C. BsillfSTOBVP
Réplique de lord Withworth à la réponse au comte de Bernstorff,
« Le soussigné a l'honneur d'accuser ré^p^ion de la opte officielle que M. 1^ comte de Aernstorlï lui a commi^niquée en répon^ç à celle qu'il a eu l'honneur de lui remettre le lendemain c(e son arrivée, et dppt )^ )>ut était de dex;i^ai|der, au nom du roi, satisfaction de l'insulte fuite à son pavillon par Tagression non provoquée d'un officier di^ois, agiss^mt d'après les ordres de sa cour, et sécurité k Tav^nii* contre de pareils outrages.
Qwnt'à la demande de « relâcher la frégate danoise et son convoi, que M. le comte de 3ernstorff insiste toujours avoir été injus- Xm^mt arrêté », le soiiasigpé se croit pleîn^ent foi^dé i sputepir, d'après l'opinion des jurisconsultes ^es plus éclairés qui ont t:ralté ce sujet, « que tout vaisseau neutre qui s'oppose à la visite en pareil cas est de fait cpniiscable et de bonne prise », et que ce principe a été de tout temps universellement admis, excepté par ceux qui ont eu un intérêt particulier à le méconnaître.
Au reste, le droit que le roi réclame est universel et résulte nécessairement d'un état de guen*e. Ce n'est qu'aux modifications et. aux limitations de ce droit que les traités particuliers sont applicables.
424 APPSimiCK.
Si le principe est une fois admis, qu'une frégate danoise peut légalement garantir de toute visite six vaisseaux marchands de cette nation, il s'ensuit naturellement que cette puissance, que toute autre puissance même, peut, au moyen du moindre bâtiment de guerre, étendre la même protection sur tout le commerce de l'ennemi, dans toutes les parties du monde.
Il ne s'agira que de trouver, dans tout le cercle du monde civilisé, un seul État neutre, tel peu considérable qu'il puisse être, assez bien disposé envers nos ennemis pour leur prêter son pavillon et couvrir tout leur commerce sans courir le moindre risque, car dès que l'examen ne peut plus avoir lieu, la fraude ne craint plus de découverte.
Dans la note que M. le comte de Bernstorff vient de lui transmettre, le soussigné aperçoit avec peine que, bien loin de vouloir satisfaire à la juste demande du roi son maître, le gouvernement danois persiste à soutenir non>seulement le principe sur lequel il fonde son agression , mais aussi le droit de le défendre par la voie des armes.
Dans cet état de choses, le soussigné n'a d'autre alternative que de s'acquitter strictement de son devoir en insistant de nouveau sur la satisfaction qu'exige le roi son maître, et en déclarant à M. le comte de Bernstorff « que, malgré son sincère désir détre l'instrument de la réconciliation des deux cours, il sera obligé de partir de Gopenhaque avec toute la mission anglaise, dans l'espace de huit jours à compter du jour de la signature de cette note, à moins que, dans l'intervalle, le gouvernement danois n'adopte des conseils plus conformes aux intéiêts des deux pays, et surtout à ceux du Danemark, avec lequel S. M. a constamment désiré et désire encore vivre dans les termes de l'amitié et de ralliance ».
Le soussigné a donc l'honneur de répéter à M. le comte de Bernstorff qu'il lui est enjoint de quitter Copenhague avec la mission du roi dans huit jours, à moins qu'une réponse satisfaisante ne lui soit donnée avant l'expiration de ce terme.
Il prie M. le comte de Bernstorff de vouloir bien agréer les assurances de la considération la plus distinguée. »
Copenhague, le 21 août 4800.
Whitwobth.
anhexe F. 425
ANNEXE F, page 346.
Copie de la lettre écrite à Monseigneur Berryer par M. de la Clue> h 8 septembre 1769.
MOKSEIGNEUB ,
« J'ai appris que le gouverneur général de ce royaume faisait faire des informations par ordre de sa cour contre les officiers des forts sous lesquels les vaisseaux du roi ont mouillé, et que les Anglais ont enlevés sans qu'ils aient fait aucune défense; j'envoie à M. l'ambassadeur un mémoire d'observations que j'ai fait sur ce que j'ai vu et su par les officiers des vaisseaux le Téméraire et le Modeste, Il est sûr, Monseigneur, que si justice était rendue, ces deux vaisseaux ne seraient pus de bonne prise. J'ai l'honneur de vous envoyer, Monseigneur, un mémoire pareil à celui de M. l'ambassadeur, je le crois actuellement assez instruit pour disputer cette affaire avec la cour de Portugal.
Obserratioos à fairç sur la conduite des Anglais Tis-à-Tis des Français , et le peu de respect qu'ils ont eu pour les forteresses du roi de Portugal , et Pinfraction au traité de neutralité qu^il y a parmi les princes chrétiens.
