‹ Règne de Charles III d'Espagne, 1759-1788Chapitre 18 sur 42 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

I. L'enseignement : réformes scientifiques, les sciences exactes cultivées en dehors des Universités, principaux savants, cabinet d'histoire naturelle, médecine. — II. Philosophie : influence de Vernei, les jésuites Eximeno et Arteaga, réaction contre le sensualisme et apologie catholique, Rodriguez Ceballos, Ferez y Lopez, Valcarcel. — III. Travaux historiques : les fausses chroniques, le P. Enrique Florez, Manuel Risco, Capmany, fray Romualdo Escalona, Campomanes, le jésuite Masdeu. — IV. Littérature : prédominance de l'esprit critique, influence de Feijoo, Luzan, Isla, la fonda de San-Sebastian, Moratin le père, principaux membres de ce cercle littéraire, Cadahalso et los Eruditos a la violeta, Tomas Iriarte, salons à la mode, le poème de la Musica, les fables, polémiques qu'elles provoquent : El asno erudito de Forner. — V. Le théâtre : partisans de la tradition, les gallo-classiques, Moratin le père, les autos sacramentales, la cabale du comte d'Aranda, les saynètes de Ramon de la Cruz, la Hormesinda, Jovellanos et le Delincuente honrado, pillage de l'ancien répertoire, la Raquel de Huerta, absence de critique chez ce personnage, el Seiiorito mimado d' Iriarte, Iriarte précurseur de Moratin le fils. — VI. Beaux-arts : prédominance de l'influence étrangère à partir de Coello, en peinture; décadence de la sculpture et de l'architecture, influence de Borromini, l'Académie des nobles arts de San-Fernando; Mengs. prédominance incontestée de sa peinture et de son goût; réaction de Goya, tentatives de la sculpture avec Don Felipe de Castro, la sculpture sur bois et Sarzillo: architecture : Don Ventura Rodriguez et Don Juan de Villanueva, le goût antique, influence de Vitruve, Don Josef Ortiz y Sanz, Don Antonio Ponz. — VII. Musique : Nasarre,Valls et Feijoo, discours de ce dcrni-er sur la musique des temples, invasion de l'opéra italien sous Philippe V et Ferdinand VI; Iriarte, un des propagateurs de la musique allemande; œuvres des PP. Eximeno, Arteaga et Requeno.

Dans l'ensemble de son œuvre, les réformes opérées par Charles III, au point de vue de l'enseignement, ne sem-

bleront pas la suite d'un plan coordonné. Après l'expulsion des jésuites et la suppression des colegios mayores, on pouvait peut-être s'attendre à un remaniement général des programmes et à une diffusion, plus pratique et moins incomplète, de l'instruction. Mais, pour mener à bonne fin un projet aussi vaste, il eût fallu être mieux secondé que les ministres du roi Catholique ne le furent. En jugeant cette époque, avec nos idées modernes, on s'exposerait, de plus, à fausser les faits, par les analogies qu'inspirerait la substitution, en France, des écoles laïques aux écoles congréganistes. Charles III, lorsqu'il chassa les jésuites, ne les poursuivit pas, en tant que religieux, mais il vit, parmi eux, à tort ou à raison, des conspirateurs, dont il délivra son royaume. Les programmes des maisons, occupées jadis par les disciples de saint Ignace, ne différaient pas, essentiellement, de ceux des universités. La décadence de l'enseignement ne leur était pas imputable, luix partis, les abus subsistaient toujours, et c'était aux anciens corps privilégiés, endormis dans leur routine, qu'il fallait s'attaquer.

Une autre remarque, à laquelle on doit s'attacher, est celle qui porte sur le petit nombre de personnes, appelées à jouir des bienfaits de l'instruction. Le peuple ne cherchait pas à sortir de son ignorance. Seuls, les bourgeois et les nobles s'appliquaient aux études secondaires ou supérieures. Quelques écoles éléinenl aires végétaient, an hasard des fondations pieuses ou philanthropiques. Les plus nombreuses étaient celles, tenues par les religieux escolapios, ordre fondé dans la Catalogne, en 1683, par Don José Calasanz, chapelain du cardinal Colonna. Ces maîtres ne rendaient pas la science aimable et pratiquaient tr()j) strictement la régir (jiic : la Irtra cou sdiigrc cnlra. Ils dégoûtaient et abrutisbaient leurs élevés, par leurs mauvais traitements.

