‹ Règles internationales et diplomatic de la merChapitre 40 sur 76 · II · texte numérisé non relu

II

APPENDICE

Le soussigné s’empressera de transmettre cette déclaration satisfaisante au roi son maître; mais, en attendant qu'il puisse être muni de ses ordres précis sur l’article de la restitution des navires enlevés dans les ports danois, le soussigné ne peut que se référer au contenu de sa note du 20 de ce mois, jugeant son opinion appuyée par les principes les plus connus et les plus sacrés, par les usages constants établis entre les souverains et par des exemples , même de date très-récente , où le gouvernement britannique n’a pas seulement reconnn le droit de restitution immédiate , mais où il s’est empressé d’en prévenir la demande formelle par une prompte déclaration de réparation.

Le soussigné prie S. Exc. lord Hawkesbury d’agréer l’hommage de son respect.

Londres , le 24 mars 4801.

W BDEL- J ABLSBBBG .

Note de lord Hamkethury en réponse à la note ci-dessus.

(Traduit de l’anglais.)

Le soussigné , principal secrétaire d’état de S. M. au département des affaires étrangères , a l’honneur d’informer le comte de Wedel-Jarlsberg, envoyé extraordinaire de S. M. le roi de Danemarck , qu’il parait par le résultat des recherches rigoureuses qui ont été faites au sujet de la conduite des officiers britanniques, accusés d’avoir violé la juridiction territoriale de S. M. Danoise, que le fait, tel qu’il a été exposé par le comte de Wedel- Jarlsberg dans sa note du 18, est bien fondé, autant qu’il se rapporte à l’enlèvement de quelques bâtiments suédois des ports de la Norwége. Le gouvernement de S. M. signifiera donc sans délai à l’officier en question les plus fortes marques de l’improbation de Sa Majesté au sujet de tout l’ensemble de ce procédé; et c’est avec beaucoup de satisfaction que le soussigné est actuellement à même d’ajouter que les navires suédois capturés dans les ports fie la Norwége, ainsi que leurs équipages, seront immédiatement relâchés, attendu qu’il n’est pas besoin de recourir préalable-

ANNEXE G

ment à des procédures juridiques dans les circonstances parti- ' culières du cas en question. Le soussigné se félicite de pouvoir profiter de cette occasion de renouveler au comte de Wedel- Jarlsberg les assurances de sa haute considération.

Downiag Street, le 84 mars 1804.

Hawkesbuby.

Ci»qMième noie d% c<mU dt Wtdtl-Jarltberg , adreuée à lord Hawhe$iury,

Le soussigné , envoyé extraordinaire de S. M. Danoise, s'empresse de témoigner à Son Excellence lord Hawkesbury, principal secrétaire d'état des affaires étrangères , sa reconnaissance de la note obligeante qu’il vient de recevoir de sa part, relative à la restitution immédiate des navires suédois enlevés dans un port de la Norwége, objet de la note datée du 4 de ce mois. Il ne tardera pas à en faire part à sa cour; et il va avec confiance au-devant de pareille justice dans le cas et les circonstances graves mentionnés dans la note qu'il a eu l’honneur d’adresser à Son Excellence le 18 courant, ayant en attendant celui de renouveler à lord Hawkesbury l’assurance de sa respectueuse considération.

Londres, le 25 mars 1801,

■Wedel-Jarlsberg,

ANNEXE G, page 291.

M. Marttl, commandant le misseau le BelHqnenx , rend compte au ministre de la marine des malheureux événements qu'il a essuyés pendant sa campagne.

A Bristol, le 8 novembre 1758.

Monseigneub ,

C’est avec la peine la plus vive que j’ai l'honneur de vous informer de la fin malheureuse de ma campagne; vous jugerez

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par le journal ci-joint qu’il n'est pas possible d’étre traversé par des événements plus fréquents et plus fâcheux.