Le 18 août 1759 au matin, M. de la Clue, chef d'escadre des armées navales de Sa Majesté Très* Chrétienne, commandant celle du roi, se voyant poursuivi par l'escadre anglaise commandée par l'amiral Boscawen, composée de seize vaisseaux de ligne et de deux frégates; après avoir soutenu la veille, pendant toute la journée, un combat des plus furieux avec sept vaisseaux contre les seize anglais, dont il y en a eu un de pris pendant ledit combat, deux des siens se séparèrent pendant la nuit, ce qui fit qu'au point du jour, il n'eut plus avec lui que quatre vaisseaux : l'Océan^ le Redoutable, le Téméraire et le Modeste, et il vit les ennemis à une lieue de lui qui forçaient de voiles pour l'atteindre. Il jugea pour lors sa perte inévitable, et qu'un combat serait fort inutile et ne pourrait pas durer contre des forces si supérieures. Se voyant à trois lieues de la côte de Portugal, il prit la détermination d'y aller échouer ses vaisseaux pour les y brûler, et sous la protection des forteresses que l'on voyait, il espérait faire débarquer tous les équipages sans que les Anglais vinssent le troubler.
A huit heures du matin , le vaisseau l'Océan fut échoué sur une plage près d'un fort nommé d'Almadaua; il coupa sa mâture et ne perdit pas de temps pour débarquer son équipage.
Dans le moment, M. de la Clue envoya un officier au commandant du fort pour l'informer des raisons qui l'obligeaient d'aborder à cette côte et qu'il espérait que si les Anglais venaient l'attaquer,
il le défendrait. L'officier le promit et fit même tirer plusieurs coups de canon quand ils s'approchèrent.
Le Redoutable suivit Texemple du commandant. Il échoua i^r une plage d'un fort nommé Ëzarta, cpnpa sa mâture et travailla à mettre son monde à terre.
Le vaisseau le Téméraire mouilla sous le fort Figueras sans prendre le parti de s'échouer à la côte. M. de Castillon, capitaine dudit vaisseau, ei^voya un officier dans son petit canot pour infor^ mer le commandant du fort qu'ils étçiient Français et poursuivis par les Anglais, et qu'il demapcl^it ^idç et pfotçptipn, Qq fit beaucoup de difficultés de le laisser mettre pjçd à tçrre. Cependant pn le reçut. Mais M. de Castillon ayant envoyé spn grand canot avec les blessés, on refusa de les laisser descendre et o|i les meîia,çîi4ô l^r tirer dessus.
M. de Montvert, capitaine du vaisseau le Modeste, ayant à son bord un canonnier qui l'assura qu'à une lieqe et deoiie sous le vent à lui il y avait un bon mouillage pour des yaisseaijx et protégé par sept pièces de gros canon, il y fut mouiller.
Il fit embarquer en même temps un officier pour l'envoyer au commandant du fort de Sagres lui dire qi}*il était Français et poursuivi par les Anglais et qu'il lui demandait protection , au cas qu'on voulût l'attaquer.
L'officier fut conduit au commandant, qui l'assura que si les Anglais venaient l'insulter, il le défendrait avec toutes ses forces; malgré cela , le Téméraire et le Modeste forent combattus et enlevés par les Anglais.
Quoique les vaisseaux l'Océan et le Redoutahk fussent éi^oués, les Anglais vinrent se mouiller à demi-portée de canon d'eux , et tirèrent sur les vaisseaux et les chaloupes qui débarquaient leur monde à terre.
M. le marquis de Saint- Agnan eut trois hommes de tués de son équipage sur la plage.
M. le comte de Carney, capitaine en second de Y Océan, n'ayant point fini de débarquer tout le monde de ce vaisseau , voyant qu4l lui était impossible de le faire, amena le pavillon, se rendit prisonnier avec quatre officiers et environ soixante hommes de l'équipage. Les Anglais furent à bord les prendre et mirent le feu au vaisseau.
Le Redoutable fut aussi bràlë par les Anglais. » Lisbonne, le 8 septembre 4759.
ANKEXE F. 487
(Page 320.)
Note du comte JVedel-Jarlsberg , ministre de Danemark à la cour de Londres, adressée à lord Hawhesbury, secrétaire d'Etat pour les affaire^ étrangères d^ Angleterre,
'( Mllord, par ordre de ma cour, j'ai ThODueur de inettre aeus les y eux du gouvernement britannique le fait suivant, dont ii appert que le capitaine Hamstead, commandant de la frégate anglaise Squirrel, s'est rendu coupable d'une violation inouïe et atroce sous toutes les considérations possibles.
Ladite frégate est entrée le 5 février dernier dans le port d'Oster- Rîsôer, en Norvège, et a d'abord saisi le navire suédois Freden, capitaine Marellius, qui en sortait, en enlevant le pilote norvégien Rasmus Andersen Narrestôe, et le mettant aux fers pour avoir fait des représentations contre la capture. Arrivé à l'ancre dana le susdit port, le commandant Hamstead a, par des cbaloupes armées, fait prendre possession des navires suédois suivants : Erhaheten, capitaine Berlen ; Telemak, capitaine Sundberg ; et Sex^Sôdshende^ capitaine Bolîn. Les représentations du sieur Tobiesen, premier magistrat de la ville, contre cet acte d'hostilité ouverte, furent en vain employées pour détourner Tofifider anglais de sa conduite violente, celui-ci insistant même pour qu'on lui fournit des pilotes ponr conduire ses prises en mer.