Cabarrus se révoltait, contre cette discipline dépri-

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mante : « Oh! mon ami, je ne sais si votre cœur participe à la vigoureuse indignation du mien, quand je vois ces troupeaux d'enfants, conduits, dans nos rues, par un escolapio, armé de sa canne... « Le petit est bien humble », disent-ils, quand ils veulent en louer quelqu'un; ce qui veut dire qu'il a déjà contracté l'abattement, l'aplatissement, ou, si vous l'aimez mieux, la farouche hypocrisie monacale (1). »

Don Diego de Torres, plus tard professeur à l'Université de Salamanque, fréquentait, dans son enfance, une école laïque; les procédés n'y étaient pas plus doux que chez les escolapios. « Je payai sur mes fesses ma science de la lecture, raconte-t-il; l'écriture me coûta bien des coups de poing et bien des soufflets, et je restai dix ans dans cet Alger, captif, pendant cinq ans, de Pedro Rico : ainsi s'appelait le comité de cette galère. »

Ces maîtres d'école (2), lorsqu'ils ne faisaient pas partie d'un ordre religieux, n'étaient que de pauvres gens, moins bien rétribués que des journaliers. Pour ouvrir une école, il fallait être vieux chrétien, de naissance légitime, de bonnes vie et mœurs, et fournir une attestation du juge ecclésiastique, constatant que le candidat avait été interrogé sur la doctrine chrétienne. Deux examinateurs et deux commissaires de V ayuntamiento (3) lui faisaient passer, devant notaire, un examen. Il envoyait des modèles de son écriture et des compositions de calcid à l.i Congrégation de Saint-Cassien, corporation des ntagisters de Madrid. Sur le rapport favorable de cet institut, le conseil de Castille conférait le droit d'enseigner.

Les matières les plus négligées, dans les Universités, étaient celles qui se rai>portaient aux mathématiques,

(1) Cabaerus, Cabarrus aobrc loi obitaculus que la naturaleza, la vpinfjii y las leyes oponen a la jelicidad publica. Vitoria, 1808, in-4°, p. 81.

(2) Desdevises du Dézeet, t. III, p. 168. Conseil muuiripal.

aux sciences physiques et naturelles. On a peine à croire les détails invraisemblables, fournis par le professeur de Salamanque, Don Diego de Torres, sur cet établissement que l'on qualifiait magnifiquement de « trône de la sagesse et de boulevard de la chrétienté ».

D'après Don Diego, les étudiants qui le fréquentaient étaient si peu accoutumés, à de pareilles études, qu'ils comparaient la langue des mathématiques à l'ai'got des bohémiens, aux lazzis des faiseurs de tours. D'autres y voyaient des termes magiques, que l'on ne saisissait qu'avec l'assistance du diable, à la condition de se oindre, avec l'onguent dont se frottaient les sorcières, pour se rendre au sabbat.

« Quand je fus installé, comme professeur, en 1726, je n'y vis, ajoute-t-il, ni un globe, ni une carte de géographie, ni un compas. Aujourd'hui, à la fin de juin 1752, nous sommes aussi dénués, qu'autrefois, de livres et d'instruments. »

Une démarche de ce personnage, en 1758, pour fonder une académie de mathématiques, lui attira un discours furibond d'un certain P. Ribera, religieux trinitaire, qui exerçait une influence prépondérante sur l'assemblée des docteurs ou claustro. Aux tentatives du ministre de grâce et de justice. Roda, qui essaya de rajeunir les programmes, l'Université répondit, avec l'orgueil d'une prétendue orthodoxie : Non erit in te Deus recens neqiie adorabis Deiim alieniim (1).

La stérilité des efforts de Roda se trouve constatée, par Jovellanos, dans son Informe. « Tant que les Universités littéraires, écrit-il, continueront à être ce qu'elles sont, maintenant, et ce qu'elles ont toujours été, tant que la philosopliie scolastique y dominera, les sciences exactes et naturelles ne pourront y prendre racine. Le but, le

(1) CoxE, V Espagne sous les rois de la maison de Bourbon, etc., p. 182.

caractère, la méthode et l'esprit, qui sont l'âme de ces sciences, diffèrent trop des principes de l'école et sont même incompatibles avec eux : ceci est une vérité confirmée, par une triste et malheureuse expérience. Peutêtre ne serait-il pas impossible de réunir les sciences intellectuelles à celles qui sont susceptibles de démonstration?... Mais, pour atteindre ce but de nos vœux les plus ardents, il faudra renverser de fond en comble le système et la forme de nos études (1). »

Ce fut donc hors des Universités que l'on cultiva, avec ardeur, les sciences mathématiques et physiques, dans les académies de Barcelone, d'Oran et de Ceuta, au collège des gardes-marine (2), à l'Académie des nobles arts de San-Fernando (3), au collège d'artillerie de Ségovie (4), aux écoles militaires d'Avila et d'Ocana, au collège de San-Isidro (5), au séminaire de Vergara. Don Antonio Gregorio Rosell, professeur à San-Isidro, composa les Institutions mathématiques eila. Géométrie enfantine. Pendant l'année 1779, Don Pedro Gianini commença la publication d'un cours de mathématiques, destiné aux cadets du royal collège de Ségovie. Don Antonio Bails, après de fortes études scientifiques en France, où il avait suivi, en qualité de secrétaire, l'ambassadeur Masonès y Lima,