Le 27 octobre, nous faisant à l'ouvert de la Manche, nous y découvrîmes à quatre heures du soir une escadre anglaise de onze voiles, dont sept ensemble, sur lesquelles nous courûmes et que nous combattîmes en nous croisant, les vents étant S.-S. -O. gros frais; nous mimes sur le même bord qu’eux, mais les ayant perdus de vue à la nuit, M. Duchafault nous fit signal de revirer, ce que nous exécutâmes en prenant les amures à bâbord ; dans la nuit les vents forçant encore plus , nous mimes à la cape; le lendemain matin vingt-huit, nous nous ralliâmes au Sphinx, au Hardi et au Brillant, en présence de six vaisseaux de guerre anglais qui arrivèrent sur nous , les vents étant alors S.-O. Nous nous mimes en ligne et forçâmes de voiles sur deux vaisseaux qui étaient sous le vent à nous, dans l’espérance que ce pourrait être U Dragon et la prise que nous avions faite, mais nous les reconnûmes pour ennemis; nous continuâmes à forcer de voiles portant au sud-est et sud-est quart d’est, les vents étant S.-O. et S. -S. -O. A une heure après midi nous démâtâmes de notre petit mât d’hune et de notre mât de grand perroquet , alors voyant les ennemis très-supérieurs , distinguant dans le nombre deux vaisseaux à trois ponts, nous fîmes signal de sauve qui peut au trois vaisseaux qui étaient avec nous et nous arrivâmes à l’est et à l’est quart sud-est, afin de tirer meilleur parti du reste de notre voilure et de pouvoir attraper la cête de Bretagne. Nous étions toujours poursuivis par deux vaisseaux à trois ponts, les quatre autres continuant à chasser les trois nôtres. Â l’entrée de la nuit nous fîmes fausse route et portâmes au sud-est quart d’est, et après au sud-est, jusqu’à neuf heures du soir, qu’apercevant la terre devant nous et ne pouvant la reconnaître, nous y mouillâmes par trente brasses fond de roches. A six heures du matin, vingt-neuf, ayant aperçu deux vaisseaux que nous avons jugés être les mêmes qui nous avaient chassés la veille, nous coupâmes les câbles et appareillâmes en prolongeant la côte courant à l’estsud-est jusqu’au jour, que, l’ayant rapprochée, nous avons

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cru reconnaître le cap la Hogue ; nous avons continué à la suivre dans l’intention d’aller chercher le mouillage du Havre , les vents au S.-O. gros frais, renforçant de plus en plus. A peu près dans ce même temps nous avons perdu de vue ces deux vaisseaux. En rapprochant de terre, nous avons fait venir à notre bord un bateau pêcheur qui s’est trouvé anglais et qui nous a dit que nous étions dans la manche de Kristol : nous ne pouvons attribuer qu’à la violence des courants cette erreur dans notre point. Les vents continuant toujours au S.-O. très-forcés et brumeux, extrêmement désemparés, hors d’état de regréer notre petit màt d’hune , nos traversins et coussins étant brisés, nos barres de misaine fracassées ainsi que notre hune, hors d’état, par conséquent, de tenir le plus près, nous nous sommes rassemblés et avons décidé d’aller mouiller sous l’ile de Londy où le pilote anglais nous a dit qu’il y avait un très-bon mouillage ; c’est la seule ressource que nous avons trouvée pour réparer notre désordre , nous regréer tellement quellement et attendre des vents qui pussent nous permettre de faire route pour le premier port de France. Nous avons employé le 30 et le 31 à nous regréer, ce que nous avons exécuté très-heureusement. Le premier de novembre nous trouvant prêts à partir, nous attendions avec impatience des vents favorables , lorsque vers les trois heures du soir les vents forçant toujours au S.-O. et S.- S.-O. notre câble a cassé; alors les courants nous entraînant avec une extrême rapidité sur des bancs de sable et de roches , étant trop près de ces dangers pour pouvoir mouiller la seule grosse ancre qui nos restait étalinguée , nous avons été obligés de faire servir et de nous enfoncer plus avant dans cette manche. Dans la nuit, nous avons capéyé à l’artimon sur différents bords jusqu’à une heure et demie que le vent ayant calmé et le courant nous entraînant sur les roehes, nous n’avons eu d’autre ressource que de mouiller quoique en pleine côte et dans un très-mauvais fond. Le lendemain, 2 novembre, nous trouvant à 8 lieues de Londy, les vents forçant et continuant à être contraires, nous sommes descendus dans les soutes pour examiner la quantité de vivres qui nous restait à bord , et trouvant que