A ]g suite du refus juste qu'on lui fit à ce sujet, il expédia le lendemain un officier avec trois soldats et deux marins, armés de fusils et de sabres tirés, chez le chef des pilotes pour le forcer à donner les pilotes demandés. Sur ces entrefaites , le susmentionné chef magistrat, accompagné du vice-consul anglais, se rendit à^ bord du Squirrel, représentant au commandant Timpossibilité d'aequiesoer à sa demande. Mais durant cet entretien une chaloupe armée fut de nouveau envoyée à terre; plusieurs pilotes furent enlevés de force et obligés de se rendre aux ordres du capitaine Hamstead, qui, par ces moyens violents, emmena avec lui les navires suédois.
Cette conduite révoltante et criminelle dans tous ses détails ne pourra sans doute que rencontrer Findignation du gouvernement britannique, qui, quelque fâcheuses que soient les circonstances du moment, ne saurait certainement pas tolérer une atrocité de ce genre qui, inouïe entre des nations policées, dégrade l'honneur de la marine anglaise, et n'admet plus ni sûreté ni tranquillité pour les nations en paix avec la Grande-Bretagne.
Dans cette conviction, je m'acquitte des ordres de ma cour en réelamant les susdits navires suédois enlevés, en insistant sur leur restitution immédiate avec leurs équipages, en demandant une
satisfaction proportionnée à Ténormité de Tattentat dont les employés anglais se sont évidemment, de propos délibéré, rendus coupables.
Le roi mon maître s'attend avec confiance à la prompte réparation d'un délit qui affecte la dignité de sa couronne et la sûreté de ses royaumes. Je m'empresse d'y appeler, milord, votre plus sérieuse attention ; et je me flatte que V. Exe. voudra bien au plus t6t me mettre à même de faire sur ce sujet un rapport satisfaisant à ma cour.
J'ai l'honneur d'être, etc. »
Londres, le 4 mars 4804.
Wedel-Jablsberg.
Seconde note du comte de IVedel-JarUherg , adressée à lord Hawkesbury,
« La cour de Copenhague se trouve de nouveau afiligée par les atrocités suivantes, commises de propos délibéré sur les côtes de Norvège par des sujets britanniques. Le 8 février dernier, une chaloupe armée, expédiée par le cutter Achilles, commandée par un officier nommé Barnett, est entrée dans le port d'Egvaag, près de Fahrsunden en Norvège, et il y a de vive force enlevé une prise française. L'équipage dudit cutter ne s'est point borné à ce^acte de piraterie : il est descendu à Skioldness, d'où il a tiré sur une barque qui passait venant de Lysbavn, avec trois paisibles habitants de la côte, dont un, nommé Elling, fut tué, et ces barbares continuèrent leur feu, dirigé contre ladite barque, aussi longtemps qu'ils purent l'atteindre.
Suivant ces faits constatés, il m'est enjoint de réclamer la restitution du susdit navire enlevé sur ses ancres dans un port sous la domination danoise. Pareilles violences ne sont autorisées entre puissances civilisées qu'après une déclaration de guerre formelle. Aussi longtemps que le gouvernement britannique ne caractérise les mesures adoptées contre le Danemark que sous le titre de provisoires et de précaution, S. M. Danoise, dont la modération constante ne s'est point démentie, est bien éloignée de supposer qu'il veuille tolérer, encore moins approuver, la conduite hostile et violente de ses officiers contraire au droit des gens comme aux stipulations des traités, et aussi déshonorante pour leur état que pour le pavillon de leur nation. Elle s'attend en conséquence à être, sans délai, rassurée contre des récidives de cette nature; et, quant à l'acte inhumain et atroce dont des sujets britanniques se sont souUlés en tirant sur de paisibles et innocents navigateurs d'un
ANNBXE F. 429
bateau qai longeait la côte, et se rendant les meurtriers du susnommé EUing, le roi se flatte qu'il n'a besoin que d'être mentionné aa gouvernement anglais pour exciter sa plus haute indignation, et pour l'engager à punir exemplairement les coupables et à pourvoir à l'entretien de la famille qui pleure l'innocente victime des atrocités susdites.
En transmettant cette réclamation et ces représentations, par ordre de ma cour, entre les mains de Y. Exe, je me flatte d'y appeler son attention sérieuse, et j'ai l'honneur de la prier de vouloir bien me mettre à même de faire mon rapport y relatif par le courrier prochain , de même que sur l'objet de nature pareille contenu dans ma note du 4 courant. Il me sera particulièrement satfs-, faisant d'avoir à annoncer au roi mon maître le désaveu formel de la cour de Londres des actes susdits, et l'assurance d'une réparation immédiate.