(1) Informe : Segunda clase de estorbos : instruction des propriétaires, p. 124. Voir également un passage virulent de Blanco-White dans Dobladu's letters frorti Spain, p. 103 et seq., édit. de 1822, sur les Universités espagnoles et la prédominance gênante, dans leur enseignement, des doctrines théologiques. Les opinions de ce singulier personnage, tour à tour prêtre catholique, ministre protestant et libre penseur, ne doivent être accueillies q'i'avec la plus grande réserve, car son impartialité pourrait être suspecte; mais elles concordent, en cette matière, avec celles de Jovellanos, esprit novateur tout en étant respectueux de la tradition. Le nom de Doblado était un pseudonyme pris par White à cause de ses deux noms : Blanco et White. Il naquit en 1775 et mourut en 1841. Il fréquenta pendant quelque temps Newman, fellow au collège d'Oriel. Se reporter à Thtjreatt-Dangin, A'^eirman et Le mouvement d'Oxford, F*^ partie, p. 24.

(2) Ecole des gardes-marine, fondée en 1717, réformée en 1776.

(3) San-Fernando, fondé en 1753.

(4) Ecole d'artillerie de Ségovie, en 1764.

(5) Créée en 1770.

devint, plus tard, directeur à l'Académie de San-Fernando. Il y écrivit, sur l'ordre du comte O'Reilly, et avec la collaboration de Don Geronimo Capmany, un traité de mathématiques pour les écoles de cadets d'infanterie. D'une érudition remarquable, vulgarisant les connaissances, qu'il avait recueillies en France, en Angleterre, en Allemagne, en Italie, il traita, dans ses œuvres, non seulement des mathématiquespures,maisdeleur application à la mécanique des solides et des fluides, à l'optique, à l'astronomie, à la gnomonique, à la perspective, etc. Le bas du corps infirme, paralysé de la main droite, Bails ne cessa pourtant pas ses travaux. Malgré son âge, il apprit à écrire de la main gauche, et la mort seule interrompit ses laborieuses recherches (1).

Du collège des gardes-marine sortirent Don Jorge Juan et Don Antoino de Ulloa. Lors de l'expédition faite par la Condamine, dans l'Amérique du Sud, ils représentèrent, très dignement, la science espagnole. A leur retour, ils publièrent leurs observations physiques et astronomiques. Ils collaborèrent, tous deux, à une dissertation historico-géographique sur le méridien de démarcation, entre les domaines portugais et espagnols, en Amérique.

Don Jorge Juan se rendit à Londres pour y étudier la construction des navires. A son retour, il réunit chez lui, tous les huit jours, une conférence scientifique, qui prit le titre, assez banal, d'Assemblée amicale et littéraire. Il prépara un manuel de navigation, pour les gardesmarine, et un traité de mécanique appliquée.

Don Antonio de Ulloa, qui fut envoyé en qualité de gouverneur à la Louisiane, composa, à son retour, les Notes américaines, ouvrage rempli de renseignements, sur le territoire, les climats, les productions, les animaux et

(1) Ferrer del Rio, t. IV, p. 482 et seq.

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les minéraux de ces pays. Plus tard, il présenta au ministère une œuvre intitulée : la Marine, forces navales de VEurope et de V Afrique. Il imprima également un mémoire sur l'éclipsé du soleil et l'anneau réfractaire de ses rayons, observation faite à bord du navire Espaha, le 24 juin 1778.

S'il était un mauvais administrateur, comme savant, Ulloa rendit à son pays de nombreux services. Il vulgarisa, en Espagne, les premières notions de l'électricité et du magnétisme, éléments qu'il apprit à Londres. Il fit connaître également les qualités du platine, de la gomme élastique, de la cannelle; avec le microscope, il étudia la circulation du sang, dans les poissons; il s'appliqua, dans les Andes, à des recherches géologiques. A côté de SOS œuvres purement scientifiques, il s'adonna à des travaux pratiques : il enseigna la méthode de lever des cartes de géographie et traça un plan pour le canal de Castille.

Don Manuel-Maria de Aguirre, directeur d'une des compagnies de l'école militaire d'Ocaha, obtint une légitime réputation, pour ses travaux géographiques, au point de vue de l'histoire naturelle et de l'astronomie. Il réfuta les systèmes de Ptolémée et de Descartes et critiqua les lois astronomiques de Kepler.