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nous n’en avions plus que pour environ cinq jours , conformément au procès-verbal que nous joignons ici , nous avons tenu conseil pour délibérer sur le parti que nous avions à prendre, et tout mûrement réfléchi et examiné, nous avons jugé que cette quantité n’était pas suffisante pour sortir de cette manche et pour regagner quelqu’un de nos ports ; que la seule ressource qui nous restait était d’aller à Bristol demander des vivres. Nous n’avons point douté que l'on ne nous y en fournit, ayant par devers nous l’exemple d’une frégate anglaise qui vint mouiller la guerre dernière dans la rade de Brest , à qui l’on fit fournir tout ce qu’elle demanda et qu’on laissa suivre sa destination. Nous appareillâmes incontinent pour Bristol ; vers les neuf heures du matin , nous aperçûmes un bâtiment que nos pilotes anglais reconnurent pour un vaisseau de 50 canons, nommé l’Anlelope ; quand il fut à portée de nous reconnaître, nous mimes pavillon blanc à poupe et pavillon parlementaire en avant. Quand nous eûmes laissé notre pavillon blanc assez de temps pour pouvoir être aperçus , nous l’amenâmes et ne gardâmes que le parlementaire. Ce vaisseau tenait le vent pour venir à notre rencontre et nous allions vent arrière sur lui ; quand nous l’eûmes passé , il revira de bord et vint se mettre dans nos eaux , alors il nous tira un coup de canon et dans le même instant deux autres. Jugeant que ce vaisseau voulait nous parler nous mimes en travers et l’attendîmes, il envoya à notre bord son premier lieutenant à qui nous dîmes que le manque de vivres était la seule raison qui nous amenait à Bristol ; nous lui citâmes l'exemple de la frégate anglaise qui était venue à Brest ; il nous répondit qu’il savait parfaitement notre situation, qu’il ignorait si on nous donnerait des vivres, mais que l’amirauté seule pouvaitjuger dececas-lâ; il nous donanda ensuite quelques officiers pour otages, je lui en envoyai quatre; nous continuâmes notre route ensemble; le capitaine m’ayant fait prier le soir de passer à son bord , j’y fus pour tâcher de prendre avec lui quelques arrangements. Je fus extrêmement surpris lorsque je vis qu'il me retenait à son bord , et encore plus lorsque , le lendemain que nous mouillâmes dans la rade

ANNEXE G

royale , il Ht mettre le pavillon et la flamme blanche sous le pavillon et la flamme anglaise : il fit dans ce temps-là passer je reste de mes officiers à son bord , et dans la nuit il envoya mon équipage en prison à Bristol. Ce procédé , auquel je ne me serais jamais attendu, me surprit infiniment. Datas cette fâcheusé circonstance , je pris le parti le 5 d’écrire à l’amirauté de Londres ; je ne pus le faire plus tôt, M. de Sommares, capitaine de VAntelope, n’ayant pas voulu me laisser descendre à terre avant ce jour-là. Les commissaires voulurent hier nous faire signer les passe ports pour nous envoyer prisonniers à Chippenham, mais nous refusâmes de le faire jusqu’à ce que nous eussions eu réponse de l’amirauté de Londres. Voilà, monseigneur, les tristes événements dont je suis obligé de vous rendre compte ; je pourrais y joindre quatre-vingts malades que j’ai eus sur les cadres sans avoir de rafraîchissements ni de remèdes à leur donner. J’aurai l’honneur de vous informer exactement de tout ce qui se passera.

Je suis avec un très-profond respect, etc...

Martel.

Copie de la lettre écrite par M. Martel à V amirauté de Londres.

Messeigneuus,

Dans la situation la plus affreuse , manquant totalement de vivres, affalé sur vos côtes par des vents forcés et contraires, je n’al point balancé à venir dans vos ports vous y demander des secours qui me sont absolument nécessaires pour remettre en mer; j’ai cm y être autorisé, Messeigneurs , par l’exemple d’une de vos frégates qui se trouvant la guerre dernière dans une position pareille à la mienne , vint mouiller dans la rade de Brest, à qui l’on flt fournir généralement tout ce dont elle pouvait avoir besoin et qu’on laissa suivre sa destination sans aucun obstacle. Vous devez penser, Messeigneurs, que la réception différente qu’on m’a faite ici , me traitant comme prisonnier, n’a pas eu peu lieu de me surprendre. J’ose me flatter cependant que telle n’est pas votre intention, que vous voudrez

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bien ordonner que mbn vaisseau me soit rendu , et que l’on me fournisse les vivres qui me sont nécessaires pour accomplir ma mission. La générosité dont se pique la nation anglaise qui ne voudrait pas se laisser surpasser en beaux procédés , m’est un sûr garant que vous m’accorderez ma demanda J’ai l’honneur, etc.

Mabtel.

Le commandant Martel au ministre de la marine.