C'est dans cette attente que j'ai l'honneur d'ajouter l'assurance de la considération respecti^euse avec laquelle je suis, etc. »
Londres , le 4 8 mars 1 801 .
Wedel-Jablsbebg .
Note de lord Hawkesbury, en réponse aux deux notes précédentes, (Traduit de l'anglais.)
« Le soussigné, principal secrétaire d'Etat de S. M. aux affaires étrangères, a l'honneur d'informer le comte de Wedel-Jarsiberg, envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire de S. M. Danoise, en réponse à sa note d'hier, qu'il a fait les démarches convenables pour instituer des recherches rigoureuses au sujet de la conduite des personnes qu'on y accuse d'actes de violence et d'inhumanité. Le soussigné espère que les faits auront été mal représentés au comte de Wedel-Jarisberg; mats si, après un examen impartial, ils se trouvent tels qu'on les a exposés à M. le comte, le soussigné n'hésite point à déclarer que la conduite des individus en question rencontrera les plus fortes marques d'improbation de la part de S. M., attendu que c'est le vœu uniforme de S. M. que, même dans le cas d'hostilités ouvertes, toutes espèces de cruauté ou de sévérité non nécessitées soient scrupuleusement évitées par toutes les personnes employées au service de S. M.
A l'égard de la demande faite par le comte de Wedel-Jarisberg, par ordre de sa cour, pour la restitution des différents bâtiments dont il est parlé dans la présente note et dans la précédente ^ le soussigné a l'honneur de lui faire observer que, dans les circonstances actuelles des deux pays, il est impossible à S. M. d'entrer
490 Appmmci.
•dans àiieuiie explication sur ces points. Mais M la mésifitelligenee qui tnaiheureusemeiit sabsiste aujourd'liui entre les deux coiim ^t amiaUemeiit ajustée, ainsi que 8. M. ie désire ardemment, ées cas seront naturellement portés sans perte de temps devant 16S tribnnaux réguliers et impartiaux établis dans ce pays^ii pour décider de telles causes, conformément aux principes de Justice et du droit des gens.
Le soussigné a Thonbeur de renouveler au comte de Wedeljarlsberg les assurances de sa haute considération. »
Dov^ning-etreet, le 49 mars 1800.
Hawkesbury.
Troisième note du comte WeûeUJàrlsberg , ministre ^e Danemark près de la cour de Londres, adressée à iord Hawke^xtty, tectétaire d'Étés pOttt les affaires étrangères d'Angl^erre'.
« Le soussigné, envoyé extraordinaire de S. M. Danoise, a reçu avec reconnaissance la prompte réponse que Son Exe, lord Hawkesbury, priiïcîpat secrétaire d'État pour les affaires étrangères, lui a fait l'honneur de lui adresser en date d'hier. Il y distingue avec satisfaction le désaveu des actes de violence et d'inhuùianité commis par des sujets britanniques sur les côtes de Norvège, et l'assurance d'une satisfaction proportionnée à l'offense et au crime constatés par les rapports officiels faits à la cour de Copenhague.
Quant à l'article de la restitution des navires enlevés^ d^nandée par le soussigné, il voit avec regret que l'explieation n'est pas aussi satisfaisante : mais quelle que soit l'opinion de Son Excellence à ee sujet, le soussigné s'empresse de déclarer que Sw M. Danone ne consentira jamais à ce qoe la violation ouverte de ses ports çt de son territoire devienne, sous aucun prétexte quelconque, un oljet soumis à la décision des tribunaux. Ses droits souverains et territoriaux sont assurés : elle ne s'en départira pas; et, toutes les fois qu'ils seront enfreints par la conduite violente des employés britanniques, le roi n'hésitera pas à en appeler directement à la justice de S. M. Britannique, dont il s'attend à recevoir immédiatement cette satisfaction que les souverains ne se refusent guère, et qui, en pareil cas, serait pomptement rendue à celui de la Grande- Bretagne.
Le soussigné a l'honneur de renouveler à S» Ëxe« lord Hawkesbury l'assurance de sa haute considération. » Londres, le 20 mars 1801.
Jl{fi!fSU F. 43^
béponse de l&rd ïïawkesbury à ta nbU d-desius. (Traduit de Tanglais.)