Don Vicente Tofino, directeur du collège des gardesmarine, se fit connaître, dans le monde scientifique, par son traité de géométrie élémentaire et de trigonométrie rcctiligne, ainsi que par ses tables des sinus et des tangentes. Passionné pour l'astronomie, il consacrait ses matinées à l'expédition de ses devoirs professionnels et passait les nuits à l'observatoire de Cadix avec son disciple Valera. La Lande le tenait en haute estime et faisait de lui le plus grand éloge.

Au milieu de l'année 1783, Tofiho reçut la mission do composer l'atlas hydrographique de toutes les côtes de

la Péninsule ainsi que des îles, que rencontraient les navires, à l'aller et au retour du voyage d'Amérique. Il eut, comme collaborateurs, les lieutenants de vaisseau Don Dionisio Alcala Galiano, Don José Espinosa y Tello, Don Alejandro Belmonte; les officiers Don José Vargas Ponce, Don José Lanz et Don Julian Canelas. Avant la mort de Charles III, ils avaient achevé les cartes marines des côtes de l'Espagne, dans la Méditerranée, des côtes de l'Afrique, voisines du royaume, ainsi que celles de l'océan Atlantique et des Açores.

Trois astronomes mexicains se signalèrent, par des travaux remarquables, qu'ils exécutèrent, malgré des obstacles de toutes sortes. Gama publia de précieux mémoires sur les éclipses des satellites de Jupiter et de la Lune, sur l'almanach et la chronologie des anciens Mexicains, enfin, sur le climat de la Nouvelle-Espagne. Velazquez y Léon accompagna le visiteur Don José de Galvez en Californie; il découvrit, le premier, que, par suite d'une énorme erreur de longitude, on plaçait, dans toutes les cartes, cette partie du continent américain beaucoup trop à l'ouest; il indiqua à l'abbé Chappe la Californie comme le pays d'où l'on pourrait observer l'éclipsé, annoncée pour le 18 juin 1769 (1). Il exécuta un grand travail de géodésie, dans la vallée de Mexico, afin de préparer la construction d'un canal de dessèchement; il fonda, avec la protection de Galvez, une école des mines. Alzate, correspondant de l'Académie de Paris, fut un savant moins remarquable que Gama ou que Velazquez, parce qu'il éparpilla ses efforts; ce fut surtout un vulgarisateur, qui répandit parmi ses compatriotes le goût des sciences physiques, au moyen de ses articles, insérés dans la Gazette de la littérature.

(1) Sur l'abbé Chappe et son voyage en Californie pour observer le passage de Vénus, voir AIT. étr., Espagne, t. DLII, f° 286; t. DLIII, f» 68; t. DLIV, f»« 145, 192 et 228; t. DLVI, f" 337.

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Don Vicente de los Rios, capitaine de la compagnie des cadets du collège de Ségovie, écrivit un remarquable mémoire sur les inventeurs de l'artillerie en Espagne, depuis les rois Catholiques jusqu'aux temps présents.

Le roi pensionna plusieurs personnages qui allèrent étudier, à l'étranger, la chimie et la physique. Ces savants rapportèrent, dans leur pays, le fruit de leurs voyages et de leurs expériences. Parmi eux, Don Antonio Solano devint professeur de physique au collège de San-Isidro, Don Pedro Gutierrez Bueno obtint la première chaire de chimie du royaume. Elle fut ouverte, en 1787, dans la rue d'Alcala, et l'enseignement traita des leçons de l'Académie de Dijon, faites par Morveau, Maret et Durande.

Un cabinet d'histoire naturelle fut créé, que dirigea Don Guillermo Bowles, auteur de V Introduction à l'histoire naturelle et à la géographie physique de V Espagne. Don José Clavijo y Fajardo traduisit, en castillan, l'/Z^istoire naturelle de Bufîon; Don José Quer publia la Flore espagnole et fonda le jardin botanique, à Madrid; Don Casimiro-Gomez Ortega, élève de l'université de Bologne, traduisit en espagnol les Expériences sur Valcali dans la guérison de Vasphyxie et les Essais de Vor et de l'argent, de Du Sage; les Eléments naturels et chimiques de l'agriculture, par le comte de Guillembourg; les Traités sur la physique des arbres et les avantages des plantations sur les montagnes, par Du Hamel. Il réédita l'Histoire de la Nouvelle-Espagne, du docteur Hernandez, premier médecin de Philippe II; il fut l'auteur d'un Traité sur la méthode facile de transplanter les plantes à peu de frais dans les pays étrangers les plus éloignés; d'un Mémoire sur la Malagueta ou piment de Tabasco; d'un Commentaire sur la ciguë; d'un Cours élémentaire de botanique théorique et pratique, composé avec la collaboration de Palau y Verdera. Il fut l'instigateur de voyages scientifiques au Pérou, à la Nouvelle-Grenade, au Mexique,

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