Monseigneub,

Je m’aperçois par le silence que vous me gardez que mes malheurs ne sont point encore finis, et que vous condamnez avec toute la sévérité possible les manœuvres que j’ai faites avant de venir en Angleterre. J’ose vous assurer. Monseigneur, que ce n’est qu’à la dernière extrémité et par les sollicitations réitérées et pressantes qui m’ont été faites, que je m’y suis déterminé. En prenant ce parti, je dis dans la chambre du conseil : Si ce . que j’entreprends ne réussit pas, il peut m’en coûter cher; on me répliqua que je ne devais point craindre et que je devais espérer d’avoir le même sort en Angleterre que la frégate anglaise avait eu en France la guerre dernière ; nous appareillâmes donc pour Bristol; une heure après être sous voiles, nous aperçûmes l'Antelope qui courait de petits bords pour venir à noos. J’entrai dans la chambre du conseil où il y avait plusieurs ofBciers, je leur dis : Si cc vaisseau tire sur nous, lui riposterons-nous ? On me répondit qu’en le combattant c’était absolument se désister du projet d’avoir les secours indispensables dont nous avions besoin ; je fus malheureusement de cet avis, et je le suivis; lorsque j’eus joint ce vaisseau, il me tira de fort loin trois coups de canon auxquels je ne répondis point; je mis en travers pour l’attendre ; il m’envoya son premier lieutenant à qui je déduisis les raisons qui m’amenaient dans leurs rades; il me répondit ce que j’ai eu l’honneur de vous mander. Monseigneur , dans les différentes relations que je vous ai envoyées.

ANNEXE G

Cet officier ne m’ôta point l’espoir d’avoir du secours, il me dit au contraire qu’il ne doutait pas qu’on n’eût pour moi les mêmes égards qu’on avait eus en France pour leur frégate ; il mè pria de la part de son eapitaine d’aHer à bord de l’Antelope , je lui dis que je ne pouvais y aller que lorsque nous aurions attrapé le mouillage ; et, en effet, j’y fus comme je lui avais promis , comptant obtenir plus facilement par moi-même tout ce dont j’avais besoin. J’ai cru en cela ne point déroger à l'ordonnance du roi, étant enfoncé plus de quinze lieues dans un golfe dont toutes les issues nous étaient inconnues, au point qu’il nous eût été impossible d’en sortir sans avoir un pratique du pays. Le refus que M. de Sommares me lit de me laisser retourner à mon bord, me fit apercevoir du tort que j’avais eu de venir au sien, et me fit repentir de ne l’avoir pas coinbaltii. Le Belliqueux n’en aurait pas moins été au pouvoir des Anglais quand j’aurais écrasé ce vaisseau , n’étant qu’à trois quarts de lieue d’une teree sur laquelle il se serait jeté et brûlé s’il y avait été forcé, saps qu’il m’eût été possible de profiter d’aucun des vivres qu’il avait dans son vaisseau. Je vous prie, Monseigneur, d’étre bien persuadé que je n’aurais pas hésité à le combattre si j’avais cru être traité de la sorte; on m’avait assuré avec tant de vraisemblance l’aventure de cette frégate que je ne pus m’empécber d’y ajouter foi; je ne pouvais le savoir par moiméme étant alors armé à Toulon dans l’escadre de M. de Coui t. Je me sois trouvé dans maints combats , nommément dans le Mercure et le Tonnant, commandés par M. de Létanduere où je crois avoir fait tout ce que l’on peut attendre d’un officier qui ne craint pas le feu; il serait bien douloureux pour moi, Monseigneur, si vous me soupçonniez du contraire vis-à-vis de tAntelope dont les forces étaient bien inférieures à celles du Belliqueux. Revenez donc, je vous prie. Monseigneur, du préjugé désavantageux que vous avez conçu contre moi, et soyez bien persuadé que Sa Majesté n’a point de sujet plus zélé, et qui lui soit plus entièrement dévoué que je le suis ; je ne doute point que cette justice ne m’ait été rendue par les officiers sous les ordres desquels j’ai servi depuis vingt-neuf ans. Faites-moi

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la grâce , Monseigneur, d’examiner les apostilles qu’on a données de moi , Je suis persuadé que vous les trouverez conformes à ce que j’ai l’honneur de vous avancer ; que des services aussi longs et aussi assidus que les miens ne soient donc point, je vous prie , ternis par une faute qui n’a été causée que par la meilleure de toutes les intentions. Le plus grand de mes torts est de n’avoir pas réussi comme je le désirais ; je vous supplie très-humblement d'en être vivement persuadé , et de protéger la bonne foi dans laquelle j’étais ; c’est elle qui m’a plongé dans tous les malheurs où je me suis précipité.

Je suis avec un très-profond respect, Monseigneur, etc.

Mantbl.

A Chippenbam , ce 21 avril 1 769.

ANNEXE H, page 336.

Extrait du règlement concernant le blocus des ports ennetnis et la saisie des navires ennemis et suspects par les croiseurs danois.

Copenhague, le 1" mai 1848.

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