« Le 0oa86igtié, principal secrétaire d'État de S. M. aux affaires étrangères, a reeo la note que le comte de Wedel-Jarisberg, envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire de S. M. le rot de DanemaiiL) loi a fait Thonnenr de lui adresser le 20 courant. La conduite attribuée à des sujets inritanniques qui ont en part à l'affaire de renlèvetnent des bàttmeBts suédois en question d'un port de Norvège ayant été désavouée par S. M., sous le ^uble rapport de la violation de la juridiction territoriale de S. M. Danoise et dés actes de violence et d'inhumanité allégués comme ayant été commis par lesdits sujets en cette occasion, il ne reste au soussigné qu'à faire au comte de Wedel-Jarlsberg la remarque que le gouvernem^t de S. M. n'a aucun pouvoir de contraindre à la restitution de ces bâtiments ceux qui s'en sont emparés, avant que les parties lésées aient porté l'affaire devant les tribunaux légitimes et ImiÉwtiaÉx , ^taèlis d^uis Imiglëihps dan^ at pays pour juger toutes les contestation^ en matière de prises; ceci étant la manière convenable d'éclaircir les faits et d'obtenir la restitution de la propriété saisie , ainsi que de contraindre les individus coupables à faire compensation pout les dommages encourus par leur mauvaise conduite. Jusqu'à ce qu'èfi ait eu recours à ces moyens, le gouvernement de S. M., ayant désavoué le fait, ne peut être responsable, suivant le droit aes genà, des doinmages qijii ont eu lieu.
Le soussigné a Thonneur de renouveler au comte de Wedelîarlsberg les assurances de sa haute considération. »
Downing-street, le 23 mars 1804.
Hàwkesbuay.
Quatrième note du comte Wedel-Jarlsberg , adressée à lord Hawkesbury,
Le soussigné^ efavôyé extraordinaire de S. M. Danoise, a l'honlireur d'accuèer réèifeption de la note dont S. Exe. lord Hawkesbury, principal secrétaire d'État des affaliies étrangères, l'a honoré en date du 2â èourant.
Le désaveu sans réserve des actes d'hostilité coimmis par les employés britanniques durant l'état de paix qui existe heureusement encore entre le Danemark et l'Angleterre justifie la confiance illimitée que S. M. Danoise n'a jamais cessé de conserver dans les sentiments du roi de la Grande-Bretagne.
432 APPKMOICB.
Le soussigné s'empressera de transmettre cette déclaration satisfaisante aa roi son maître; mais, en attendant qu'il puisse être muni de ses ordres précis sur l'article de la restitution des navires enlevés dans les ports danois , le soussigné ne peut que se référer au contenu de sa note du 20 de ce mois, jugeant son opinion appuyée par les principes les plus connus et les plus sacrés , par les usages constants établis entre les souverains et par des exemples, même de date très-récente , où le gouvernement britannique n'a pas seulement reconnu le droit de restitution immédiate , mais où il s'est empressé d'en prévenir la demande formelle par une prompte déclaration de réparation.
Le soussigné prie S. Exe. lord Ha^kesbury d'agréer l'hommage de son respect. »
Londres, le S4 mars 1801.
Wedel-Jablsbebg.
Note de lard Hawkesbury en réponse à la note ci-dessus.
(Traduit de l'anglais.)
« Le soussigné, principal secrétaire d'État de S. M. au département des affaires étrangères , a Thonneur d'informer le comte de Wedel-Jarlsberg, envoyé extraordinaire de S. M. le roi de Danemark, qu'il parait^ par le résultat des recherches rigoureuses qui ont été faites au sujet de la conduite des officiers britanniques accusés d'avoir violé la juridiction territoriale de S. M. Danoise, que le fait, tel qu'il a été exposé par le comte de Wedel-Jarlsberg dans sa note du 18, est bien fondé, autant qu'il se rapporte à l'enlèvement de quelques bâtiments suédois des ports de la Norvège. Le gouvernement de S. M. signifiera donc sans délai à Tofficier en question les plus fortes marques de Timprobation de Sa Majesté au sujet de tout l'ensemble de ce procédé; et c'est avec beaucoup de satisfaction que le soussigné est actuellement à même d'ajouter que les navires suédois capturés dans les ports de la Norvège, ainsi que leurs équipages, seront immédiatement relâchés, attendu qu'il n'est pas besoin de recourir préalablement à des procédures juridiques dans les circonstances particulières du > cas en question. Le soussigné se félicite de pouvoir profiter de cette occasion de renouveler au comte de Wedel-Jarlsberg les assurances de sa haute considération. »
Downing-street, le 24 mars 1801.
Hawkssbuby*
Cinquième note du comte de Wedel-Jarlsherg adressée à lord / Hawheshury.
Le soussigné, envoyé extraordinaire de S. M. Danoise, s'empresse de témoigner à Son Excellence lord Hawkesbury, principal secrétaire d'État des affaires étrangères, sa reconnaissance de la note obligeante qu'il vient de recevoir de sa part, relative à la restitution immédiate des navires suédois enlevés dans un port de la Norvège, objet de la note datée du 4 de ce mois. Il ne tardera pas à en faire part à sa cour ; et il va avec confiance au-devant de pareille justice dans le cas et les circonstances graves mentionnés dans la note qu'il a eu Thonneur d'adresser à Son Excellence le 18 courant, ayant en attendant celui de renouveler à lord Hawkesbury l'assurance de sa respectueuse considération.
Londres, le ^5 mars 4801.
Wedel-Jablsbebg.
ANNEXE G, page 323.
ilf. Martel, commandant le vaisseau le Belliqueux, rend compte au ministre de la marine des malheureux événements qu'il a essuyés pendant sa campagne.
