rendre : l’Espagne , qui , comme le reste de l’Europe , connaît le long procès que la Suède fait plaider à Londres sur des restitutions à inire à elle , n’a pas lieu de se promettre une plus prompte justice dans une cause où il s’agit de restitutions à faire à des ennemis.
En général , S. M. Suédoise ne se considère nullement responsable d’un fait dont les causes lui sont absolument étrangères. Après les rapports que la cour d’Espagne s’en est fait
ANNEXE U
donner, avec les circonstances qu’elle admet elle-même comme constatées, il a été très-inattendu de l’y voir impliquer le gouvernement de Suède et toute la nation.
Il serait assez malheureux que les torts d’un tiers pussent faire rompre des relations que plusieurs discussions directes ■ pendant la présente guerre n’ont pu altérer. Il y a eu de fréquents revers, particulièrement affectés, à ce qu’il a paru, aux ports d’Espagne : un vaisseau suédois pris dans le port même du Passage par les Anglais ; un second pillé et entièrement dévaste à Alicante par les Français ; plusieurs autres enlevés par des corsaires français stationnés à l’entrée du port de Malaga , ont fourni à S. M. Suédoise autant de sujets de réclamations et d’invitations amicales à la cour d’Espagne de faire respecter son territoire pour la sûreté de son commerce. S. M. se serait fort applaudie de ses représentations si elle eût trouvé en sa faveur quelques marques de cette énergie que le gouvernement d’Espagne vient de déployer contre elle dans une affaire à laquelle elle n’a d’autre part que des plaintes à faire. Mais l’inutilité de ses réclamations n’a pas fait sortir S. M. des termes de modération et d’équité convenables entre des cours amies , et auxquels S. M. espère encore voir revenir la cour d’Espagne après les différents malheurs arrivés dans ses ports.
Le soussigné, chancelier de la cour, ayant l’honneur de transmettre ces observations à M. le chevalier de la Huerta , envoyé extraordinaire de S. M. G. , en réponse à ses communications du 1 7 septembre, profite avec plaisir de cette occasion pour lui renouveler l’assurance de sa considération très-distinguée.
F. d’Ehhenheim.
Drotlniogholm, le 22 octobre 1800.
Réplique du chevalier de la Huerla à la noie du chancelier de Suède; du 29 décembre 1800.
Moksiecb ,
Je viens de recevoir de jna cour Une réponse à la lettre dans
APPENDICE
laquelle je lui ai rendu compte des premières ouvertures que je lis au cabinet suédois, lorsque j’eus l'honneur de vous remettre ma première note , relativement à la violence commise par les Anglais dans la rade de Barcelone. Le roi mon maître a vu avec regret la froideur avec laquelle la cour de Suède a reçu ses premières réclamations , et qu’elle se bornait à des démar- ' ches faibles, dont S. M. n’ose se promettre aucun résultat. La manière dont on a envisagé ici ces démarches a prouvé , en même temps , le peu d’énergie que la cour de Suède se proposait de montrer dans cette circonstance. Je ne puis vous le cacher , monsieur , cette tiédeur , que l’on pourrait supposer à la cour de Suède dans ses réclamations près celle de Londres , donnerait lieu de croire que l’on voudrait rapporter cette négociation à d’autres objets d’intérêt particulier , qui exigent des ménagements peu conciliables avec cette énergie et ce eèle que S. M. Catholique se serait flattée de trouver dans S. M. Suédoise lorsqu’il s’agit de maintenir l’honneur de son pavillon, de prouver à l’Europe la part qu’elle prend à l’Intérêt commun des puissances maritimes, et le prix qu’elle attache à l’amitié et à la bonne intelligence qui n’ont cessé de régner entre les deux puissances. En conséquence d’un nouvel ordre de ma cour , je réitère mes représentations , et j’insiste formellement sur le contenu de ma note du 1 7 septembre. Je croirais avec plaisir que S. M, Suédoise fera des démarches plus actives que je n’eusse osé l’espérer d’après sa réponse. Il n’est pas vraisemblable qu’elle veuille exposer les vaisseaux suédois à toute la rigueur des mesures que prescrivent les circonstances contre des vaisseaux suspects , et dont la conduite pourrait être regardée comme tolérée , si la cour de Suède n’exigeait de l’Angleterre la réparation la plus éclatante touchant l’affaire de Barcelone.
J’ai l’honneur d’être, avec la plus haute considération, etc.
Le chevalier de la Huekta.
Stockholm , le 29 décembre 1 800.
ANNKXB C.
ANNEXE C, page 60.
Arrêté contenant règlement sur les armements en course (2 prairial an 11 — 22 mai 1803).
TITRE I". — Abmemests en course.