A Bristol, le 8 novembre 4758.
Monseigneur,
C'est avec la peine la plus vive que j'ai l'honneur de vous Infor* mer de la fin malheureuse de ma campagne ; vous jugerez par le journal ci-joint qu'il n'est pas possible d'être traversé par des événements plus fréquents et plus fâcheux.
Le 27 octobre, nous faisant à l'ouvert de la Manche, nous y découvrîmes à quatre heures du soir une escadre anglaise de onze voiles, dont sept ensemble, sur lesquelles nous courûmes et que nous combattîmes en nous croisant, les vents étant S.-S.-O. gros frais; nous mimes sur le même bord qu'eux, mais les ayant perdus de vue à la nuit, M. Ducha/ault nous fit signal de revirer, ce que nous exécutâmes en prenant les amures à bâbord ; dans la nuit les vents forçant encore plus, nous mimes à la cape; le lendemain matin vingt-huit, nous nous ralliâmes au Sphinx, au Hardi et au Brillant, en présence de six vaisseaux de guerre anglais qui arrivèrent sur nous, les vents étant alors S.-O. Nous nous mimes en ligne et forçâmes de voiles sur deux vaisseaux qui étaient sous le vent à nous, dans l'espérance que ce pourrait être le Dragon et la prise que nous avions faite, mais nous les reconnûmes pour enne^ n, 28
434 ÀPPENDICK.
mis ; nous continuâmes à forcer de voiles portant au sud-est et sudest quart d'est, les vents étant S.-O. et S.-S.-O. Aune heure après midi nous démâtâmes de notre petit mât d'hune et de notre mât de grand perroquet, alors voyant les ennemis très-supérieurs, distinguant dans le nombre deux vaisseaux à trois ponts, nous fîmes signal de sauve qui peut aux trois vaisseaux qui étaient avec nous, et nous arrivâmes à Test et à Test quart sud-est, afin de tirer meUleur parti du reste de notre voilure et de pouvoir attraper la c6te de Bretagne. Nous étions toujours poursuivis par deux vaisseaux à trois ponts, les quatre autres continuant à chasser les trois nôtres. A Feutrée de la nuit nous fimes fausse route et portâmes au sudest quart d'est, et après au sud^est, jusqu'à neuf heures du soir, qu'apercevant la terre devant nous et ne pouvant la reconnaître, nous y mouillâmes par trente brasses fond de roches. A six heures du matin, vingt-neuf, ayant aperçu deux vaisseaux que nous avons jugés être les mêmes qui nous avaient chassés la veille, nous coupâmes les câbles et appareillâmes en prolongeant la côte courant à Test-sud-est jusqu'au jour, que, l'ayant rapprochée, nous avons cru reconnaître le cap la Hogue; nous avons continué à la suivre dans l'intention d'aller chercher le mouillage du Savre, les vents au S.-O. gros frais, renforçant de plus en plus. A peu près dans ce même temps nous avons perdu de vue ces deux vaisseaux. En rapprochant de terre, nous avons fait venir à notre bord un bateau pécheur qui s'est trouvé anglais et qui nous a dit que nous étions dans la manche de Bristol : nous ne pouvons attribuer qu'à la violence des courants cette erreur dans notre point. Les vents continuant toujours au S.-O. très-forcés et brumeux, extrêmement désemparés, hors d'état de regréer notre petit mât d'hune; nos traversins et coussins étant brisés, nos barres de misaine fracassées ainsi que notre hune, hors d'état, par conséquent, de tenir le plus près, nous nous sommes rassemblés et avons décidé d'aller mouiller sous l'Ile de Londy où le pilote anglais nous a dit qu'il y avait un très-bon mouillage; c'est la seule ressource que nous avons trouvée pour réparer notre désordre , nous regréer tellement quellement et attendre des vents qui pussent nous permettre de faire route pour le premier port de France. Mous avons employé le 30 et le 31 à nous regréer, ce que nous avons exécuté très-heureusement. Le premier de novembre nous trouvant prêts à partir, nous attendions avec impatience des vents favorables, lorsque vers les trois heures du soir les vents forçant toujours au S.*0. et S.-S.-O., notre câble a cassé; alors les courants nous entraînant avec une extrême rapidité sur des bancs de sable et de roehes, étant trop prè9 de ces dangers pour pouvoir mouiller la seule grosse ancre qui nous restait étalinguée, nous avons été
AMNEXB G. 435
obligés de faire ftervir et de nous enfoneer plus avant dans cette manche. Dans la nuit, nous avons capeyé à Tartimon sur différents bords jusqu'à une heure et demie que le vent ayant calmé et le courant nous entraînant sur les roches, nous n'avons eu d'autre ressource que de mouiller, quoique en pleine côte et dans un mauvais fond. Le lendemain, 2 novembre, nous trouvant à 8 lieues de Londy, les vents forçant et continuant à être contraires, nous sommes descendus dans les soutes pour examiner la quantité de vivres qui nous restait à bord, et trouvant que nous n'en avions plus que pour environ cinq jours, conformément au procès-verbal que nous joignons ici , nous avons tenu conseil pour délibérer sur le parti que nous avions à prendre, et tout mûrement réfléchi et examiné, nous avons jugé que cette quantité n'était pas suffisante pour sortir de cette manche et pour regagner quelqu'un de nos ports; que la seule ressource qui nous restait était d'aller à Bristol .demander des vivres. Nous n'avons point douté que Ton ne nous y en fournit, ayant par devers nous l'exemple d'une frégate anglaise qui vint mouiller la guerre dernière dans la rade de Brest, à qui l'on fit fournir tout ce qu'elle demanda et qu'on laissa suivre sa destination. Nous appareillâmes incontinent pour Bristol; vers les neuf heures du matin, nous aperçûmes un bâtiment que nos pilotes anglais reconnurent pour un vaisseau de 50 canons , nommé l'Antelope; quand il fut à portée de nous reconnaître, nous mimes pavillon blanc à poupe et pavillon parlementaire en avant. Quand nous eûmes laissé notre pavillon blanc assez de temps pour être aperçus, nous l'amenâmes et ne gai*dâmes que le parlementaire. €e vaisseau tenait le vent pour venir à notre rencontre, et nous allions vent arrière sur lui; quand nous l'eûmes passé, 11 revira de bord et vint se mettre dans nos eaux; alors il nous tira un coup de canon et dans le même instant deux autres. Jugeant que ce vaisseau voulait nous parler, nous mîmes en travers et l'attendîmes. Il envoya à notre bord son premier lieutenant,. à qui nous dîmes que le manque de vivres était la seule raison qui nous amenait à Bristol; nous lui citâmes l'exemple de la frégate anglaise qui étoit venue à Brest; il nous répondit qu'il savait parfaitement notre situation, qu'il ignorait si on nous donnerait des vivres, mais que l'amirauté seule pouvait juger de ce cas-là; il nous demanda ensuite quelques officiers pour otages: je lui en envoyai quatre. Nous continuâmes notre route ensemble; le capitaine m'ayant f^it prier le soir de passer à son bord , j'y fus pour tâcher de prendre avec lui quelques arrangements. Je fus extrêmement surpris lorsque je vis qu'il me retenait à son bord, et encore plus lorsque, le lendemain, que nous mouillâmes dans la rade royale, il fit mettre le pavillon et la flamme
blanche sous le pavillon et la flamme anglaise : il fit dans ce temp&là passer le reste de mes officiers à son bord, et dans la nnit il envoya mon équipage en prison à Bristol. Ce procédé, auquel Je ne me sera's Jamaisattendu, me surprit infiniment. Dans cette fàcheose drconstanee, je pris le parti d'écrire à l'amirauté de Londres; je ne pus le faire plas tôt, M. de Sommares, capitaine de VAnlelope, n*ayant pas voulu me laisser descendre à terre avant ce jour-là. Les commissaires voulurent hier nous faire signer les passe-ports pour nousenvoyer prisonniers à Chippenham^ mnis nous refusâmes. de le faire jusqu'à ce que nous eussions eu réponse de l'amirauté de Londres. Voilà, monseigneur, les tristes événements dont je suis obligé de vous rendre compte; je pourrais y joindre quatre-vingts malades que j'ai eus sur les cadres sans avoir de rafraîchissements ni de remèdes à leur donner. J'aurai l'honneur de vous informer exactement de tout ce qui se passera.
Je suis avec un très-profond respect, etc.
Maatel.
Copie de la lettre écrite par M. Martel à l'amirauté de Londres.
Messeigneuhs ,
Dans la situation la plus affreuse, manquant totalement de vivres, affalé sur vos côtes par des vents forcés et contraires, je n'ai point balancé à venir dans vos ports vous y demander des secours qui me sont absolument nécessaires pour remettre en mer; j'ai cru y être autorisé, Messeîgneurs, par l'exemple d'une de vos frégates qui, se trouvant la guerre dernière dans une position pareille à la mienne, vint mouiller dans la rade de Brest, à qui l'on fit fournir généralement tout ce dont elle pouvait avoir besoin et qu'on laissa suivre sa destination sans aucun obstacle. Vous devez penser, Messeigneurs, que la réception différente qu'on m'a faite ici, me traitant comme prisonnier, n'a pas eu peu lieu de me surprendre. J'ose me flatter cependant que telle n'est pas votre intention, que vous voudrez bien ordonner que mon vaisseau me soit rendu, et que l'on me fournisse les vivres qui me sont nécessaires pour accomplir ma mission. La générosité dont se pique la nation anglaise, qui ne voudrait pas se laisser surpasser en beaux procé* dés, m'est un sûr garant que vous m'accorderez ma demande.
J'ai l'honneur, etc.
Maatel.
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Le commandant Martel au ministre de la marine,
MONSEIGNEUB ,
Je m'aperçois par le silence que vous me gardez que mes malheurs ne sont point encore finis, et que vous condamnez avec toute la sévérité possible les manœuvres que J'ai faites avant de venir en Angleterre. J'ose vous assurer, Monseigneur, que ce n'est qu'à la dernière extrémité et par les sollicitations réitérées et pressantes qui m'ont été faites, que je m'y suis déterminé. En prenant ce parti, je dis dans la chambre du conseil : Si ce que j'entreprends ne réussit pas, il peut m'en coûter cher; on me répliqua que je ne devais point craindre et que je devais espérer d'avoir le même sort en Angleterre que la frégate anglaise avait eu en France la guerre dernière; nous appareillâmes donc pour Bristol; une heure après être sous voiles, nous aperçûmes i'i^n^e/ope qui courait de petits bords pour venir à nous. J'entrai dans la chambre du conseil où il y avait plusieurs officiers, je leur dis : Si ce vaisseau tire sur nous, lui riposterons-nous? On me répondit qu'en le combattant c'était absolument se désister du projet d'avoir les secours indispensables dont nous avions besoin; je fus malheureusement de cet avis, et je le suivis; lorsque j'eus joint ce vaisseau, il me tira de fort loin trois coups de canon auxquels je ne répondis point; je mis en travers pour l'attendre; il m'envoya son premier lieutenant, à qui je déduisis les raisons qui m'amenaient dans leurs rades ; il me répondit ce que j'ai eu Thonneur de vous mander, Monseigneur, dans les différentes relations que je vous ai envoyées. Cet officier ne m'ôta point l'espoir d'avoir du secours, il me dit au contraire qu'il ne doutait pas qu'on eût pour moi les mêmes égards qu'on avait eus en France pour leur frégate; il me pria de la part de son capitaine d'aller à bord de VAntelope, je lui dis que je ne pouvais y aller que lorsque nous aurions attrapé le mouillage; et, en effet, j'y fus comme je lui avais promis, comptant obtenir plus facilement par moi-même tout ce dont j'avais besoin. J'ai cru en cela ne point déroger à l'ordonnance du roi , étant enfoncé plus de quinze lieues dans un golfe dont toutes les issues nous étaient inconnues, au point qu'il nous eût été impossible d'en sortir sans avoir un pratique du pays. Le refus que M. de Sommares me lit de me laisser retourner à mon bord me fit apercevoir du tort que j'avais eu de venir au sien , et me fit repentir de ne l'avoir pas combattu. Le Belliqueux n'en aurait pas moins été au pouvoir des Anglais quand j'aurais écrasé ce vaisseau, n'étant qu'à trois quarts de lieue d'une terre sur laquelle il se serait jeté et brûlé s'il y avait été forcé, sans qu'il
m'eût été possible de profiter d'aucun des vivres qa'ii avait dans son vaisseau. Je vous prie, Monseigneur, d'être bien persuadé que je n'aurais pas hésité à le combattre si j'avais cru être traité de la sorte ; on m'avait assuré avec tant de vraisemblance l'aventure de cette frégate que je ne pus m'empêcher d'y ajouter foi; Je ne pouvais le savoir par moi-même, étant alors armé à Toulon dans l'escadre de M. de Court. Je me suis trouvé dans maints combats, nommément sur le Mercure et le Tonnant, commandés par M. de Létanduere, où je crois avoir fait tout ce que l'on peut attendre d'un officier qui ne craint pas le feu; il serait bien douloureux pour moi , Monseigneur, si vous me soupçonniez du contraire vis-à-vis de VAntelope, dont les forces étaient bien Inférieures à celles du Belliqueux, Revenez donc, je vous prie. Monseigneur, du préjugé désavantageux que vous avez conçu contre moi, et soyez bien persuadé que Sa Majesté n'a point de sujet plus zélé, et qui lui soit plus entièrement dévoué que je le suis ; je ne doute point que cette justice ne m'ait été rendue par les officiers sous les ordres desquels j'ai servi depuis vingt-neuf ans. Fait6s-moi la grAce, Monseigneur, d'examiner les apostilles qu'on a données de mol , je sois persuadé que vous les trouverez conformes à ce que j'ai l'honneur de vous avancer; que des services aussi longs et aussi assidus que les miens ne soient donc point, je vous prie, ternis par une faute qui n'a été causée que par la meilleure de toutes les intentions. Le plus grand de mes torts est de n'avoir pas réussi comme je le désirais; je vous supplie très-humblement d'en être vivement persuadé , et de protéger la bonne foi dans laquelle j'étais; c'est elle qui m'a plongé dans tous les malheurs où je me suis précipité.
Je suis avec un très-profond respect*, Monseigneur, etc.
Martel.
A Chippenham, ce t\ avril 4759,
ANNEXE H, page 366.
Extrait du règlement concernant le blocus des ports ennemis et la
saisie des navires ennemis et suspects par les croiseurs danois.
Copenhague, le 4»' mai 1848.